Hydro-Québec ne va plus payer pour l'électrification des bus de la STM | 24 heures
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Hydro-Québec ne va plus payer pour l'électrification des bus de la STM

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PHOTO D'ARCHIVES JULIEN PERRON-GAGNÉ

Hydro-Québec ne paiera pas, comme prévu, pour l'électrification de quatre centres de transport montréalais où sont garés et entretenus les autobus. La Société de transport de Montréal (STM) doit donc emprunter 671,4 M$ pour financer le projet.

Le comité exécutif de la Ville de Montréal a donné le feu vert à la STM pour aller de l'avant avec l'emprunt. On ne sait pas encore d'où proviendra, à terme, l'argent qui permettra de payer pour les travaux. La STM espère obtenir une subvention du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Bien qu’avalisé par le comité exécutif, le dossier devra encore être approuvé par le conseil municipal, puis le conseil d’agglomération cette semaine. 

Électrification des bus

L’emprunt vise à financer la première phase, d’une durée de cinq ans, du programme d’électrification des centres de transport (CT) Bellechasse, de l’Est, Saint-Michel et Stinson. 

«La somme financée permettra de couvrir l’ensemble des travaux d’adaptation des bâtiments, d’acquisition et d’installation des équipements nécessaires pour entretenir, recharger et exploiter efficacement des parcs de véhicules 100% électriques dans quatre centres de transport», explique la STM. 

Un montant de 160 M$ sera consacré au CT Bellechasse, en construction, pour accueillir 200 bus électriques. «Le futur Centre de transport de l’Est sera le suivant, puis les travaux se transporteront au CT Saint-Michel, destiné aux véhicules du transport adapté, et finalement au CT Stinson», indique la STM. 

Financement

La première phase du projet coûtera 673,7 M$, incluant l’emprunt de 671,3 M$. 

La STM devra modifier sa planification des immobilisations 2020-2029 pour ajouter le Programme d’électrification des centres de transport des autobus. On formulait initialement l’hypothèse qu’Hydro-Québec ferait «contribution au comptant à 100% pour les projets d’électrification des centres de transport», en précisant que l’entente n’était pas encore conclue.  

«Lors des premières discussions, il était prévu qu’Hydro-Québec assume 100% des coûts. Au cours des derniers mois, Hydro-Québec a signifié à la STM qu’elle ne désirait plus financer les coûts d’infrastructures nécessaires à l’électrification des centres de transport», explique un document de la STM daté de juin 2020. 

La STM compte ainsi déposer une demande de subvention au MTQ, mais ce n’est pas encore fait à ce jour. Selon la société de transport, ce délai s’explique par le dossier étoffé qui doit être présenté. Le ministère des Transports confirme également qu'aucune demande de subvention relative à ce projet n'a été reçue pour l'instant. 

«Le tout est conditionnel à l’obtention de la subvention du gouvernement du Québec», a indiqué le directeur général de la STM, Luc Tremblay, la semaine dernière, en parlant du projet. 

«Selon l’évaluation faite par nos équipes, ce projet est [admissible] aux programmes d’aide en vigueur et la STM prévoit que, selon le programme de subvention retenu, l’enveloppe prévue pour la phase 1 du Programme d’électrification des centres de transport sera couverte entre 75 à 95% par une subvention», précise Philippe Déry, porte-parole de la STM.  

«La STM comprend qu'actuellement, Hydro-Québec fait face à un nouveau contexte dans lequel elle dispose de moins de marge de manœuvre financière pour financer de tels projets, le tout en respect des orientations gouvernementales», ajoute M. Déry. 

Autorisation gouvernementale

Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec, souligne pour sa part que la société d’État ne peut pas financer le projet sans avoir au préalable un décret de Québec: «ce n’est pas qu’Hydro-Québec ne veut pas ou ne veut plus payer. Nous devons respecter le cadre réglementaire».  

«Hydro-Québec peut accorder une aide financière afin de défrayer les coûts pour les infrastructures nécessaires à l’électrification de services de transport collectif. Mais tel que prévu par la Loi sur Hydro-Québec, cette aide financière doit être autorisée par le gouvernement», explique M. Batty.
 

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