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Cycles supérieurs: le présentiel fait ses preuves sur les campus à Sherbrooke

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Photo Adobe Stock

Cet automne à Sherbrooke, les étudiants du cégep et de l’université ont pu suivre beaucoup plus de cours en présentiel qu’ailleurs au Québec, et la formule semble avoir porté fruit.  

Les directions des établissements ont choisi de favoriser la présence en classe pour contrer l’isolement des étudiants, malgré la complexité de la chose. Les résultats sont encourageants:   

  • À l’Université de Sherbrooke (UdeS), 75 à 80% des étudiants sont satisfaits du présentiel, d’après des sondages préliminaires.   
  • Au Cégep de Sherbrooke, 60% des 5200 étudiants contactés par des intervenants veulent encore plus de cours en personne.     

Un monde qui bascule 

Au printemps dernier, le monde des étudiants a basculé avec la fermeture des universités et des cégeps. Victoria Croteau, une étudiante en communication appliquée à l’UdeS, était du nombre.  

«C’est loin d’être l’équivalent d’un cours de trois heures avec un professeur qui t’explique la matière en personne. Il faut quand même que tu sois capable d’apprendre le reste de la matière par toi-même», explique-t-elle, faisant écho aux expériences vécues partout à travers la province. 

Courtoisie

Passer la journée devant un écran au lieu d’être en classe a entraîné d’importantes répercussions psychologiques. Une étude réalisée par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et parue en novembre dernier montre d’ailleurs que    

  • 64% des cégépiens considèrent que leur santé mentale s’est détériorée depuis le début de la pandémie.   
  • 40% considèrent qu’ils auraient besoin d’avoir accès à des ressources en santé mentale (comparativement à 24% avant la crise).   
  • Seulement 27% d’entre eux ont accès à des services en santé mentale (comparativement à 48% avant la crise).     

Parmi les raisons montrées du doigt: l’isolement, l’augmentation de la charge de travail et les enjeux entourant la formation à distance.  

• À lire aussi: Santé mentale: cégépiens en détresse

Oasis sherbrookoise

À Sherbrooke, contrairement à ailleurs dans la province où la grande majorité des cours ont continué à se tenir à distance à la session d’automne, un effort a été fait pour en offrir le plus possible en présence.  

La formule n’a pas entraîné de hausse fulgurante de cas de COVID-19: la région de l’Estrie est restée en zone orange bien plus longtemps que les autres où on trouve aussi beaucoup d’étudiants.  

Victoria Croteau suivait d’ailleurs trois cours en présentiel à l’UdeS cet automne, et confirme que les conversations avec ses pairs et ses enseignants, même avec un masque, ont amélioré sa santé mentale et sa concentration. 

«Normalement, je vois mes amis souvent, confie-t-elle. J’aurais trouvé ça vraiment difficile [sans présentiel] et j’aurais perdu ma motivation.» 

ARCHIVES JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Le Cégep et de l’Université de Sherbrooke souhaitaient conserver l’engagement des étudiants et préserver leur santé mentale, tout en respectant les consignes sanitaires, comme la distance de deux mètres entre les étudiants.  

Le tout a nécessité des ajustements: l’UdeS a notamment dû louer des locaux à l’extérieur du campus, comme la chapelle d’un couvent et les anciens locaux du journal La Tribune, pour y tenir des cours. Au Cégep, les classes ont été séparées en demi-groupes de 15 personnes avec une formule hybride de cours en présence et en ligne. 

«On a vu à quel point ça pouvait être exigeant pour nos étudiants de faire le travail à distance, avec la fatigue; ça devient difficile. Nos programmes sont beaucoup axés sur la formation pratique», affirme Christine Hudon, vice-rectrice aux études à l’Université de Sherbrooke. 

Christine Hudon.
Vice-rectrice 
à Sherbrooke

Photo tirée du site de Université de Sherbrooke

Christine Hudon. Vice-rectrice à Sherbrooke

«Au printemps, on a fait des appels auprès de la population étudiante pour savoir comment elle avait vécu la période de mars à juin; les étudiants disaient à quel point c’était difficile de ne pas avoir de contacts humains avec les enseignants», ajoute Éric Gagné, directeur des études du Cégep de Sherbrooke. 

Des bémols 

Évidemment, le présentiel est venu aussi avec son lot de défis pour les étudiants. Au Cégep, par exemple, les détails de la formule variaient selon l’enseignant, ce qui pouvait créer de la confusion.  

«Avec un prof, on était divisés par ordre alphabétique avec les noms de famille; pour un autre, c’était avec les prénoms, il n’y avait pas un prof qui le faisait de la même façon», explique Martine Charest, étudiante en éducation spécialisée au Cégep de Sherbrooke.  

Martine Charest effectue un retour aux études en technique d’éducation spécialisée à temps partiel au Cégep de Sherbrooke.

Mme Charest a quand même adoré les cours en présentiel, qui ont composé 75% de sa session et s’harmonisaient mieux avec son programme. 

Certains auraient préféré que les cours soient tous donnés de façon uniforme pour ne pas avoir à jongler avec les différents formats. C’est le cas de Laurie Champoux-Couture, qui étudie au baccalauréat en environnement à l’UdeS. 

«C’était un peu surréel d’aller à l’université, de porter son masque et de voir les gens payés pour laver tout, même les poignées de portes», rapporte-t-elle. 

Laurie Champoux-Couture, étudiante au baccalauréat en études de l’environnement à l’Université de Sherbrooke.

Courtoisie

Laurie Champoux-Couture, étudiante au baccalauréat en études de l’environnement à l’Université de Sherbrooke.

De leur côté, les associations étudiantes auraient aimé avoir plus d’aide pour les étudiants ayant des problèmes d’accessibilité aux cours à distance et en présentiel. 

«Ç’a été reçu quand même positivement parce qu’on était contents de pouvoir retrouver la dynamique qu’on avait avant. Par contre, la façon dont on a dû s’adapter, c’est ça qui a été plus négatif», indique Yaomie Dupuis, vice-présidente à la condition étudiante à la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS). 

 

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