Un pompier au passé héroïque tire sa révérence | 24 heures
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Un pompier au passé héroïque tire sa révérence

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Après 40 ans de bons et loyaux services, le capitaine Richard Lemieux se retire comme pompier du poste 50 dans le quartier Rosemont à Montréal. Contraint à prendre sa retraite à 62 ans, le principal intéressé, véritable mentor pour des centaines de jeunes pompiers, dit « avoir encore du gaz dans la tank ».

Un hommage de ses jeunes collègues 

Le capitaine Lemieux a été une source d'inspiration pour nombre de jeunes pompiers et officiers qu'il a formés à travers les années. C'est avec tristesse que ses collègues le regardent quitter la profession, mais se considèrent chanceux d'avoir pu évoluer à ses côtés. 

« Quand je suis arrivé au poste 50, je ne me doutais pas que j'allais tomber sur une personne légendaire comme ça » confie le pompier Étienne Béland. 

D'autres de ses camarades se sentent admiratifs devant sa longévité ou avouent candidement avoir tout appris de lui.

À tous ces jeunes pompiers qu'il a côtoyés à travers les années, Richard Lemieux pense avoir réussi à leur transmettre au moins une chose cruciale, l'importance d'être prêt. 

« Quand les gens ont besoin de nous, c'est qu'ils sont en détresses. On ne peut pas se trouver des excuses et leur dire d'appeler ailleurs. On doit être solide là où ça compte, au feu », précise-t-il.

Un rêve de jeunesse 

Caserne 50 - Service de sécurité incendie de Montréal

Tout jeune, Richard Lemieux rêvait déjà de devenir pompier et c'est à 20 ans, à la Baie-James, que l'aventure commençait pour lui. Il s'est retrouvé ensuite au Service de sécurité incendie de Montréal, où il allait passer le reste de sa carrière. 

« Je n'ai pas connu les chevaux, pour ceux qui pensent que je suis assez vieux » lance-t-il en rigolant. 

À travers les années, il a vu son métier évoluer, d'abord au niveau matériel.

« J'ai connu les vieux imperméables noirs, les vieux casques, pas de gant, pas de radio. Et à l'époque, on avait ce qu'on appelait des bottes cuissardes. On disait : tu vas au feu, tu grimpes tes bottes. » 

Aujourd'hui, il s'émerveille encore devant l'équipement de base qui accompagne les pompiers modernes. « Bon, c'est sûr qu'on fait encore les mêmes tactiques de base, on met de l'eau sur le feu. Mais je pense que les pompiers sont meilleurs », ajoute-t-il. 

Sauvetage héroïque 

Le 30 avril 2005 s'est produit un incident qui allait le marquer pour toujours. En pleine nuit, alors qu'il n'était pas en service, Richard Lemieux a entendu des cris provenant d'un appartement en flammes. Instinctivement, il est arrivé sur les lieux et a sauvé deux adolescents d'une mort certaine. 

« J'explique toujours cet événement en trois étapes. D'abord, l'intervention, qui dure deux-trois minutes. Ensuite, les médias, le monde te trouve fantastique. Ça, c'est le moment glamour. Et la dernière étape, tu te retrouves seul avec tes émotions. » 

À son dernier jour en service, il explique se sentir exactement dans cet état d'esprit, avec les mêmes émotions à fleur de peau. 

Ne laisser personne derrière 

Caserne 50 - Service de sécurité incendie de Montréal

Avec sa nouvelle vie loin des sirènes, le capitaine Lemieux avoue que certaines choses vont lui manquer.

« Aller au feu. L'adrénaline dans le tapis, c'est le summum. J'aime ça au bout aller au feu. »

Ce dont il va s'ennuyer le plus, et c'est aussi la raison de sa longévité comme pompier selon lui, c'est la camaraderie. L'homme de 62 ans parle de ses collègues comme des amis sincères, comme des frères, à qui il voue une admiration sans borne. 

« Quand on va au feu, on risque tout le temps. Mais on part et on revient ensemble. Jamais je n'aurais laissé tomber un de mes hommes et je le sais qu'on pense tous comme ça. »

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