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Des étudiants dépendent de l’aide alimentaire plus que jamais

Le directeur général de l'AéESG à l'UQAM, Patrick Rouillard, se réjouit du «Bac alimentaire» créé par son association étudiante.
Francis Pilon

Le directeur général de l'AéESG à l'UQAM, Patrick Rouillard, se réjouit du «Bac alimentaire» créé par son association étudiante.

Depuis le début de la pandémie, de jeunes adultes craignent davantage la faim que la COVID-19. Des banques alimentaires du Québec n’ont jamais vu autant d’étudiants cogner à leur porte. Plusieurs organismes affirment même que le confinement a créé de «nouveaux pauvres».

Le nombre d’usagers à la cafétéria communautaire MultiCaf a explosé depuis le début de la crise sanitaire. Selon le directeur général de l’organisme, Jean-Sébastien Patrice, 45% de la nouvelle clientèle est âgée entre 20 à 30 ans.

«Ce sont des gens qui occupent des premiers boulots dans la vie et au bas de l’échelle. Ils occupent des emplois précaires. Ils travaillent dans la restauration, à temps partiel et ce sont les premières personnes qui ont perdu leur job. On a eu une sérieuse vague au niveau de l’aide alimentaire à procurer à ces personnes-là», explique M. Patrice. 

Avant la pandémie, 1500 personnes fréquentaient le Multicaf. Aujourd’hui, l’organisme a plus de 8900 bouches à nourrir. 

«Parmi ces 7000 nouvelles personnes-là qui viennent nous voir, près de 65% d’entre eux n’avaient jamais demandé d’aide alimentaire de leur vie, s’étonne Jean-Sébastien Patrice. C’était particulier et ce n’est pas terminé.»

Des bénévoles travaillant pour Multicaf durant la pandémie.

Le Multicaf

Des bénévoles travaillant pour Multicaf durant la pandémie.

Une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) confirme cette tendance. Au mois de mai dernier, près de 24 % des jeunes adultes âgés entre 18 et 24 ans vivaient de l’insécurité alimentaire. À titre comparatif, ce taux était de 9% chez les 70 ans et plus.

Le Centre d'Encadrement pour Jeunes Femmes Immigrantes (CEJFI) a lui aussi constaté une hausse sans précédent pour son service de dépannage alimentaire. De jeunes familles, dont la plupart des parents sont âgés entre 18 et 35 ans, se sont ruées vers leur service. 

«On a eu des cris de détresse venant des jeunes femmes immigrantes et de leur famille. Les demandes pour l’aide alimentaire augmentent chaque mois depuis le début de la crise», affirme la Directrice générale du CEJFI, Régine Alende Tshombokongo.

Des bénévoles du CEJFI durant la pandémie.

CEJFI

Des bénévoles du CEJFI durant la pandémie.

Le centre aidait 50 familles par semaine avant la pandémie. Avec la COVID-19, l’organisme vient à la rescousse de 120 ménages.

Pour répondre à la hausse des demandes en aide alimentaire, le CEJFI et le Multicaf ont reçu de l’aide de Moisson Montréal ainsi que du gouvernement fédéral avec le Fonds d’urgence pour la sécurité alimentaire. 

Plus d'aide à l'université 

Une toute nouvelle banque alimentaire est apparue à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) en octobre dernier. C’est la COVID-19 qui a accéléré sa création. 

Le «Bac alimentaire» est un outil qui vise à lutter contre la précarité financière des universitaires, selon l’association étudiante de l’École des sciences de la gestion (AéESG). Ce groupe est à l’origine de l’initiative.

Exemple de produits offerts par le Bac alimentaire de l'UQAM.

Francis Pilon

Exemple de produits offerts par le Bac alimentaire de l'UQAM.

«C’était un projet qu’on voulait faire bien avant la pandémie, mais la COVID-19 a accéléré le processus de réalisation considérant qu’on a vu une demande grandissante et plus importante des étudiantes à ce niveau-là», raconte la présidente de l’AéESG, Thalie Monette. 

«C’est un projet qui vise aussi à diminuer le stress et l’anxiété des étudiants qui vivent de l’insécurité financière. On a vu avec nos sondages que c’était un problème grandissant et qui peut nuire à leurs études», ajoute-t-elle.

Selon l’AéESG, l’insécurité alimentaire a toujours existé chez leurs étudiants, mais la pandémie a exacerbé le problème. Plus de 950 personnes ont profité des services du Bac alimentaire depuis sa création. 

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