Un retour introspectif sur l'année 2020 pour Arnaud Soly | 24 Heures MTL
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Un retour introspectif sur l'année 2020 pour Arnaud Soly

L'humoriste québécois Arnaud Soly.
Photo courtoisie Alexis Goncalves

L'humoriste québécois Arnaud Soly.

L'humoriste Arnaud Soly a tout donné pour ses abonnés Facebook et Instagram cette année, incarnant des tas de personnages différents et dispensant çà et là un solo de flûte à bec nasale. Malgré sa course folle, l’artiste se pose enfin le temps d’une entrevue, humble et sincère.  

Tu es devenu papa. Qu’est-ce que ça a changé pour toi? 

Je n’avais pas de comparatif. La pandémie aussi : c’est deux expériences nouvelles. J’étais beaucoup à la maison, confinement oblige, donc on a eu vraiment des moments de qualité en famille, mais ça a aussi créé des tensions avec ma femme. On était plus fragiles émotionnellement, ç’a été un beau défi pour notre couple. J’ai vu ma fille grandir presque minute par minute.

Ton premier spectacle solo été reporté à cause de la pandémie, comment t’es-tu senti?

Quand ça commençait à circuler sur les réseaux sociaux en février [les nouvelles sur le coronavirus], je ne prenais pas ça au sérieux. Rapidement tout s’est écroulé, pas juste mon spectacle; la société telle qu’on la connaît. Ç'a été plusieurs deuils. La première à Montréal était en avril et on l’a remise en mai, puis en été, puis en automne. Mais en cette fin de 2020, je suis en paix avec ça. J’ai hâte que ça reprenne, je suis impatient, mais je me fais plus trop d’attentes. Le fait que les vaccins arrivent, c’est un signe que la fin approche et on voit un peu la lumière au bout du tunnel. 

Est-ce qu’il y a quelque chose que tu as observé et qui t’a particulièrement touché en 2020? 

Les gens sont très résilients et veulent passer à travers la pandémie. Je sens un grand niveau de détresse; la violence du premier confinement, rester enfermé, les emplois précaires, beaucoup de contraintes sanitaires. Je me suis fait ramasser après ma vidéo sur le masque. Je pense que les gens sont tannés et j’en fais partie. On a hâte de retrouver une normalité et de prendre nos amis dans nos bras. J’ai aussi beaucoup de peine pour mes amis artistes qui n’ont pas la chance de se produire sur internet et qui en arrachent. 

Tu as pris une pause des réseaux sociaux, puis tu es revenu en septembre. Pourquoi? 

Je suis conscient qu’il y a beaucoup de bon dans les réseaux sociaux, c’est comme ça que je me suis fait découvrir, mais il y a aussi un côté obsessif et j’étais très accro. J’avais tout le temps besoin d’aller répondre aux gens, je me sentais un peu emprisonné là-dedans. Je trouvais aussi le climat très toxique, que ce soit sur les débats sur le racisme, sur les agressions sexuelles, sur le masque; c’était des sujets lourds et je trouvais que le monde était tellement violent. Je me disais : « pourquoi tu t’imposes ça, va-t’en pendant un mois». C’est là que j’ai commencé à courir. Je suis revenu avec une distance que je n’avais pas avant de partir.  

Donc il y a quand même des éléments de bonheur à travers ça? 

Ça m’a permis de faire la course à pied, ç’a été ma grande découverte pour ma santé physique et mentale. Un moment donné tu te dis : les gyms sont fermés, on ne peut plus jouer au hockey cosom, qu’est-ce qu’on fait? On court. Ç’a été le moment phare de mon année où t’essaies de respirer et te rendre au bout. Peut-être que je fais trop d’analogies.

On peut suivre Arnaud Soly sur Instagram et sur Facebook.

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