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Bonne semaine pour les démocrates, malgré le chaos aux États-Unis

Le président élu des États-Unis, Joe Biden, a vivement critiqué Donald Trump après les attaques sur le Capitole survenues mercredi.
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Le président élu des États-Unis, Joe Biden, a vivement critiqué Donald Trump après les attaques sur le Capitole survenues mercredi.

L’image de la politique américaine en a pris pour son rhume avec le chaos qui s'est emparé de Washington mercredi, mais la semaine a aussi apporté plusieurs bonnes nouvelles pour les démocrates.

• À lire aussi: Les partisans de Donald Trump sèment le chaos à Washington 

  • La victoire de Joe Biden a été officialisée; 
  • Donald Trump s'est engagé à un retrait du pouvoir «ordonné»; 
  • Deux démocrates ont été élus au Sénat en Géorgie, ce qui permet maintenant à ce parti d'avoir assez de sénateurs pour faire pencher les votes en sa faveur.  

Biden officiellement élu

Au milieu de la nuit de mercredi à jeudi, le vice-président Mike Pence a certifié la victoire de Joe Biden (306 grands électeurs contre 232), devant les deux chambres du Congrès réunies pour une session extraordinaire. 

Censée être une simple formalité, cette certification a tourné à «l’insurrection», «presque à la sédition», selon les termes du président élu, quand une foule de partisans du président sortant a envahi le Capitole, interrompant les débats.

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La prise d’assaut du Capitole par des manifestants pro-Trump qui ne voulaient pas concéder la victoire à Biden marque l’imaginaire. Pour un politicologue, l’image de la politique américaine qui est perçue comme un exemple de système démocratique a été ternie par les évènements de mercredi. 

Toutefois, cela n’a pas empêché les élus de faire leur travail. «Je ne pense pas que les évènements [de mercredi] viennent discréditer le système politique américain. Au final, les membres du Congrès se sont tout de même réunis la journée même», soutient Julien Tourreille, chercheur en résidence à l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

Trump en retrait

Temporairement bloqué par Twitter et Facebook, Donald Trump apparaît extraordinairement en retrait depuis l'insurrection. 

Dans un bref communiqué, il s’est simplement engagé depuis à un transfert du pouvoir «ordonné», réaffirmant son «complet désaccord» avec le résultat. 

Dans un message vidéo diffusé jeudi soir, le tempétueux milliardaire a enfin reconnu sa défaite. Il a aussi annoncé, vendredi matin sur Twitter, qu'il n'assisterait pas à l'assermentation de Joe Biden. 

Les démocrates contrôlent le Sénat

Les évènements de mercredi ont mis sous silence le fait que les démocrates auront le contrôle du Sénat, puisque des candidats de ce parti ont remporté les deux sièges restants en Géorgie. 

Le travail de Joe Biden sera grandement facilité pour le début de son mandat, puisque le Sénat vote les lois fédérales et les nominations au cabinet présidentiel et à la Cour suprême.

«La semaine avait plutôt bien commencé pour les démocrates. [...] À plus long terme, ce contrôle du Sénat est quand même un outil important», affirme M. Tourreille.

Biden devra redorer l'image de la démocratie américaine

M. Tourreille ajoute que les insurrections représentent un avertissement qui doit être pris au sérieux autant aux États-Unis que dans les autres pays démocratiques. Les violences exprimées mercredi évoquent une perte de confiance envers les institutions de beaucoup de gens, pas seulement qu’aux États-Unis et des partisans de Donald Trump. 

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De son côté, le président élu Joe Biden a accusé jeudi Donald Trump d’avoir «déchaîné un assaut sans merci contre les institutions» démocratiques américaines, après l’invasion du Capitole par ses partisans mercredi. 

«[Mercredi] était à mes yeux l’un des jours les plus sombres de notre Histoire», a-t-il déploré, qualifiant ceux qui ont participé à ces troubles de «terroristes».

La première étape à laquelle le prochain président devra s’attaquer est de restaurer l’image de la politique américaine, mise à mal par son prédécesseur.  

Conscient des défis qui l’attendent, Joe Biden doit, dans les premiers mois de son mandat, chercher à rétablir un lien de confiance et à éviter de marquer des points politiques, selon Julien Tourreille.  

Les démocrates et les républicains «doivent s’engager dans un travail de longue haleine» afin de restaurer la capacité de dialogue qui est à la base de la politique américaine.  

Démettre Trump de ses fonctions avant le 20 janvier

Il faudra attendre au 20 janvier pour la passation officielle du pouvoir.

En attendant, le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a exhorté jeudi Mike Pence à démettre Donald Trump de ses fonctions, invoquant le 25e amendement de la Constitution, qui autorise le vice-président et une majorité du cabinet à déclarer le président «inapte» à exercer ses fonctions, et le mettre à l’écart du pouvoir. 

«Ce président ne devrait pas rester en fonction un jour de plus», a-t-il martelé.  

Julien Tourreille comprend la frustration d’une partie de la classe politique américaine, mais ce jeu n’en vaut tout simplement pas la chandelle, selon lui. «Qu’on soit très impatient au 20 janvier et qu’on veuille se débarrasser de Trump, je le comprends bien, mais ça ne change rien. Ça ne fait que renforcer l’idée qu’on s’en prend à ses partisans», explique-t-il.  

Selon certains médias américains, des ministres du milliardaire républicain ont discuté de la possibilité d’invoquer le 25e amendement de la Constitution dès mercredi soir. 

– Avec les informations de l’AFP

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