Couvre-feu à Montréal: Les refuges débordent | 24 Heures MTL
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Couvre-feu à Montréal: Les refuges débordent

Le couvre-feu vient perturber les habitudes des itinérants, qui sont dans l’empressement de trouver un toit pour la nuit. Même avant 20h, plusieurs centres d’hébergement d’urgence étaient déjà remplis samedi, alors que d’autres redoutaient de ne plus avoir de place.

«Comment on peut faire respecter le couvre-feu s’il n’y a pas de place où aller?» a lancé la directrice des services du Campus Saint-Laurent de la Mission Old Brewery, Émilie Fortier.

Elle affirme que des efforts sont déployés pour optimiser les ressources.

Du côté du centre d’hébergement temporaire Cap-Care, dans l’arrondissement Mercier—Hochelaga-Maisonneuve, on était déjà à plein rendement en début de soirée samedi. C’est la première fois qu’il y avait autant de gens sur la liste d’attente.

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Vers 18h, 25 personnes étaient inscrites sur cette liste, en plus des 187 lits qui étaient déjà désignés. Tout près de là, au Cap-St-Barnabé, 20 femmes et 30 hommes remplissaient toutes les places disponibles du refuge.

Le Refuge d’urgence de Laval affichait complet aussi, sans toutefois préciser le nombre de lits dans l’hébergement.

La Halte du coin et l’Abri de la Rive-Sud, tous deux dans l’agglomération de Longueuil, indiquaient pour leur part qu’il est «fort probable que ce soit complet ce soir».

À l’Auberge du Cœur Le Tournant, cinq lits étaient disponibles sur 10. La maison d’hébergement a modifié son couvre-feu pour 20h, alors qu’il était à minuit lors des mois précédents.

Photo Agence QMI, Stéphane Sinclair

À 20 h 30, l’Hôtel Place Dupuis de la rue Sainte-Catherine, qui a récemment été transformé en refuge par la Mission Bon Accueil, enregistrait encore des chambreurs d’une nuit, alors que 300 personnes y sont hébergées chaque soir.

«De façon générale, il manque souvent de place pour les personnes qui ont besoin de services particuliers. Il faut considérer le fonctionnement des ressources, on ne peut pas leur imposer une admission à 2h du matin», a souligné Émilie Fortier.

Appel à la tolérance

«Le SPVM assure qu’ils vont être tolérants, mais après ça [les policiers] doivent interpeller tout le monde. Ça se peut que des personnes en situation d’itinérance soient interpellées et ils pourront clarifier la situation», dit-elle en espérant que les agents soient compréhensifs.

Des navettes seront en fonction durant la nuit de samedi à dimanche pour transporter les personnes en situation d’itinérance vers d’autres ressources, si seulement il y a des places de disponibles ailleurs dans les refuges.

Les usagers qui logent à la Place Dupuis peuvent aussi prendre les navettes pour être transportés vers des centres d’injection supervisés, même durant la nuit, assure Mme Fortier.

Bertin Babineau, rencontré quelques minutes avant 20 h, a expliqué qu’il doit improviser une nouvelle routine et que l’obligation de trouver un toit modifie ses habitudes.

«Il veut qu'on se rendre pour le couvre-feu avant 8h. Je ne sais pas ce que je fais faire plus tard. Ça me prend une bière avant de me coucher, je ne sais pas ce que je vais faire là», a indiqué celui qui est à la rue depuis maintenant 2 mois. Il se dit heureux de pouvoir dormir à la Maison du Père, un centre d’hébergement temporaire.

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