On l'a testé : les livreurs de nourriture attendent les commandes en se tournant les pouces pendant le couvre-feu | 24 heures
/activities/restaurants

On l'a testé : les livreurs de nourriture attendent les commandes en se tournant les pouces pendant le couvre-feu

Image principale de l'article Une soirée comme livreur pendant le couvre-feu

Au cas où vous ne le saviez pas encore : vous devez rester à la maison le soir! Par contre, il est toujours possible de commander de la nourriture et de se la faire livrer par un service de livraison comme Uber Eats, DoorDash, Skip the Dishes ou Eva, pour ne pas les nommer. Dès l’heure fatale samedi (20h pour ceux qui ne s’en rappellent plus), j’ai activé mon application de livreur et je suis parti sur la route. Voici ce que j'ai observé.

• À lire aussi: On l'a testé : une semaine à travailler pour Uber Eats

20h04 : Coin Saint-Hubert/Crémazie, une autopatrouille allume ses gyrophares. C’est l’heure d’aller dormir... ou de commander de la nourriture. Au même moment, je reçois deux commandes de fast-food. Ce sera une bonne soirée, me dis-je. Alexandra, caissière au fast-food La Patate Rouge, sur le rue Crémazie, a la même impression : «Je trouve que c’est un samedi normal pour l’instant [...], mais depuis 20h, ça commence à popper un peu plus.»

20h34 : J’assiste à une intervention policière. Les agents discutent avec deux jeunes marcheurs et leur disent d’aller de la maison. Ils semblent s'en tirer avec un avertissement. Au total, j’ai observé quatre interventions dans la soirée et une présence policière accrue après 21h30.

20h56 : Stationné sur la rue Jean-Talon près d’une artère où il y a des restaurants, je me fais des amis livreurs, Jacques-Édouard et Benoit Wosha. «C’est une soirée tranquille. Je m’attendais à plus», affirme Jacques-Édouard sans détour. «Est-ce que les jeunes n’ont pas faim? Je ne sais pas», se questionne Benoit, qui a démarré son quart de travail plus tard considérant que tous les autres secteurs allaient être fermés.

Jacques-Édouard, livreur pour Uber Eats, se prépare à rentrer dans son véhicule pour aller livrer une commande en ce samedi soir, premier jour de couvre-feu provincial.

Alex Proteau/24H

Jacques-Édouard, livreur pour Uber Eats, se prépare à rentrer dans son véhicule pour aller livrer une commande en ce samedi soir, premier jour de couvre-feu provincial.

21h24 : Coin Sherbrooke/Saint-Laurent. Il s'est écoulé plus de 40 minutes depuis ma dernière commande. Je discute avec Navi, livreur pour DoorDash : il affirme avoir fait deux fois moins de commandes qu’à l’habitude. Je commence à désespérer. Je comprends quelque chose : on est au moins 10 livreurs stationnés devant le même restaurant en espérant être celui qui héritera d’une commande.

La rue Saint-Laurent, à l'angle de la rue Sherbrooke, était désertique. Les rares véhicules immobilisés des deux côtés de la rue sont en fait des livreurs de nourriture.  Une dizaine entourait deux restaurants toujours ouverts.

Alex Proteau/24H

La rue Saint-Laurent, à l'angle de la rue Sherbrooke, était désertique. Les rares véhicules immobilisés des deux côtés de la rue sont en fait des livreurs de nourriture. Une dizaine entourait deux restaurants toujours ouverts.

21h52: Je vais porter une commande à Marie, résidente du quartier Hochelaga. On échange un peu. Elle est ravie d’obtenir sa commande (je vois son sourire sous son masque).

J'ai échangé quelques mots avec Marie, résidente d'Hochelaga, lorsque je lui ai apporté sa commande.

Alex Proteau/24H

J'ai échangé quelques mots avec Marie, résidente d'Hochelaga, lorsque je lui ai apporté sa commande.

22h : C’est la nouvelle heure où les humains nocturnes veulent leur McDo. Comme les gens ne peuvent plus aller se le chercher eux-mêmes, les clients le commandent par un service de livraison. À plusieurs reprises ce soir, la distance de ma course est en bas de deux kilomètres (400 mètres pour l'une d’entre elles).

22h43 : Je me mets hors-ligne sur mon application, écœuré d’attendre. L'avalanche de commandes que l'on pouvait anticiper ne s'est pas produite. Résultat : un total de 44,72$ amassés en 2h46. Ça fait de 16,26$/h et ce, sans que je déduise un petit montant d’essence et l’usure de mon véhicule. Je comprends maintenant pourquoi plusieurs livreurs font deux services de livraison en même temps. Sur ce, couvre-feu pour moi aussi.

En 2h46 en ligne, j'ai fait 44,72$, ce qui me donne un gros 16,20$ de l'heure. Décevant dans les circonstances et ce, un samedi

Capture d'écran application Uber Eats Driver

En 2h46 en ligne, j'ai fait 44,72$, ce qui me donne un gros 16,20$ de l'heure. Décevant dans les circonstances et ce, un samedi

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus