Du gaz naturel de l’Ouest canadien vers une usine du Saguenay? 2021 sera une année cruciale pour GNL Québec | 24 Heures MTL
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Du gaz naturel de l’Ouest canadien vers une usine du Saguenay? 2021 sera une année cruciale pour GNL Québec

Illustration du site que propose Énergie Saguenay pour son port méthanier sur les rives de la rivière Saguenay.
Photo courtoisie

Illustration du site que propose Énergie Saguenay pour son port méthanier sur les rives de la rivière Saguenay.

L’année 2021 promet d’être déterminante pour GNL Québec, un projet composé d’un gazoduc de 750 km qui transporterait du gaz naturel provenant de l’Ouest canadien jusqu’à une usine de liquéfaction au Saguenay. Voici ce qu’il faudra surveiller en vue de l‘acceptation ou du refus du projet.  

Un rapport du BAPE attendu  

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) aura deux mois supplémentaires pour rendre son rapport sur le projet GNL Québec au gouvernement. Le dépôt était initialement prévu le 13 janvier. C’est le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Benoit Charette qui vient tout juste d’accorder ce délai à l’organisme gouvernemental, notamment en raison du nombre record de mémoires reçus lors des audiences (près de 2600) et le contexte de pandémie qui a complexifié les choses. 

ROGER GAGNON / AGENCE QMI

Le BAPE aura ainsi jusqu’au 10 mars pour évaluer les impacts environnementaux, sociaux et économiques de GNL Québec et en rendre compte ensuite au ministre. Néanmoins, malgré le poids important qu’auront les recommandations du BAPE, le gouvernement n’aura pas l’obligation de les respecter. Le rapport représentera un avis de taille, à prendre en compte certainement, mais un avis seulement. Autrement dit, la date du 10 mars ne représentera ni la fin définitive du projet ni sa mise en branle officielle. 

Financement incertain  

Même si le BAPE soumet une évaluation favorable, le financement du projet demeure loin d’être assuré. Le projet d’exportation de gaz naturel est évalué à un coût de 14 G$ (10 G$ pour l’usine de liquéfaction à Saguenay, 4 G$ pour le gazoduc qui transporterait le gaz naturel de l’Ontario jusqu’à l’usine). 

Le projet a déjà connu des embûches financières. En février 2020, le plus important investisseur s’est retiré, soit le fonds Berkshire Hathaway, propriété du milliardaire américain Warren Buffett. Il s’agit d’une somme de 4 G$ qui n’est maintenant plus disponible. Ensuite, François Legault a également indiqué, en décembre dernier, qu’aucun financement public ne sera accordé à GNL Québec. Le projet devra donc réussir à trouver d’autres investisseurs importants pour pouvoir aller de l’avant.

Les critiques s’accumulent  

Plusieurs groupes environnementaux ont présenté conjointement en décembre une pétition rassemblant 110 000 signatures contre le projet GNL Québec, signe que l’acceptabilité sociale est loin d’être gagnée. Un sondage Léger, commandé par différents groupes environnementaux dont Eau Secours, Équiterre et Greenpeace, indiquait également que 46% des Québécois étaient en désaccord avec le projet. Une personne sur cinq ne savait pas ou refusait de répondre. Le Parti québécois et Québec solidaire s’y opposent également. 

À la mi-octobre, des militants écologistes opposés au mégaprojet énergétique GNL Québec ont déployé une bannière sur le chantier du futur campus MIL de l’Université de Montréal.

Photo d'archives, AGENCE QMI

À la mi-octobre, des militants écologistes opposés au mégaprojet énergétique GNL Québec ont déployé une bannière sur le chantier du futur campus MIL de l’Université de Montréal.

Ce qu’on reproche à GNL Québec: ses conséquences sur le réchauffement climatique et sur la biodiversité. Selon les experts du ministère de l’Environnement, les émissions de gaz à effet de serre qui découleraient du projet atteindraient chaque année plus de huit millions de tonnes au Canada. 

On s’inquiète également du bouleversement que pourrait engendrer le passage quotidien de méthaniers dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent sur le béluga. Ces grands navires devront exporter le gaz naturel liquéfié vers les marchés internationaux, mais leur trafic pourrait avoir des impacts importants sur l’habitat de cette espèce en voie de disparition. 

Du côté des promoteurs du projet, on indique que l’exportation du gaz naturel liquéfié permettrait de diminuer l’utilisation de sources d’énergie plus polluantes comme le charbon ailleurs dans le monde. 

Les gouvernements trancheront  

À terme, ce sera aux gouvernements du Québec et du Canada de trancher le sort de cet immense projet de gaz liquéfié. L’accord du fédéral est ici nécessaire notamment en raison du fait que le gazoduc qui transporterait du gaz naturel provenant de l’Ouest canadien jusqu’au Saguenay devra traverser la frontière entre l’Ontario et le Québec. 

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