On a testé l'«Iglou», un abri conçu pour éviter les morts par hypothermie chez les itinérants | 24 heures
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On a testé l'«Iglou», un abri conçu pour éviter les morts par hypothermie chez les itinérants

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Photo Louis-Philippe Messier/24h

Un ingénieur français basé en République tchèque a développé des abris isolés qui permettent de passer la nuit dehors en plein hiver sans avoir froid. Comme ces tentes n'ont encore jamais été utilisées au Québec, nous avons décidé de les tester le temps d'une nuit, à la demande de l'organisme CARE Montréal qui en a commandé vingt. Voici comment ça s'est passé.

Couvre-feu oblige, je ne peux pas aller tester l’Iglou dans un parc ni à l'emplacement de l'ancien Camping Notre-Dame: je dois l'installer chez moi, dans ma cour. Quatre minutes me suffisent à assembler, en solo, cet abri d’une grande commodité. La nuit s’annonce clémente: le mercure va flirter avec le zéro pour un ressenti de moins trois degrés. Pas de pluie, un peu de bruine et un saupoudrage de neige fondante, sans plus.

Photo Louis-Philippe Messier/24h

Normalement, si l’«Iglou» tient sa promesse, un modèle double devrait permettre à deux adultes de dormir ensemble à une température de 20 degrés supérieure à celle qui règne à l'extérieur, même sans couvertures. Or, puisque je n’ai pour colocataire d’iglou que mon fils de 4 ans et demi, qui vaut pour un quart d’homme, nos «fournaises corporelles» ne seront pas suffisantes, et je dois m’attendre à une certaine fraîcheur.

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Mission accomplie

À l'exception de petits trous pour l'aération, l'abri «Iglou»est presque fermé. De l’intérieur, en passant ses doigts dans les «meurtrières» qui servent à aérer, on peut facilement refermer les deux «portes» aux extrémités du tube. J’ai disposé au sol un matelas simple de mousse, des sacs de couchage réunis par leurs fermoirs, deux oreillers bouffants, une veilleuse et trois toutous. 

Photo Louis-Philippe Messier/24h

«Papa, pourquoi on dort dans un cercueil?» m’a demandé mon fils une fois la veilleuse éteinte. Effectivement, ça fait penser à un sarcophage... Nous avons chaud, nos tuques pressent le bord. Ce fut un choc en faisant sauter la «porte» derrière nos oreillers le matin: l’ambiance extérieure glaciale nous a saisis. Cloisonnés dans notre «Iglou», nous n’avions plus conscience de ce froid extérieur.

Photo Louis-Philippe Messier/24h

Pour ce qui est d’avoir pu garder un enfant et son père au chaud par une nuit autour du point de congélation, c’est mission accomplie. L’affirmation de l’OBNL qui produit ces abris, voulant que la température à l'intérieur d'un modèle double soit de vingt degrés supérieure à celle du dehors, semble fondée. Pour les modèles simples à un seul occupant, on parle de quinze degrés de plus qu'à l'extérieur, ce qui n'est pas banal. Je ne serais pas étonné que ce genre d’abris soit de plus en plus utilisé en Amérique du Nord pendant l’hiver. Avis aux ingénieurs québécois: il y a sûrement moyen de fabriquer des abris de ce genre encore plus isolants. 

Le directeur de CARE Montréal, Michel Monette, m’explique qu’il s’est procuré ces vingt «Iglous» franco-tchèques en raisonnant ainsi: «Ces quinze ou vingt degrés de plus ne peuvent sûrement pas nuire à quelqu’un qui passe la nuit dehors, ça peut juste aider...»

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