Un logement à moins de 1000 $ à Montréal? Bonne chance! | 24 heures
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Un logement à moins de 1000 $ à Montréal? Bonne chance!

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Le prix des loyers au Québec ne cesse d’augmenter, si bien que trouver un appartement sous la barre des 1000 $ dans les grands centres urbains est une mission presque impossible. S’il est toujours possible de se loger à un prix raisonnable en Mauricie et au Saguenay, la situation est tout autre à Montréal et à Gatineau.

La semaine dernière, Jean-Sébastien Pilotte, adepte du frugalisme et retraité à l’âge de 41 ans, estimait dans un article qu’il était plus économe pour un couple de demeurer dans un appartement de 1000 $ par mois que d’acheter une propriété de 350 000$. Mais que peut-on réellement se permettre avec un budget de 1000 $ par mois? 

« À Montréal, ça va être très difficile, affirme Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations des locataires du Québec (RCLALQ). Est-ce que le couple veut habiter dans un 3 1/2 ou dans un 4 1/2? Parce que pour un 4 1/2 en bas de 1000 $, ça va être une chasse au trésor! » 

Porte-monnaie s’est donc mis dans la peau d’un couple à la recherche d’un logement à 1000 $ ou moins. 

Pour le bien de l’exercice, les recherches ont été effectuées dans les secteurs les plus prisés de chacune des villes.

  • Écoutez Marie-Claude Nichols, Députée libérale de Vaudreuil, sur QUB radio:

Trois-Rivières         

À Trois-Rivières, le prix des logements est encore très raisonnable par rapport au marché provincial. Pour un 4 1/2 avec deux chambres à coucher, il n’est pas rare de trouver des options à 500 $ par mois. En fait, il est même difficile de trouver des logements à plus de 1000 $. Un beau problème!

Québec  

À Québec, le prix des loyers a clairement augmenté au cours des dernières années, mais les options sont tout de même nombreuses sous la barre des 1000 $. La majorité des 4 1/2 se louent actuellement entre 700 $ et 900 $ dans les secteurs prisés comme Limoilou, Sainte-Foy et Montcalm.

Pour 915 $ par mois, on peut se permettre un 4 1/2 avec deux chambres tout juste en face des Plaines d’Abraham, dans le quartier Montcalm. Avec l’ajout d’un stationnement, le loyer mensuel grimpe à 990 $. 

Plus on s’éloigne du centre-ville, plus les prix diminuent. À Beauport, Charlesbourg et Lévis, il est possible de louer des condos neufs ou des appartements rénovés avec plusieurs chambres à coucher pour moins de 1000 $.

Saguenay-Lac-Saint-Jean         

Au Pays-des-Bleuets, 1000 $ par mois est amplement suffisant pour se permettre un 5 1/2 dans à peu près tous les secteurs. 

Par exemple, ce logement complètement rénové, en face de la rivière Saguenay, avec 3 chambres et 2 stationnements est présentement sur le marché pour 950 $.

Il est cependant possible de trouver des options encore plus centrales et moins dispendieuses. En plein centre-ville de Chicoutimi ou de Jonquière, le prix des 4 1/2 oscille entre 500 $ et 700 $. 

Gatineau         

Le marché locatif est assez actif à Gatineau puisque plusieurs universités et Cégep se trouvent dans la région. Plusieurs ottaviens choisissent aussi de se loger de l’autre côté de la rivière des Outaouais puisque les prix sont plus élevés en Ontario. 

Dans le centre-ville de Hull, il est possible de trouver des appartements avec deux chambres à coucher pour moins de 1000 $ mensuellement. 

Dans les autres quartiers populaires, les options se font plus rares en bas de la barre des mille dollars. Il est possible de trouver des 3 1/2 entre 700 $ et 900 $, mais il faudra vous contenter d’une seule chambre à coucher. 

Sherbrooke         

À Sherbrooke, la plupart des 4 1/2 sont à louer pour moins de 800 $ par mois dans tous les secteurs et il est possible de trouver des options encore moins dispendieuses. 

Pour 1000 $ par mois, vous pouvez vous attendre à un 4 1/2 rénové tout inclus tout près des services comprenant 2 stationnements.

Mieux encore, il est possible de trouver des maisons à louer pour moins de 1000 $ par mois. 

Montréal         

C’est ici où les choses se corsent. Quiconque a récemment fait la recherche d’un appartement à Montréal s’est rendu compte de la hausse drastique des prix dans les quartiers populaires. 

Pour 1000 $ par mois, il faut s’excentrer considérablement du centre-ville pour s’attendre à un logement spacieux.

« Il y a des logements à 700 $ et 800 $, mais souvent ce sont des logements insalubres qui peuvent nuire à la santé et à la sécurité des occupants, estime M. Roy-Allard. Pour arriver à trouver quelque chose, il faut tomber sur une cession de bail, mais il faut de la chance et il faut être à la recherche à temps plein. »

Voyez par exemple ce 3 1/2 dans le quartier Mercier, dans l'est de la ville. Bien que proche des transports en commun et des services essentiels, il s’agit d’un logement dans un demi sous-sol avec une seule chambre à coucher. Le prix ? 950 $ par mois et rien n’est inclus.

Les prix sont encore passablement raisonnables dans les quartiers Hochelaga-Maisonneuve, Villeray, Ahuntsic et dans l’Ouest de la ville. Mais bonne chance si vous êtes en quête d’un logement avec deux chambres fermées avec un budget de 1000 $. 

Sur le Plateau-Mont-Royal, quelques perles rares se retrouvent parfois sur le marché, mais oubliez la deuxième chambre. De façon générale, un 3 1/2 coûtera plus de 1000 $ par mois et un appartement avec deux chambres fermées coûtera assurément plus de 1200 $.

Vous le constatez, trouver un logement convenable à 1000 $ par mois n’est pas impossible au Québec, mais les choses se compliquent drôlement à Montréal. En tenant compte des paramètres de Jean-Sébastien Pilotte, soit un loyer de moins de 1000 $, il faudra faire de nombreuses concessions au niveau de l’espace et du quartier où sera situé votre logement. 

Vers une réglementation?         

La solution? Une réglementation gouvernementale, selon le Regroupement des comités logement et associations des locataires du Québec (RCLALQ).

En juin 2020, le RCLALQ a publié un rapport compilant 60 000 annonces de logements à louer sur Kijiji. La conclusion de l’organisme est sans équivoque: les prix ont explosé et le phénomène contribue à l’appauvrissement des ménages locataires.

Courtoisie RCLALQ

 

Le rapport et les données colligées ont été envoyés au gouvernement du Québec, sans succès. 

« On a des revendications à amener au gouvernement en matière de réglementation du prix des loyers, explique M. Roy-Allard. C'est un moyen de montrer au gouvernement qu'il y a une flambée du prix des loyers au Québec et que les logements coûtent trop cher pour une bonne partie de la population. »

Le RCLALQ a partagé le rapport au gouvernement provincial, sans retour favorable de leur part. Selon M. Roy-Allard, Québec n’envisage pas instaurer un contrôle des loyers ou un gel des loyers à court terme pour la durée de la pandémie. 

Au cours des derniers jours, un sondage de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) a dévoilé que le taux d’inoccupation des logements a bondi considérablement sur l’île de Montréal, passant de 1 % à 6 % entre mai et décembre 2020. 

Reste maintenant à voir si cette situation aura un effet sur le prix des logements au cours des prochains mois ou si les prix continueront d’augmenter. 

Avis aux lecteurs: les liens des appartements ont été consultés entre le 19 et le 22 janvier et comme le marché locatif change rapidement, il se pourrait que des liens soient aujourd'hui inaccessibles.

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