Commissaire à la lutte au racisme: la Ville ne discriminera pas selon les opinions, soutient Valérie Plante | 24 heures
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Commissaire à la lutte au racisme: la Ville ne discriminera pas selon les opinions, soutient Valérie Plante

Image principale de l'article Plante défend encore la nomination de Bochra Manaï
Photo provenant du compte LinkedIn de Bochra Manaï

Valérie Plante a de nouveau dû défendre la nomination de Bochra Manaï comme première commissaire à la lutte au racisme et aux discriminations systémiques, lundi, lors de la première séance du conseil municipal de l’année.

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«Suite à la vive opposition à la nomination de Mme Manaï à cause de ses déclarations passées démesurées [...], j’aimerais savoir si la mairesse est toujours d’avis que Mme Manaï a la crédibilité nécessaire et peut-être même l’autorité morale pour mener à terme son mandat», a demandé le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez. 

M. Perez a souligné que la commissaire n’a pas clairement renié certaines de ses déclarations controversées, comme celle voulant que le Québec soit «devenu une référence pour les suprémacistes et extrémistes du monde entier».  

«Il y a une différence entre s’opposer à la Loi 21 comme nous l’avons fait et prétendre que le Québec est devenu la référence mondiale de la suprématie blanche», a soutenu M. Perez. 

La mairesse Plante n'a pas l'intention de revenir sur cette nomination qui a fait l’objet d’un «processus rigoureux» de sélection. 

«J’ai décidé de faire confiance au comité de sélection qui a fait un travail remarquable», a-t-elle affirmé. 

«Il est hors de question que la Ville de Montréal se mette à discriminer sur la base d’opinions. Ce serait illégal de le faire.» 

Mme Plante a réitéré que la commissaire n’a pas été mandatée pour travailler sur la question de la laïcité, mais pour lutter contre le racisme et la discrimination systémique au sein de l’administration municipale. 

Rappelons que Mme Manaï a milité contre la Loi 21 sur la laïcité, notamment à titre de porte-parole du Conseil national des musulmans canadiens.  

Lettre ouverte

Dans une lettre ouverte publiée la semaine dernière dans les médias, une quarantaine de personnes, incluant les anciennes ministres québécoises Louise Beaudoin et Agnès Maltais, ont vivement critiqué les prises de position passées de l’actuelle commissaire.  

«L’idée que se fait Mme Manaï du racisme et des racistes, des Montréalais et des Québécois, est qu’ils portent en eux ce dangereux stigmate du racisme, qu’elle a pour mandat de les accompagner et de les redresser sur les chemins de la tolérance et de l’acceptation de l’autre, c’est-à-dire sur le chemin de l’acceptation de l’Islam radical et contre cette dangereuse loi de la laïcité», soutenaient les signataires.  

Une recommandation unanime

La Ville de Montréal a reçu 120 candidatures pour le poste de commissaire à la lutte au racisme et aux discriminations systémiques. C'est ce qu'avait expliqué le directeur général de la Ville, Serge Lamontagne, lorsque la nomination de Bochra Manaï a été approuvée par le comité exécutif, en janvier dernier. 

Parmi toutes les candidatures reçues, quatre ont été retenues. Les deux finalistes ont ensuite pris part à une analyse de compétences, après quoi le comité de sélection a fait une recommandation unanime à la Ville.