Policier du SPVM blessé: le suspect libéré de toutes les accusations | 24 heures
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Policier du SPVM blessé: le suspect libéré de toutes les accusations

Image principale de l'article Erreur sur la personne, le suspect libéré
Joël Lemay / Agence QMI

Après six jours en prison, un Montréalais accusé d’avoir désarmé et tiré sur un policier a été libéré mercredi, la tête haute et sous le regard ému de sa conjointe enceinte, après avoir vu la preuve contre lui s’écrouler grâce à la découverte d’une vidéo de surveillance.

« Nous estimons qu’il n’est plus possible de soutenir, dans l’état actuel des choses, les accusations à l’égard de [Mamadi Fara] Camara », a déclaré mercredi la Couronne, mettant ainsi fin au calvaire du chercheur de Polytechnique.

Menotté dans le box des accusés, M. Camara, 31 ans, n’a pas pu retenir ses larmes face à cette annonce. Libéré sur-le-champ directement de la salle d’audience, il a rejoint ses proches qui avaient préparé une haie d’honneur dans le corridor du palais de justice de Montréal. Il est ensuite sorti de l’édifice par les grandes portes, l’air digne malgré ses nuits passées dans une cellule.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

C’est que depuis jeudi dernier, Camara était identifié comme un « tireur de policier » qui, après une interpellation pour un cellulaire au volant, aurait frappé un patrouilleur avec une barre de fer, avant de le désarmer et d’ouvrir le feu en sa direction. 

Mais l’empressement des policiers à arrêter celui qui s’en est pris à l’un des leurs semble les avoir menés sur une mauvaise piste, sur un homme dont le profil ne correspondait absolument pas à un violent criminel. L’homme, un étudiant au doctorat et chargé de laboratoire à Polytechnique, a ainsi été arrêté et accusé de tentative de meurtre, entre autres.      

Joël Lemay / Agence QMI

Or, selon les informations du Journal de Montréal, Camara pourrait bien être celui qui avait appelé le 911. Pour des raisons nébuleuses, les enquêteurs ont toutefois été convaincus qu’il s’agissait du tireur qui tentait de les berner, même si ce dernier aurait tenté en vain d’expliquer qu’il n’en était rien.

Joël Lemay / Agence QMI

Heureusement pour Camara, la découverte d’une vidéo de surveillance du ministère des Transports du Québec a complètement changé la donne. Car après la divulgation de cette nouvelle preuve, la Couronne a mis fin abruptement au dossier.

Selon nos informations, Camara n’avait ni sang ni poudre à canon sur lui, à la suite de son arrestation.

Vrai suspect au large

« Ce qu’on comprend, c’est qu’il y a eu erreur majeure dans l’identification [du suspect] », a pour sa part commenté l’avocat de la défense, Me Cédric Materne.

Comme Camara n’est de toute évidence pas le bon suspect, cela signifie que le vrai tireur est toujours en fuite. L’arme du policier n’a pas non plus été retrouvée.

Si la police de Montréal n’a pas voulu commenter l’affaire, la Couronne a toutefois assuré que l’enquête était toujours en cours, et qu’elle évoluait rapidement.

La tournure imprévue qu’a prise le dossier a néanmoins jeté une onde de choc au sein des policiers du SPVM.

À Polytechnique, qui avait suspendu M. Camara le temps de l’enquête, on s’est dit soulagé de sa libération et indiqué qu’il serait rencontré en vue de sa réintégration.

– Avec Maxime Deland, Agence QMI

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