Le réchauffement climatique a-t-il causé la vague de froid au Texas? | 24 heures
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Le réchauffement climatique a-t-il causé la vague de froid au Texas?

Le Texas a été paralysé en raison d'une rare bordée de neige la semaine dernière.
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Le Texas a été paralysé en raison d'une rare bordée de neige la semaine dernière.

La vague de froid historique et meurtrière qui a frappé le Texas cette semaine a-t-elle été provoquée par les changements climatiques? Il n'est pas simple de répondre à cette question, mais l’Arctique, qui se réchauffe plus vite que le reste de la planète, pourrait en être responsable.  

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«Selon ma perception, cet événement peut être lié aux changements climatiques, mais plus spécifiquement aux changements dans l’Arctique», explique le directeur des prévisions saisonnières chez Atmospheric And Environmental Research, Judah Cohen.    

Il est tout à fait normal que des masses d'air glacial de l'Arctique balaient à l’occasion la partie centrale de l'Amérique du Nord. La vague de froid de cette semaine est toutefois particulièrement inquiétante.   

Pourquoi?   

D’abord parce que le Texas a enregistré de très basses températures, et ce, durant plusieurs jours consécutifs, précise la scientifique Jennifer Francis, du Woodwell Climate Research Center. Il a fait -14 °C lundi dans la capitale texane, Austin.   

Cette vague de froid est également préoccupante parce qu’elle touche le Sud des États-Unis et que de tels froids polaires n’ont pas l’habitude de frapper cette région.   

Quel rôle l’Arctique a-t-il joué?   

Il faut savoir que l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la Terre. Ce réchauffement climatique pourrait affecter le vortex polaire stratosphérique, une masse d'air froid circulant à 50 km d’altitude au-dessus de l'Arctique chaque hiver. 

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Normalement, le vortex polaire stratosphérique reste dans l'Arctique et a peu d'effets sur les conditions météorologiques plus au sud. Or, une fois tous les deux ans environ, il s'allonge ou même se divise, et son air froid se répand vers le sud sur les continents de l'hémisphère nord. 

Les températures élevées en Arctique pourraient aussi modifier la trajectoire de ce qu’on appelle le courant-jet, un corridor de vent sous le vortex. Lorsque le courant-jet descend vers le sud, il amène avec lui le froid de l'Arctique. 

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Avec le réchauffement de l'Arctique qui s'intensifie, la trajectoire de ce courant-jet pourrait se modifier plus fréquemment, permettant ainsi à l’air froid de s’échapper plus souvent du pôle Nord.  

Ces phénomènes impliquant le vortex polaire et le courant-jet pourraient être à l'origine des importantes précipitations de neige en Europe et des records de froid enregistrés dans certains États américains habitués à des hivers doux. 

Il a neigé sur l'Acropole d'Athènes la semaine dernière.

AFP

Il a neigé sur l'Acropole d'Athènes la semaine dernière.

Par ailleurs, si de nouvelles recherches suggèrent que les changements climatiques affectent plus régulièrement le vortex polaire, d'autres études seront nécessaires pour bien comprendre le phénomène, souligne Mme Francis.  

De plus grands écarts de température   

Une chose est sûre, il faut s’attendre à plus d’événements météo extrêmes, insiste M. Cohan. 

«Les changements climatiques favorisent ces épisodes de températures extrêmes, comme celui qu'on a vu cette semaine. La météo peut maintenant basculer très rapidement, alors qu’on va passer d'une chaleur extrême à des froids intenses.» 

Il ne faut donc pas s’attendre à des hivers plus froids ou plus doux, mais bien à des épisodes météo extrêmes, comme la vague de froid historique au Texas.   

«Ce qu’on n’avait pas pris en considération, c’est que le réchauffement de l’Arctique perturbe le vortex polaire. Cela entraîne donc une plus grande probabilité qu'il y ait des températures extrêmes», conclut-il. 

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