Mauvaise connexion internet: une future infirmière peine à étudier | 24 heures
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Mauvaise connexion internet: une future infirmière peine à étudier

Stéphanie Da Costa-Teixeira est étudiante de 3e année en sciences infirmières à l’Université de Montréal.
Joël Lemay / Agence QMI

Stéphanie Da Costa-Teixeira est étudiante de 3e année en sciences infirmières à l’Université de Montréal.

La mauvaise connexion internet d’une future infirmière nuit à ses études, alors que ses cours en ligne et ses examens sont constamment interrompus aux pires moments. 

«Je vis une injustice et on me refuse un droit fondamental qui est l’accès à des services essentiels», dénonce Stéphanie Da Costa-Teixeira, découragée.

La jeune femme de 24 ans est étudiante de 3e année en sciences infirmières à l’Université de Montréal.

La pandémie l’oblige à suivre tous ses cours en ligne, même les laboratoires.

Avec son conjoint, elle a acheté en juin dernier une maison à Sainte-Julienne, dans Lanaudière.

Quelle ne fut pas la surprise du couple lorsqu’il a découvert que l’internet à haute vitesse n’était pas accessible dans leur nouvelle demeure, après y avoir emménagé.

Joël Lemay / Agence QMI

Impact sur ses études

Depuis, Mme Da Costa-Teixeira essaie tant bien que mal de composer avec les bogues et les coupures de réseau qui surviennent lorsqu’elle écoute ses professeurs.

Le tout a un impact certain sur ses études, regrette-t-elle.

«L’internet ne passe pas dans certaines pièces de ma maison. Je dois quitter mes rencontres Zoom», déplore la jeune femme.

«Des fois, il faut que j’ouvre ma porte-patio pour que l’internet passe.»

Pire encore, «on dirait que ça coupe chaque fois qu’il y a quelque chose d’important. Je dois aussi souvent demander à mes collègues de classe de me réexpliquer certains éléments que j’ai manqués», lance-t-elle.

La problématique lui a également demandé beaucoup de planification pour ses examens en ligne.

Joël Lemay / Agence QMI

Profs compréhensifs

Les professeurs ont parfois des paramètres qui empêchent les étudiants d'ouvrir la fenêtre de l’examen pour éviter que des élèves trichent, explique Mme Da Costa-Teixeira.

«Dans mon cas, si internet lâche, je ne peux pas retourner dans mon examen, explique-t-elle. Mes professeurs ont été compréhensifs, et ils ont changé leurs paramètres après avoir consulté les techniciens en informatique.»

Cela ne l’a cependant pas empêchée d’être angoissée plusieurs jours avant un examen.

«J’ai même pensé retourner vivre chez mes parents, à Laval, pour m’assurer d’une bonne connexion internet», souligne-t-elle.

Elle a renoncé à le faire ainsi qu’à déménager ailleurs. Elle aime trop son nouveau coin de pays.

L’étudiante va donc endurer sa connexion internet pendant les quelques mois d’études qui lui restent avant de décrocher son diplôme.

Elle est impatiente de se joindre à la cohorte des infirmières, dont a tant besoin le Québec pour lutter contre la COVID-19.

«J’ai hâte de pouvoir aider mes futurs collègues pour essayer de résorber la situation», a dit celle dont la mère était elle aussi infirmière.

«Je baigne là-dedans depuis que je suis petite et j’ai la même passion que ma mère.»

Sentiment d’impuissance

D’ici là, l’étudiante se sent bien seule face à ses problèmes de connexion.

«Je suis déçue parce que je ne peux rien faire pour améliorer ma situation et celle de mes voisins», déplore-t-elle.

Jamais elle n’aurait imaginé qu’une partie de sa rue n'était pas connectée à la haute vitesse. Pourtant, certaines résidences du secteur en bénéficient, assure-t-elle.

«La rue qui est derrière mon terrain a l’accès, mais mon côté de la rue... non. Elle est où, la logique? Je ne sais pas», se questionne-t-elle.

Elle s’est adressée à quelques fournisseurs, notamment à Bell.

«Chaque fois, on me répondait: “Madame, on est en processus [d’étendre la connexion haute vitesse]... Je comprends votre frustration.” Je n’ai eu aucune aide et je me sens démunie», se plaint-elle.

Elle n’a pas eu plus de chance auprès d’un organisme sans but lucratif, dont les travaux de branchement avancent à pas de tortue.

Finalement, elle est branchée avec un fournisseur indépendant pour près de 100$ par mois. Mais elle a dû renoncer à la connexion haute vitesse.

«La rapidité, la lenteur du service est épouvantable, souligne-t-elle. Les prix ne sont pas raisonnables pour ce que l’on a non plus.»

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