«J’en ai ras-le-bol de devoir prouver que le racisme systémique existe» | 24 heures
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«J’en ai ras-le-bol de devoir prouver que le racisme systémique existe»

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Stéphanie Germain, membre du collectif Hoodstock, revient sur l’affaire Camara et son traitement médiatique dans le deuxième épisode de notre série Poing levé, qui donne la parole à des citoyens impliqués. 

«J’en ai ras-le-bol de devoir prouver que le racisme systémique existe et que la vie des Noirs compte, et ce, bien avant George Floyd», lance l'animatrice et médiatrice culturelle. 

À lire aussi: Discrimination au SPVM: les minorités visibles jusqu’à 4,6 fois plus interpellées

«En retard dans les luttes antiracistes»

Deux exemples d’interpellations policières ont récemment fait les manchettes au Québec: le cas de Mamadi III Fara Camara, un homme noir détenu pendant six jours et accusé à tort de tentative de meurtre sur un policier, et celui d’Andy Basora, un Montréalais hispanophone qui s’est fait attraper par le bras et interroger par des policiers parce qu’il portait un manteau rouge de la même marque qu’un autre volé plusieurs jours plus tôt. 

Ces deux exemples démontrent que le Québec «est en retard dans les luttes antiracistes», soutient la membre de Hoodstock, un organisme communautaire de Montréal-Nord. 

«Lorsqu’on se rend compte que les personnes noires sont quatre à cinq fois plus interpellées que les personnes blanches, comme société, il faut qu’on se pose des questions.» 

Au-delà de son constat, elle propose de réimaginer la définition de la Sécurité publique et de s'inspirer de l’Ontario, qui a interdit en 2017 toute interpellation basée sur la race. 

Améliorer la représentativité des médias

Dans la foulée du traitement médiatique de l’affaire Camara, qui a été largement critiqué, Stéphanie Germain plaide pour créer plus de postes réservés à la diversité culturelle dans les salles de nouvelles. Selon elle, les médias devraient être plus représentatifs, non seulement devant la caméra, mais aussi derrière. 

Elle regrette aussi que les personnes racisées soient souvent invitées dans les médias comme militantes plutôt qu’expertes. «Pourtant, la somme de nos expériences fait de nous des experts.» 

«Le SPVM ne sera jamais nommé au prix Nobel de la paix»

Manifester en plein Mois de l’histoire des Noirs ne ravit pas Stéphanie Germain, mais occuper l’espace public, c'est la seule option pour se faire entendre, insiste-t-elle. 

«S’il y a une chose qui me dit que je dois continuer cette lutte, c’est que cette année, le mouvement Black Lives Matter est en lice pour le prix Nobel de la paix. Pis ça, c’est un prix pour lequel le SPVM ne sera jamais nommé.» 

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