Non, vous n’avez pas besoin de vous laver les parties intimes avec un nettoyant à la clémentine | 24 heures
/panorama

Non, vous n’avez pas besoin de vous laver les parties intimes avec un nettoyant à la clémentine

Image principale de l'article Pas besoin d'un nettoyant à la clémentine
Светлана Фарафонова - stock.adobe.com

Avez-vous vu passer les publicités du nettoyant pour parties génitales OMV!, de Vagisil? Si elles vous ont fait vous demander si vous aviez vraiment besoin de vous laver les parties intimes avec un nettoyant à la clémentine, la réponse est non. 

Les publicités de la nouvelle gamme de nettoyants OMV!, de la compagnie Vagisil, ont fait jaser sur les réseaux sociaux et dans les médias américains dans les derniers jours, alors que plusieurs experts ont pris la parole pour dénoncer le concept du produit ainsi que les publicités qui s’y rapportent. 

C’est quoi, ces produits?  

Les nettoyants OMV! visent vraisemblablement les jeunes adolescentes. Le produit est dans un emballage orné de dessins de confettis, et on promet des odeurs de vanille et de clémentine.

Il se décline en trois articles:    

  • Des lingettes «assez petites pour être mises dans un casier ou un sac à dos»;   
  • Un sérum apaisant pour diminuer les démangeaisons de «la ligne de bikini et de la région intime»;   
  • Un nettoyant pour le corps «délicat pour la région vulvaire».     

C’est quoi le problème?  

Les gynécologues déconseillent l’utilisation de nettoyants vulvaires parfumés, puisqu’ils sont généralement irritants pour les régions intimes.  

«Il n’est absolument pas nécessaire de se laver avec autre chose que du savon doux, et [les gynécologues] pensent que ce ne serait pas néfaste de juste rincer la vulve avec de l’eau», assure la gynécologue-obstétricienne Laurence Simard-Émond.  

Ce qui l’alarme particulièrement avec ces annonces, c’est que ces produits encouragent la croyance que les parties génitales sont sales, dit-elle. 

«Ces produits dits "hygiéniques" sous-entendent que la vulve est sale, ce qui est à mon avis faux. [...] Je pense que ça engendre une perception négative par rapport à son image corporelle», ajoute la Dre Simard-Émond, qui travaille au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM). 

Qu’est-ce qui se passe sur Twitter?  

La plupart des interventions sur les réseaux sociaux vont dans le sens des explications de la Dre Simard-Émond.  

La gynécologue originaire de Winnipeg Jennifer Gunter a notamment attiré l’attention en clamant sur Twitter que ces produits compromettent la santé des utilisatrices en risquant de détruire leur flore vaginale, particulièrement sensible.

Elle a notamment déploré le message voulant que le nettoyant ne laisse pas de «sécrétions blanches». Celles-ci sont tout à fait normales, explique la Dre Simard-Émond.  

Vagisil a réagi à la controverse sur les réseaux sociaux en assurant qu’il ne voulait pas insinuer «que les vulves/vagins étaient sales», et qu’il voulait simplement «soutenir les femmes qui préfèrent utiliser du nettoyant ou des lingettes».

À lire aussi

Et encore plus