Le VUS, symbole de l’injustice climatique | 24 heures
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Le VUS, symbole de l’injustice climatique

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BILLET - Chaque année, on nous annonce une augmentation du nombre de VUS sur les routes du Québec. À tel point qu’on pourrait croire que rouler en gros char, ça fait partie de notre identité.

Toutes les raisons sont bonnes pour mettre la main sur l’un de ces véhicules. «Mon père en a acheté un, sous prétexte que c’était pour aller au chalet», me racontait ma coloc, vraiment pas convaincue par cette réponse. Parce que, oui, même sans VUS, ils y allaient pareil, au chalet. 

Les automobiles en voie de disparition

Une histoire parmi tant d’autres qui montrent à quel point ces véhicules sont devenus populaires et prisés des Québécois et Québécoises. 

Tellement populaires qu’ils pourraient mener à la disparition de la bonne vieille voiture. Si la tendance des trois dernières années se maintient, on pourrait bien ne plus vendre de voitures en 2026, selon les calculs du chercheur Pierre-Olivier Pineault

Sauf que...

Si on souhaite voir moins de voitures sur nos routes, ce n’est certainement pas pour qu’elles soient remplacées par des VUS, qui sont plus gros, plus chers et plus polluants. 

On donne d'ailleurs souvent l'excuse de la sécurité quand on parle des VUS, en affirmant par exemple qu'ils nous aident à bien tenir le cap sur une route enneigée. Mais ça dépend de la sécurité de qui on parle. Des experts lient en effet l'augmentation des décès de piétons dans les rues à l'augmentation des VUS sur nos routes.

J’aurais eu des étoiles dans les yeux si on m’avait dit que les autos disparaissent parce qu’on a accès à plus de voitures partagées aux quatre coins de la province et à des services de transport en commun mieux adaptés aux réalités locales, et qu’il y a des embouteillages de vélos dans nos villes. Mais ce n'est pas la réalité. 

Une question de justice sociale

Si la décision de s'acheter un VUS est d'abord personnelle, elle est aussi influencée par la société. 

D'ailleurs, en refusant de taxer les gros véhicules qui polluent davantage, le gouvernement contribue à leur multiplication sur nos routes. Si on continue de mettre plus de VUS sur nos routes, on freine la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec. Et pendant que les constructeurs automobiles et les pétrolières s’en mettent plein les poches, c’est toute la société qui paie le prix de la pollution qu’ils produisent. Surtout les plus vulnérables, comme les personnes vivant aux abords des grands axes routiers, où l’air est pollué par des particules fines

Alors, si la publicité veut nous faire croire que ce type de véhicules est la clé du bonheur et de la liberté, en réalité, elle nous emmure dans un confort individualiste qui nous conduit tout droit dans le mur climatique.

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