Esther Calixte-Béa: dans sa vie comme dans ses toiles, les femmes ont du poil et c’est comme ça! | 24 heures
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Esther Calixte-Béa: dans sa vie comme dans ses toiles, les femmes ont du poil et c’est comme ça!

Portrait

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L’artiste peintre de 24 ans Esther Calixte-Béa a du poil de torse, plus que la moyenne des femmes en tout cas. Longtemps gênée de sa condition, elle a décidé de l’assumer à fond en brisant les tabous autour de la pilosité féminine, d’abord par une campagne de mode sur le web, ensuite par la peinture.

Contrainte de s’épiler par toutes sortes de méthodes depuis l’âge de 11 ans, Esther Calixte-Béa a décidé qu’elle en avait assez. «Plus je m’épilais, plus je commençais à avoir des cicatrices, des poils incarnés, plein de bosses sur mon corps», raconte l’artiste originaire de Brossard. 

Afin de ne plus avoir à se cacher, Esther Calixte-Béa crée le Projet Lavande, un projet de mode sur Instagram où elle s’affiche avec une robe révélant sa pilosité. En juillet 2019, c’est sa façon à elle de réaliser «un coming-out» de ses poils en public.

«Je me suis dit que je faisais ça pour moi-même, raconte Esther Calixte-Béa, mais ensuite j’ai vu l’impact que mes projets avaient sur les gens et comment c’était devenu plus grand que moi.»

Comme de fait, l’ampleur de sa prise de position a dépassé ses attentes. En janvier 2021, Esther Calixte-Béa se retrouve en Une du magazine de mode Glamour UK où on la voit afficher fièrement ses poils dans le cadre du Januhairy, une campagne visant à normaliser la pilosité féminine. 

Elle a aussi participé à l’équivalent québécois de cette campagne, Mai poils, l’an dernier. «Je n’ai jamais eu quelqu’un dans ma vie qui ait pu m’aider ou m’inspirer. Je suis contente d’aider les femmes à s’aimer elles-mêmes», raconte l’artiste-peintre qui a étudié à l’Université Concordia. 

Dans la mode et dans l’art  

Passionnée de peinture depuis plus de dix ans, Esther Calixte-Béa a longtemps utilisé cet art pour exprimer ce qu’elle n’osait dire. «Quand je peignais mes personnages, parfois je mettais un peu de poil juste pour voir, raconte-t-elle. C’est comme s’il y avait quelque chose en moi qui voulait parler des poils.»

Ses premières toiles exprimaient la souffrance que ressentait l’artiste de 24 ans lorsqu’elle devait garder ses poils secrets. Aujourd’hui, au contraire, les poils expriment sa libération. «Maintenant, c’est mon affaire!» s’esclaffe Esther Calixte-Béa.

  

Rencontrée chez elle, entourée de ses toiles, Esther Calixte-Béa ne se gêne plus pour montrer des femmes noires velues, poilues et libérées dans ses œuvres. 

Plus encore, c’est un façon de normaliser le poil, selon elle, que de présenter les femmes ainsi dans l’art. «Les femmes que je peins ont du poil et elles vivent leur vie! C’est tout!» lance-t-elle. Ne cherchez pas plus loin, il n’y a rien de politique dans l’art d’Esther Calixte-Béa. C’est simplement la vie comme elle la perçoit. 

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