L’Université Laval veut prévenir la censure en adoptant un énoncé sur la liberté d’expression | 24 heures
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L’Université Laval veut prévenir la censure en adoptant un énoncé sur la liberté d’expression

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Photo Simon Clark

L’Université Laval (UL) a adopté un règlement pour «la protection et la valorisation» de la liberté d’expression, une première au Québec.

L'énoncé, adopté mardi par le conseil universitaire, vise à prévenir des situations de censure. Il précise que toutes les idées peuvent être abordées, si c’est fait de manière respectueuse.

«L’Université Laval s’engage donc à protéger la libre circulation des idées, même celles qui sont controversées, dans le respect des lois, des conventions collectives et des règlements en vigueur, et à offrir un environnement propice aux échanges, aux débats et au dialogue», peut-on lire dans le document de trois pages.

Un comité-conseil avait été créé en 2019 par l'université afin d’instaurer les balises de la liberté d’expression sur son campus, en s'inspirant notamment d'autres institutions canadiennes et américaines. 

Rappelons que l’Université d’Ottawa (uOttawa) s’est retrouvée en octobre dernier au coeur d’une polémique après la suspension d’une professeure pour avoir utilisé le «mot en n» pendant un cours. 

Le premier ministre du Québec François Legault avait notamment qualifié le geste de «dérapage important.» 

Voici ce qui se retrouve dans l'énoncé de l'UL: 

  • L’Université Laval évite la censure et favorise la prise de parole.   
  • L’Université Laval invite les personnes qui tiennent des propos polarisants à faire preuve de sensibilité et de bienveillance.   
  • Aux personnes qui désirent se soustraire à l’expression de contenus jugés offensants, l’Université Laval propose plutôt de débattre en faisant preuve d’ouverture et d’écoute.   
  • L’Université Laval s’engage à protéger la libre circulation des idées, même celles qui sont controversées, dans le respect des lois, des conventions collectives et des règlements en vigueur.      

Et à l'Université de Montréal?

L’Université de Montréal (UdeM) a pour sa part déjà commencé des consultations pour éventuellement adopter un énoncé semblable à celui de l'Université Laval. Un comité mène d'ailleurs déjà des travaux sur la liberté d’expression. 

«C’est un mandat très large que le recteur a donné à la Mission. Son travail, extrêmement complexe, ne se limitera pas aux controverses qu’on a pu suivre dans les médias», a indiqué Valérie Amiraux, professeure titulaire au Département de sociologie. C'est elle qui préside le comité sur la liberté d’expression de l'université.