9 victimes en 2 mois au Québec: 4 pistes de solution pour lutter contre les féminicides | 24 heures
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9 victimes en 2 mois au Québec: 4 pistes de solution pour lutter contre les féminicides

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Photo Adobe Stock

Dans les deux derniers mois, neuf femmes ont perdu la vie dans un contexte de violence conjugale au Québec. Ces neuf victimes laissent dans le deuil 20 orphelins.

Comment faire pour prévenir les féminicides? Voici des pistes de solution.  

1. Donner plus d’argent aux ressources d’aide 

Les maisons d’hébergement pour les femmes qui fuient la violence conjugale refusent des milliers de demandes chaque année parce qu’elles n’arrivent pas à fournir.  

Pourtant, ces ressources, tout comme les lignes d’écoute ou les services de clavardage, sont cruciales pour les personnes qui doivent rapidement se sortir d’une situation dangereuse avant qu’elle dégénère davantage. 

Photo Shutterstock

«Les ressources ont de la difficulté à répondre à toutes les demandes. C’est un manque de financement», déclare la directrice générale de SOS violence conjugale, Jocelyne Jolin. 

La députée de Québec solidaire Christine Labrie propose carrément qu’une ligne provinciale de référence pour les auteurs de crimes violents soit mise en place. 

2. Financer plus de logements sociaux 

Une femme qui fuit un conjoint violent doit pouvoir se reloger de façon permanente, ce qui peut être compliqué avec la crise du logement et le prix des loyers qui est élevé, surtout pour une personne seule. Le financement de plus de logements sociaux pourrait donc être une piste de solution. 

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«Le logement social, c’est un élément qui est important à considérer et c’est extrêmement difficile à développer, ça ne se fait pas massivement, mais ça fait une différence pour les femmes», assure Mme Jolin. 

Le 3 mars dernier, la députée de Québec solidaire Christine Labrie a d’ailleurs demandé au gouvernement Legault d’investir dans les logements abordables pour cette raison. 

Simon Clark/Agence QMI

3. Éduquer par la pub 

Des publicités qui encouragent les femmes à consulter et à dénoncer les mauvais comportements de leurs proches pourraient aider à lutter contre la violence faite aux femmes.  

«Ça signifie à l’ensemble de la population qu'il existe des ressources», souligne Mme Join, qui croit que plus les gens en savent sur le phénomène, mieux ils sont outillés pour y faire face.  

Elle croit aussi que l’entourage peut jouer un rôle important en dirigeant une amie vers une ressource ou en lui offrant du soutien.  

Les pubs peuvent par exemple aviser les femmes que le moment de la rupture est le plus dangereux dans les histoires de violence conjugale, explique Mme Jolin. «Le conjoint perd le contrôle, et c’est précisément cette perte de contrôle qui les rend agressifs», analyse-t-elle.

4. Nommer les choses clairement 

Nommer les choses clairement peut aider à cerner une réalité et à lutter contre celle-ci. Le terme «féminicide» prend sa place dans le vocabulaire médiatique, ce qui est en soi une marque d’éveil à la situation.  

«Ça démontre que c’est une violence dirigée envers les femmes. C’est pourquoi c’est important d’utiliser les bons mots pour décrire cette réalité-là», dit Mme Jolin.  

Le premier ministre François Legault n’a pas ménagé ses mots pour dénoncer les meurtres de femmes survenus récemment.  

Photo TVA Nouvelles

«Ça n’a pas de bon sang! [...] qu’on vive comme des barbares, on est dans une société civilisée et toutes les femmes et les enfants ont le droit de virent dans des milieux sécures [sic]», a-t-il en conférence de presse le 3 mars.

Les sept femmes qui ont perdu la vie en moins de deux mois au Québec 

Elisapee Angma, 5 février

Photo tirée de Facebook

Elisapee Angma, une mère de quatre enfants de 44 ans, a été assassinée par son ex-conjoint Thomassie Cain à Kuujjuaq. Ce dernier s'est possiblement enlevé la vie après son geste.

Marly Édouard, 21 février 

Photo tirée d'Instagram

Marly Édouard a été tuée d’une balle dans la tête et retrouvée dans le stationnement de son condo à Laval. Deux jours plus tôt, la femme de 32 ans avait signalé aux policiers avoir reçu des menaces de mort de la part d’un proche.   

Nancy Roy, 23 février 

Photo courtoisie

Nancy Roy, 44 ans, a été poignardée dans son appartement de Saint-Hyacinthe. Son ex-conjoint Jean-Yves Lajoie a été accusé de meurtre non prémédité et comparaîtra devant les tribunaux.  

Myriam Dallaire et Sylvie Bisson, 2 mars 

Photo Facebook

Sylvie Bisson, 60 ans, ainsi que sa fille de 28 ans Myriam Dallaire ont été brutalement massacrées à la hache dans leur résidence de Sainte-Sophie dans les Laurentides. L’ex-conjoint de cette dernière, Benjamin Soudin, a été formellement accusé de meurtre non-prémidité le 20 mars dernier. 

Photo Facebook Sylvie Bisson

Nadège Jolicoeur, 19 mars

Dans le quartier de Saint-Léonard, Nadège Jolicoeur a été poignardée à mort dans le taxi de son conjoint, Enok Fenelon, avant que celui-ci ne s’enlève la vie. La mère de 40 ans laisse dans le deuil ses cinq enfants. 

Photo courtoisie

Carolyne Labonté, 18 mars

Après quelques semaines d'enquête suite au décès inexpliqué de Carolyne Labonté le 18 mars, la dame de 40 ans a été déclaré victime d'un homicide. Son conjoint, Éric Levasseur, a été arrêté le 12 avril et a comparu le lendemain sous une accusation de meurtre au second degré en lien avec le décès de sa conjointe dans Charlevoix.

Photo tirée de Facebook

Rebekah Harry, 23 mars

Rebekah Harry, 29 ans, a succombé à ses blessures le troisième jour de son hospitalisation après avoir été sauvagement battue par son conjoint, Brandon McIntyre, 32 ans, dans un appartement de l’arrondissement de LaSalle à Montréal.

Photo tirée de Facebook

Kataluk Paningayak-Naluiyuk, 25 mars

Les corps de Kataluk Paningayak-Nuluiyuk, 43 ans, et de son conjoint Peter Ainalik, 44 ans, ont été découverts dans une résidence Ivujivik au Nunavik le 25 mars. Le 2 avril, la thèse de meurtre-suicide est confirmée par la police. La mère de six enfants et la grand-mère de deux petits-enfants se trouvait dans une situation de violence conjugale rapporte la soeur de la victime.

En mars, deux tentatives de meurtre contre des femmes sont également survenues au Québec  

Joliette, 16 mars

Christopher Cesar, 31 ans, a été abattu par un policier alors qu’il était en train de poignarder son épouse dans leur appartement de Joliette. La femme a été transportée à l’hôpital pour soigner ses blessures, mais sa vie n’est pas en danger.

Québec, 22 mars

Un homme de 74 ans aurait agressé sa conjointe, une dame de 65 ans, à l’aide d’une arme blanche dans leur appartement de Limoilou. Celle-ci aurait des blessures au cou et à l’abdomen, mais on ne craint pas pour sa vie. L’homme s’est suicidé en se lançant du haut de l’immeuble. Il est décédé des suites de ses blessures. 

- Avec l'Agence QMI

Si vous êtes victime de violence conjugale  

SOS Violence conjugale  

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE    

Ligne québécoise de prévention du suicide  

Jeunesse, J’écoute  

Tel-Jeunes