C’est quoi, au juste, GNL Québec? Ce qu'il faut savoir pour mieux comprendre le projet controversé | 24 heures
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C’est quoi, au juste, GNL Québec? Ce qu'il faut savoir pour mieux comprendre le projet controversé

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GNL Québec fait beaucoup jaser, surtout ces derniers jours. C’est que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), qui a pour mission d’évaluer les impacts environnementaux, sociaux et économiques du projet, s’apprête à remettre son rapport au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette. Après avoir reçu le rapport, le ministre aura 15 jours pour le rendre public.  

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Mais c’est quoi, au juste, GNL Québec? Voici un bref tour d’horizon pour mieux comprendre ce projet controversé. 

Un gazoduc et une usine de liquéfaction de gaz naturel   

GNL Québec, c’est un projet de gazoduc de 782 km qui transporterait du gaz naturel provenant de l’Ouest canadien jusque dans une usine de liquéfaction au Saguenay. Une fois liquéfié, le gaz naturel serait transporté par bateau, ou plutôt par des super-méthaniers, partout dans le monde. Le projet pourrait se diviser en quatre étapes. 

Étape 1 - Extraction

L’usine de liquéfaction au Saguenay serait alimentée par du gaz naturel en provenance de l’Ouest canadien. Comment extrait-on le gaz naturel? De l’eau, du sable et des détergents sont injectés à 1000 mètres sous le sol, avec une immense pression, pour fracturer la roche et faire remonter le gaz. Ce procédé est risqué, puisqu'il peut contaminer la nappe phréatique, les sols et l’air. En plus, l'exploitation en elle-même génère des gaz à effet de serre (GES). 

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Étape 2 - Pipelines

Une fois le gaz naturel récupéré, il serait transporté jusqu’au Saguenay. Alors que des pipelines permettent déjà de l’acheminer jusqu’en Ontario, GNL Québec propose de construire un nouveau pipeline de 782 km qui relierait le réseau existant à l’usine de liquéfaction du Saguenay. Ici aussi, il y a des risques. Des fuites le long des pipelines pourraient entraîner des émissions de méthane, un gaz 30 fois plus puissant que le CO2. Il faudrait aussi raser une bande de terrain de 25 mètres de chaque côté du pipeline, sur toute sa longueur, ce qui pourrait perturber l’habitat de nombreux animaux. 

Photo Reuters

Étape 3 - Usine de liquéfaction

Une fois le gaz naturel rendu à l’usine, il serait liquéfié pour pouvoir ensuite être exporté par bateaux vers les marchés internationaux. On estime que l’usine à elle seule générerait 700 000 tonnes de CO2 par année, ce qui représente 1% de toutes les émissions de GES du Québec. 

Selon les promoteurs du projet, l’exportation du gaz naturel liquéfié permettrait de diminuer l’utilisation de sources d’énergie plus polluantes comme le charbon ailleurs dans le monde.

Étape 4 - Super-méthaniers

Le gaz naturel liquéfié serait finalement transporté par des super-méthaniers partout à travers le monde. Le passage régulier de ces immenses bateaux dans le fleuve Saint-Laurent pourrait perturber significativement l’habitat des bélugas et menacer la survie de cette espèce en voie de disparition. 

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– Avec Baptiste Zapirain et Gaël Poirier, Agence QMI