Prix Robert-Cliche : Un jeune médecin épate le milieu littéraire avec son premier roman | 24 heures
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Prix Robert-Cliche : Un jeune médecin épate le milieu littéraire avec son premier roman

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Photomontage Julie Verville

Médecin à temps plein et écrivain à temps perdu, Paul Serge Forest, 36 ans, a appris en pleine première vague de COVID-19 qu’il remportait le prix littéraire Robert-Cliche. Alors bien occupé par son travail, ce n’est que des semaines plus tard qu’il a pu réaliser ce qui lui arrivait. On en a discuté avec lui. 

« C’est au bout d’une semaine extrêmement chargée et difficile que j’ai su que je gagnais ce prix-là. Ça faisait beaucoup de choses qui arrivaient en même temps, on pourrait dire! », lance en riant le jeune homme, qui ne s’appelle pas réellement Paul Serge Forest : c’est un pseudonyme qui lui permet de bien séparer ses deux vies professionnelles. 

Son manuscrit, intitulé Tout est ori, a été un coup de cœur unanime du jury du prix Robert-Cliche. 

« L’un des meilleurs romans québécois des dix dernières années », a déclaré Annabelle Moreau, rédactrice en chef de Lettres québécoises

Intrigué? Voilà comment l’auteur décrit son premier roman. 

« C’est une famille de la Côte-Nord de commerçants de fruits de mer. Ils signent un gros contrat d’approvisionnement avec une compagnie japonaise. Ensuite, ils reçoivent la visite d’un homme un peu mystérieux et il se met à se passer toutes sortes d’affaires étranges. On finit par apprendre que cet individu est l’auteur d’une invention, appelée l’ori, qui va vraiment changer le cours de l’histoire. » 

Source d’inspiration : les Simpson, les jeux vidéo et les fruits de mer  

Paul Serge Forest a voulu que son livre soit drôle. Certains y reconnaîtront peut-être l’humour de l’adaptation québécoise des Simpson. Il s’est également inspiré de jeux vidéo. 

« J’ai grandi en jouant à des jeux vidéo! Dans les jeux, souvent faits au Japon, il y avait cette idée-là de planter l’action dans des contextes occidentaux qui étaient plus ou moins bien compris par les créateurs, ce qui donnait toutes sortes de bizarreries », décrit celui qui s’est inspiré de ces loufoqueries pour écrire Tout est ori

Les fruits de mer sont aussi au cœur de ce roman un peu déjanté. Le livre est d’ailleurs entrecoupé d’intermèdes consacrés à ces produits de la mer, que ce soit la mye, le crabe, l’oursin ou le pétoncle. 

« Je suis très attaché à ma région natale, la Côte-Nord. Je me rappelle, étant jeune, on passait à côté d’une usine de fruits de mer à Baie-Trinité, qui est le village que j’ai mis en scène dans le livre. Aussi, à mon adolescence, j’ai travaillé dans une usine de transformation des fruits de mer », raconte Paul Serge Forest, qui avoue raffoler de ces produits marins. 

L’auteur habite aujourd’hui à Montréal, où il pratique la médecine familiale. Il l’enseigne également à l’Université de Montréal. Le père de famille a toujours aimé la littérature et écrire. Il souhaitait publier un premier livre depuis longtemps. 

Tout est ori sera en librairies le 10 mars.  

Qu’est-ce que le Prix Robert-Cliche?  

En gros, remporter le prix nommé en l’honneur de l’avocat, juge et homme politique Robert Cliche, ça veut dire :     

  • avoir la chance de publier un premier roman en carrière;    
  • recevoir une bourse de 10 000 $ commandité par Québecor (Paul Serge Forest a d’ailleurs choisi de remettre son chèque à la Fondation pour l’alphabétisation);    
  • surtout : avoir la reconnaissance de personnes de renom dans le milieu littéraire.       

Pour se qualifier, il faut :     

  • n’avoir jamais publié de roman auparavant;    
  • envoyer son manuscrit de manière anonyme.       

Cette année, le jury du prix Robert-Cliche était composé d’Olivier Boisvert, de la Librairie Gallimard, d’Annabelle Moreau, rédactrice en chef de Lettres québécoises et de Stanley Péan, animateur à ICI Musique, mais également auteur de quelques romans. 

Plusieurs auteurs aujourd’hui bien connus ont commencé leur carrière en recevant le prix Robert-Cliche, notamment Chrystine Brouillet, Robert Lalonde, Michel Désaultels, Mylène Gilbert-Dumas, Ryad Assani-Razaki et Roxanne Bouchard. 

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