L'adolescente qui avait accusé Samuel Paty, cet enseignant français décapité, a reconnu avoir menti | 24 heures
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L'adolescente qui avait accusé Samuel Paty, cet enseignant français décapité, a reconnu avoir menti

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L'enseignant français Samuel Paty est mort décapité après avoir été faussement accusé d'islamophobie par une adolescente de 13 ans à la suite d'un cours sur les caricatures de Charlie Hebdo auquel elle n'avait pas assisté, a-t-on appris lundi.

Lors d’une enquête sur la mort de l'enseignant dont l'assassinat par un terroriste islamiste, en octobre 2020, avait suscité l'indignation partout dans le monde, l’adolescente a avoué avoir menti.

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Comme le rapporte Le Parisien, la jeune femme avait dit à son père que son enseignant l'avait expulsée après qu'elle l'eut critiqué pour avoir demandé aux élèves musulmans «de lever la main puis de sortir de la classe afin qu’il puisse montrer une caricature du prophète Mahomet nu publiée par le journal satirique Charlie Hebdo». 

L'adolescente a finalement reconnu qu'il s'agissait d'un mensonge et qu'elle n’était pas pas présente au cours du 6 octobre 2020. Elle avait plutôt été suspendue en raison de son taux d’absentéisme élevé.

On peut voir des caricatures de Mahomet dans un hebdomadaire français.

Photo AFP

On peut voir des caricatures de Mahomet dans un hebdomadaire français.

L'enseignant d'histoire avait plutôt proposé aux élèves musulmans qui pourraient être offensés de fermer les yeux, selon Le Parisien

Le cours, intitulé Situation de dilemme: être ou ne pas être Charlie, portait sur la liberté d'expression et faisait référence au mouvement #JeSuisCharlie, survenu après les attentats de Charlie Hebdo en 2015.

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Un mensonge boule de neige          

D’après Le Parisien, la mineure ne voulait pas avouer à son père que sa suspension était due à ses problèmes de comportement. 

Après les révélations de sa fille, le père, qui a, depuis, été mis en examen pour «complicité d'assassinat terroriste», s’est défoulé sur les réseaux sociaux. Il aurait publié sur Facebook des vidéos dans lesquelles il s'en prenait à l'enseignant et appelait à son licenciement. Il a aussi porté plainte à la police et à l’école pour «islamophobie et diffusion d’images pornographiques».

La polémique, prenant de l'ampleur sur les réseaux sociaux, avait capté l’attention de l'assassin de Samuel Paty, un migrant tchétchène radicalisé résidant en Normandie. Le terroriste de 18 ans avait payé des adolescents pour connaître l'identité du professeur, qu'il a ensuite décapité. 

Des personnes tiennent la couverture d’un numéro de Charlie Hebdo titré «Tout ça pour ça», lors d’une manifestation en hommage à Samuel Paty, le 18 octobre 2020.

AFP

Des personnes tiennent la couverture d’un numéro de Charlie Hebdo titré «Tout ça pour ça», lors d’une manifestation en hommage à Samuel Paty, le 18 octobre 2020.

En entrevue à France Info, l’avocat de la jeune fille a indiqué que cette dernière était «dévastée» par la mort de son enseignant et qu'elle ne «s’imaginait pas que les choses allaient dégénérer» de la sorte. Il a affirmé que la jeune collégienne avait été influencée par des camarades de classe.

«Faire porter sur les épaules d’une enfant de 13 ans la responsabilité de cette tragédie me paraît totalement impensable, pour ne pas dire odieux», a dit Me Mbeko Tabulo. 

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