Voici 5 endroits où le gouvernement peut investir pour que la reprise économique soit verte | 24 heures
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Voici 5 endroits où le gouvernement peut investir pour que la reprise économique soit verte

Image principale de l'article 5 investissements à faire pour une reprise verte
Joël Lemay / Agence QMI

La pandémie nous a forcés à mettre sur pause des secteurs entiers de l'économie pour lutter le plus efficacement possible contre la COVID-19. Quand ce long épisode sera derrière nous, ce sera important de saisir l'occasion pour bâtir une relance économique verte, insistent plusieurs organismes. Voici cinq endroits où le gouvernement peut investir dans les prochaines années.

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1. Des bâtiments dans lesquels on pourra survivre aux canicules  

D’abord, on doit absolument investir dans des infrastructures qui seront capables de résister aux changements de température et aux événements climatiques extrêmes qui surviendront de plus en plus souvent au courant des prochaines années, selon Alain Bourque, directeur général d’Ouranos 

Un exemple d’un bon investissement? Nos maisons, souvent très peu adaptées aux canicules, doivent être repensées, et le gouvernement pourrait financer ces projets d’adaptation. 

Photo d’archives, Chantal Poirier

«Il faut repenser l’architecture des maisons et des bâtiments de façon à moins compter sur le génie, la technologie et la climatisation, mais plus penser à des bâtiments qui sont en équilibre avec le climat, qui optimisent l’énergie solaire, qui utilisent la verdure», explique le directeur général. 

2. Les agriculteurs locaux et leurs paniers de légumes 

Ça peut paraître évident, mais manger des fruits et des légumes qui viennent de partout à travers le monde, ce n’est pas très bon pour le climat. 

Un investissement que l’on pourrait faire? Encourager l’agriculture soutenue par la communauté, par exemple les paniers de légumes vendus directement des agriculteurs aux clients. 

Courtoisie

«C’est un modèle qui aurait besoin de soutien public parce que les coûts sont vraiment importants et c’est difficile d’être rentable dans ce type d’entreprises là», soutient Julia Posca, sociologue et chercheure à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).  

Et ces producteurs maraîchers n’ont souvent pas accès aux supermarchés parce qu’ils ne produisent pas d’assez gros volumes, renchérit la sociologue. 

«Le modèle agricole actuel favorise les monocultures et les grosses fermes», ajoute-t-elle. 

3. La santé mentale  

Qui aurait cru que le réchauffement climatique exigerait des investissements en santé mentale? Ça peut paraître surprenant, mais c’est absolument nécessaire selon Alain Bourque, directeur d’Ouranos.  

La détresse engendrée par ces catastrophes environnementales jumelée à l’écoanxiété contribue à construire un problème de santé mentale qui peut devenir hautement préoccupant. Comment y faire face? 

Photo Adobe stock

«Investir dans les réseaux de proximité, investir dans la santé mentale, spécifiquement aborder la santé mentale quand il y a des désastres naturels, répond Alain Bourque. Et aussi, investir dans la résilience des communautés, des individus, pour faire en sorte que la santé mentale ne devienne pas un immense problème dans le temps suite à ces désastres naturels qui s’accroissent de plus en plus.» 

4. Les logements abordables pour densifier les villes  

Habiter dans une ville dense, c'est une bonne façon de diminuer son empreinte écologique, mais ce n'est pas à la portée de tous, surtout avec la flambée immobilière qu'on voit en ce moment.  

Selon Julia Posca, investir dans des logements abordables et sociaux permettrait justement de contrer l’étalement urbain tout en densifiant les villes. En plus, l’investissement viendrait répondre à la crise du logement que l’on connaît depuis quelques année dans la province. 

Photo d'archives, Agence QMI

«C’est une mesure qui permet un développement économique, un développement social et en même temps de réduire notre empreinte écologique à l’échelle des villes, soutient la sociologue. Ça permet ensuite de développer des systèmes de transport en commun plus efficaces.» 

5. Les transports en commun, en consultant davantage la population 

Si on veut que les gens utilisent moins leurs voitures, il faut leur donner des options de transport en commun intéressantes. Mais pour y arriver, il faut d’abord les consulter pour s’assurer que les projets répondent vraiment à leurs besoins, en fonction de la réalité de chacun des quartiers et de chacune des villes, selon Sabaa Khan, directrice générale pour le Québec et l’Atlantique à la Fondation David Suzuki. 

Photo d'archives, Chantal Poirier

«Il faut vraiment faire des consultations auprès du public, mais des consultations sérieuses, soutient Sabaa Khan. Le processus de développement du REM en ce moment, le public n’a pas vraiment été très impliqué. Et c’est ça le problème aussi, je ne pense pas que notre culture politique intègre assez les citoyens dans le processus de la prise de décision.»