Encore du racisme envers une autochtone à Joliette: deux infirmières congédiées | 24 heures
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Encore du racisme envers une autochtone à Joliette: deux infirmières congédiées

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CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES

Au terme d’une enquête interne, deux infirmières du CLSC de Joliette ont été congédiées mardi pour des propos racistes envers une femme attikamek qui recevait des soins.

«Le CISSS de Lanaudière a une politique de tolérance zéro envers les comportements racistes, discriminatoires et intimidants et je veux que ce message soit entendu clair et fort», a déclaré Caroline Barbir, présidente-directrice générale par intérim du CISSS de Lanaudière, par communiqué de presse. 

CLSC de Joliette

Photo Martin Alarie

CLSC de Joliette

Les deux infirmières avaient été suspendues sans solde lundi, le temps de faire toute la lumière sur les évènements impliquant Jocelyne Ottawa, membre de la nation attikamek de Manawan.

«Je me suis sentie humiliée»  

Jocelyne Ottawa, 62 ans, se rendait au CLSC pour faire soigner une blessure à un pied vendredi dernier. 

En entrevue avec TVA Nouvelles, elle a expliqué que l’une des infirmières concernées lui a d’abord demandé de chanter en attikamek.

«Une [autre] a vu mon nom dans le dossier, puis elle a dit: "on va t’appeler Joyce, puis ça va être comme ça pour les intimes"», rapporte Mme Ottawa.

Joyce Echaquan est cette mère autochtone de 37 ans qui est décédée sous les insultes à l’hôpital de Joliette en septembre dernier. Elle avait filmé en direct sur Facebook ce qu’elle subissait, permettant de savoir ce qui s’était déroulé.

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Les infirmières du CLSC auraient également dit à la blague à Mme Ottawa qu’elles fouilleraient dans son cellulaire.

«Je me suis sentie humiliée et je me sentais triste un peu aussi. Je me disais que si je disais quoi que ce soit, peut-être que les soins qu’ils me donnent ici vont s’arrêter», précise-t-elle.

Joyce Echaquan est cette mère autochtone de 37 ans qui est décédée sous les insultes à l’Hôpital de Joliette en septembre dernier.

Photo Agence QMI, Mario Durieux

Joyce Echaquan est cette mère autochtone de 37 ans qui est décédée sous les insultes à l’Hôpital de Joliette en septembre dernier.

Des excuses de l’Assemblée nationale   

Ce nouveau cas de racisme envers une autochtone à Joliette a profondément choqué les élus de l’Assemblée nationale, qui ont présenté mardi des excuses à Mme Ottawa et aux autochtones. 

«Ce qui est arrivé cette fois-ci dans l'hôpital de Joliette est totalement inacceptable, totalement inacceptable, soyons clairs! C'est la deuxième fois!» s’est indigné mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé.  

Sa collègue Caroline Proulx a précisé que Mme Ottawa aura droit à des services de soin à domicile dès aujourd’hui.   

Les députés ont adopté mardi à l’unanimité une motion condamnant le racisme, notamment envers les personnes autochtones.   

«Que tous les membres de l’Assemblée nationale présentent leurs excuses à Jocelyne Ottawa ainsi qu’aux membres de la nation Atikamekw de Manawan et à l’ensemble des Autochtones pour les conséquences irréparables du racisme vécu dans les institutions de santé et de services sociaux du Québec», précise également le texte.   

Des appels à reconnaître le racisme systémique  

 Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a ressenti de la «honte» en prenant connaissance de cette histoire troublante.   

«Si jamais les faits sont confirmés, ça prend des sanctions exemplaires. La meilleure manière d'enrayer un comportement, c'est également d'envoyer un signal fort que ce n'est pas acceptable dans notre société et qu'il y a des conséquences pour les gens qui tiennent des propos racistes ou agissent de manière raciste», a-t-il réagi.   

Libéraux et solidaires demandent au gouvernement d’adhérer enfin au «Principe de Joyce», qui reconnaît le racisme systémique.   

Selon la cheffe libérale Dominique Anglade, il faut que François Legault nomme le problème pour le régler.

Manon Massé estime que le gouvernement a une preuve de plus que le temps presse de reconnaître la discrimination et le racisme systémique dans notre réseau de la santé. «On se retrouve encore dans une situation où il y a des gens qui se sentent libres d'exprimer des préjugés, et ça, c'est complètement inacceptable dans ma société», a fait valoir la cheffe parlementaire de Québec solidaire.   

- En collaboration avec TVA Nouvelles

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