Une série photo sur l’expression «hchouma», ou la honte, à travers une série de portraits de jeunes arabophones | 24 heures
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Une série photo sur l’expression «hchouma», ou la honte, à travers une série de portraits de jeunes arabophones

Image principale de l'article Des portraits inspirés du terme arabe «hchouma»
Crédit : Hamza Abouelouafaa

«Hchouma», vous savez ce que ça veut dire? C'est une expression arabe qui renvoie à la honte ou à un code moral à respecter. Le photographe montréalais Hamza Abouelouafaa et l'artiste multidisciplinaire Soukayna s’en sont inspirés pour proposer une série de portraits mettant en lumière une vingtaine d’histoires que ce mot a marquées. 

D’abord, l’expression n’a pas une définition précise, explique le photographe. Son sens peut prendre différentes formes en fonction des cultures et des interprétations. Mais, de façon générale, «hchouma» renvoie à un code de conduite.

Crédit : Hamza Abouelouafaa

«Ce qu’il ne faut pas faire, ce qui ne se fait pas en société, ce qui ne se fait pas dans le cercle familial ou à l’école, détaille Hamza Abouelouafaa. Mais ce n’est pas écrit. Chaque famille charrie ce mot-là différemment. Et c’est pour ça que je trouvais intéressant de recueillir différents témoignages. On est tous arabophones, mais on a tellement des vécus différents.»

C’est parce que son entourage a souvent été marqué par ce terme qu’il a voulu en faire une série de photos. Il souhaitait explorer les histoires particulières de jeunes arabophones, leurs expériences parfois difficiles et les moments où le mot «hchouma» a laissé sa trace dans leur vie.

Crédit : Hamza Abouelouafaa

«Je me tiens beaucoup avec des Maghrébins, pour la plupart queer ou appartenant aux différentes communautés LGBTQ+, et, souvent, c’est un mot qui, pour ces gens-là, était plus infamant, était plus un fardeau, explique le photographe montréalais d’origine marocaine. Parce que, dans leur recherche d’identité sexuelle ou dans leur affirmation de genre, le mot “hchouma” venait les empêcher de, justement, se découvrir eux-mêmes.»

«Moi, de mon côté, je fais partie d’une famille très libérale, donc je n’ai pas été trop entaché par le mot, mais je l’ai quand même vécu quand j’étais à l’école, se souvient-il. Il y avait certaines choses qu’on ne pouvait pas faire, comme boire de l’alcool. Ce n’était pas encouragé et mes amis me disaient que c’était “hchouma” de faire ça.»

Crédit : Hamza Abouelouafaa

Représenter des personnes arabes en art

La série de photos, présentée sur hchouma.net et accessible dans les pages Instagram du photographe et de Soukayna, propose ainsi une vingtaine de portraits, chacun accompagné d’un court témoignage.

Crédit : Hamza Abouelouafaa

«Pour parler de choses aussi immatérielles que la honte – c’est un tabou, au fond –, il n’y a pas vraiment d’autres moyens que de le voir dans le visage des gens, soutient Hamza Abouelouafaa. C’est inscrit en nous, ça nous accompagne depuis qu’on est petits. Donc, je trouvais ça super important de voir les gens.»

«Et c’est aussi une question de représentation, poursuit-il. On voit très peu de gens arabes en art, je trouve, au Québec. On n’en connaît pas trop, on n’en voit pas beaucoup. Et j’avais envie de montrer cette jeunesse, cette diaspora-là, à quoi elle ressemble. Pour moi, c’était important de les présenter.»

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