Les «super straights» prétendent faire partie de la diversité sexuelle: voici ce qu’il faut savoir | 24 heures
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Les «super straights» prétendent faire partie de la diversité sexuelle: voici ce qu’il faut savoir

Image principale de l'article Qui sont les «super straights»?
AFP

Des personnes hétéros qui ne perçoivent pas de potentiel amoureux ou sexuel avec les personnes trans se revendiquent «super straights». Ce terme est vivement critiqué par des activistes qui accusent les adeptes du mouvement de déguiser des comportements transphobes derrière cette nouvelle expression. 

C’est quoi les super straights?  

Les personnes super straights disent éprouver une attirance envers les personnes du sexe opposé au leur, et qui sont nées en étant identifiées ainsi. Par exemple, un homme «super straight» dit être attiré par les femmes, à l’exception des femmes trans.  

Où parle-t-on de ça?  

Le début du mouvement est attribué au TikTokeur Kyle Royce, dont le compte a été suspendu depuis. Il a diffusé le 6 mars dernier une vidéo sur TikTok dans laquelle il dit avoir créé une «nouvelle orientation sexuelle» pour ne pas être traité de transphobe quand il dit ne pas être attiré par les femmes trans. D’autres «coming out» ont suivi sur TikTok, principalement provenant d’hommes, et depuis, le mot-clic est fréquemment utilisé sur Twitter, Instagram et Facebook de la même façon.   

C’est quoi le problème?  

Selon des activistes qui ont pris la parole, le problème n’est pas que les super straights ne soient pas attirés par certaines personnes, mais bien qu’ils ne considèrent pas les femmes trans comme des «vraies» femmes. Le fondateur du mouvement, Kyle Royce, expliquait d’ailleurs dans une vidéo TikTok qu’il trouvait carrément que les femmes trans n’étaient pas de vraies femmes. D’autres internautes ont aussi partagé la même pensée.  

Comme d’autres activistes pour les droits des trans, le Youtubeur Jamie Raines a réagi au phénomène sur sa chaîne qui compte près de 700 000 abonnés. «Ce que la personne ne semble pas comprendre et qui est aussi très problématique, c’est que dire qu’une femme trans n’est pas une vraie femme, c’est ça la partie transphobe», dit-il. «Personne ne te force à être avec personne, mais dire que des femmes trans ne sont pas des femmes, c’est transphobe.»  

Est-ce que c’est sérieux?  

Plusieurs activistes se demandent à quel point les super straights sont sérieux, ou si certains veulent simplement troller la communauté LGBTQ.    

Des discussions sur le forum 4chan révèlent d’ailleurs que certaines personnes utilisent le mouvement super straights pour faire réagir la communauté LGBTQ et se moquer d’elle, et certains «coming out» sont clairement des blagues.  

Des super straights disent notamment qu’ils veulent en faire partie de la communauté LBGTQ, et disent même que les gens qui les traitent de transphobes sont «superphobes».   

Devant la controverse, le mot-clic #superstraight a été banni de TikTok, tout comme la vidéo et le compte de Kyle Royce. Sur les autres réseaux sociaux, il circule toutefois de plus en plus.   

Un manque d’éducation  

Selon le sexologue et psychothérapeute François Renaud, un manque d’éducation et de sensibilisation sont probablement à l’origine de ce désir d’affirmer ses préférences sexuelles en rejetant un groupe de personnes. Les super straights ne semblent pas reconnaître qu’ils vivent dans une société hétéronormative, où ils ne subissent pas de discrimination en lien avec leur orientation sexuelle.   

Ça ne veut pas dire qu’il faut complètement couper le dialogue avec eux, selon le spécialiste, au contraire. «Mettre une étiquette de transphobie, ça ferme rapidement le dialogue qui nous permettrait de comprendre pourquoi ces gens-là ressentent le besoin de s’identifier de cette façon-là», soulève-t-il.    

«Que ce soit légitime ou pas, respectueux ou pas, je pense que s’il faut changer les mentalités, il faut questionner l’idéologie derrière», avance-t-il.   

Les discours haineux émergent quand une personne subit de grandes insécurités identitaires, observe François Renaud.   

«Souvent derrière la transphobie, l’homophobie ou le racisme, il y a toute une question d’identité. Ces personnes-là se sentent menacées par le simple fait que des personnes trans, homosexuelles ou racisées existent, explique-t-il. D’une façon évidente ou subtile, eux-mêmes ils deviennent agressants et menaçants pour les personnes trans.»  

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