Regarder Netflix et parler sur Zoom, ça pollue, mais on peut limiter notre impact environnemental | 24 heures
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Regarder Netflix et parler sur Zoom, ça pollue, mais on peut limiter notre impact environnemental

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Illustration Julie Verville

On a passé la dernière année assis à notre ordinateur plutôt que dans un avion ou dans notre voiture, pris dans le trafic. Mais est-ce que la planète s’en porte mieux pour autant? Pas nécessairement.  

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Pourquoi? Parce que les soirées passées devant Netflix, les apéros sur Zoom et les réunions virtuelles avec les collègues, ça consomme de l’énergie. Beaucoup d’énergie, même. Et ça produit des émissions de gaz à effet de serre (GES).   

Tellement, qu’à l’échelle de la planète, le numérique est responsable de 4% des émissions de GES, selon The Shift Project. C’est plus que le secteur de l’aviation civile, qui compte pour 2% des émissions mondiales.    

Et mauvaise nouvelle: avec le télétravail qui s’est généralisé partout au Québec, notre consommation numérique n’a fait qu’augmenter.   

En 2020, 63% des adultes québécois estiment avoir passé plus de temps devant un écran comparativement à 2019, révèle l’enquête NETendances 2020 de l’Université Laval.     

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Si on continue à ce rythme, les émissions de GES liées au numérique pourraient d’ailleurs atteindre 8% des émissions globales d’ici 2025. «Le numérique a un impact environnemental qui croît à une vitesse qui n’est pas soutenable», mentionne le chargé de projet pour l’organisme Chemins de la transition, Martin Deron.     

Pourquoi c’est énergivore, internet?   

Internet et le numérique, ce n’est pas immatériel. C’est un réseau s’appuyant sur des infrastructures physiques, comme des serveurs ou des câbles sous-marins, qui consomment de l’énergie pour fonctionner. Et cette énergie produit des émissions de CO2.    

«Ce n’est pas encore un domaine qui est si visible à l’échelle du grand public. Il a encore une image très dématérialisée du numérique», mentionne M. Deron.  

AFP

 

Prenons l’exemple des vidéos que nous regardons à longueur de journée sur notre ordi ou notre téléphone intelligent. Le visionnement de vidéos sur des plateformes comme YouTube et Netflix compte pour près de 80% de toute l’utilisation d’internet et représente un cinquième de l’ensemble des émissions de carbone liées au numérique.    

C’est que 10 heures de films en haute définition consomment plus de données que tous les articles en anglais de Wikipédia, toujours selon The Shift Project. Et plus on consomme de données, plus on émet de GES. 

Comment peut-on se sensibiliser à l'impact environnemental du web?        

En France, on cherche justement des moyens pour sensibiliser les internautes à l’impact d’internet sur la planète. Dans le cadre d’un projet de loi portant sur la lutte au changement climatique, des élus ont proposé d’afficher l’impact carbone des vidéos visionnées sur des sites de lecture en continu.     

De telles initiatives ont même déjà été mises de l’avant par certains services de diffusion en continu, rapporte le site d’information français Numerama.    

C’est le cas du site MyCanal, qui évalue l’empreinte écologique des visionnages en fonction de la définition de la vidéo choisie par l’usager (480p, 720p ou 1080p/4K). Par exemple, en choisissant 720p plutôt que la définition maximale, le visionnement serait 35% plus économe en émissions de CO2, et 70% si on sélectionne 480p.    

Ce genre d’information n’est toujours pas disponible sur les plateformes comme Netflix, Crave ou encore Disney+. 

Attention aux ordis et aux téléphones   

Mais est-ce que c’est une bonne idée de nous sensibiliser à l’impact environnemental de nos habitudes numériques? C’est un premier pas vers la bonne direction, mais ça ne doit pas servir d’écran au vrai problème, insiste Martin Deron.     

Et c’est quoi, le vrai problème? C’est nos ordinateurs et nos téléphones cellulaires, que nous remplaçons de plus en plus fréquemment. La fabrication de ces appareils représente une part importante de l’empreinte carbone du numérique.      

Photo Adobe Stock

On ne conserve nos téléphones intelligents en moyenne qu’un an et demi, souligne le chercheur. On n’attend plus qu'ils cessent de fonctionner pour les remplacer par des modèles plus récents ou plus performants.      

Si on est en partie responsable, les compagnies sont, elles aussi, à montrer du doigt, précise M. Deron. Elles nous encouragent à remplacer nos appareils plus souvent en commercialisant de nouveaux modèles ou en cessant de proposer des mises à jour pour les modèles plus anciens, par exemple.   

On peut penser à Apple, qui, en 2017, avait accepté de verser jusqu’à 500 M$ à des propriétaires de vieux modèles d’iPhone. Ces derniers accusaient la multinationale d’avoir volontairement réduit la performance de ses appareils pour les inciter à les remplacer.   

Une fois que l'on sait tout ça, on fait quoi pour limiter notre empreinte numérique?   

On adapte nos habitudes de consommation numérique. En priorisant, par exemple, les usages essentiels (le travail, les finances personnelles, etc.) et en limitant ceux qui ne le sont pas (le visionnement de séries ou de contenus pornographiques).  

Voici six autres conseils faciles pour réduire l’impact de sa consommation numérique:   

  • Allonger l’espérance de vie de nos appareils et conserver nos cellulaires et nos ordinateurs plus longtemps avant de les remplacer;                 
  • Réparer ses appareils électroniques plutôt que les remplacer;               
  • Réduire ses visionnements de vidéos en ligne à une heure par jour;                 
  • Ne pas autoriser la lecture automatique des vidéos;               
  • Télécharger sa musique plutôt que de l’écouter en ligne;                  
  • Éviter de s’abonner à des infolettres inutiles.                  

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