Une serre chauffée par des ordinateurs veut être le modèle d’avenir de l’agriculture locale | 24 heures
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Une serre chauffée par des ordinateurs veut être le modèle d’avenir de l’agriculture locale

Pour l’entrepreneur Jonathan Forte, ça devrait être illégal de ne pas recycler la chaleur produite par l’industrie informatique.

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Pour l’entrepreneur Jonathan Forte, ça devrait être illégal de ne pas recycler la chaleur produite par l’industrie informatique. On a visité son prototype de serre dans laquelle la chaleur produite par un centre de traitement de données est recyclée pour faire pousser des fraises en hiver.

«Ça pourrait devenir très mal vu de rejeter sa chaleur à l’avenir», croit le résident de Lévis, qui est PDG d’Opération Phoenix, une firme qui loue de l’équipement informatique. 

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À la base, l'entreprise de Jonathan Forte est purement informatique. Ses clients de partout à travers le monde louent à distance ses ordinateurs très puissants, qui font des calculs pour leurs entreprises. «On peut les utiliser pour miner des cryptomonnaies, ou encore faire des calculs scientifiques très rapidement», résume-t-il.

Dans la dernière année, il a même loué de ses processeurs à une université américaine dont une chaire menait des recherches sur la COVID-19. 

Si vous cherchez encore le lien avec les fraises, c'est que Jonathan Forte a rapidement réalisé qu'en calculant jour et nuit, ses ordis génèrent énormément de chaleur. «Là où je les entrepose, ça peut atteindre 40 à 45 degrés en 20 minutes si on évacue pas la chaleur», explique l’entrepreneur. 

Et c’est le cas de tous les centres de données dans le monde. À l’échelle mondiale, les infrastructures qui supportent le web seraient responsables de 2% des émissions de gaz à effet de serre, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie de France. Cette proportion pourrait même monter à 14% d’ici 2040 selon certaines projections. Jonathan Forte ne veut plus participer à cette immense empreinte carbone.

Jonathan Forte s’est donc allié avec le Caveau à légumes de Neuville, une ferme locale, pour chauffer leur serre à l’aide d’un tuyau qui y achemine l’air chaud de ses ordinateurs. «Ce serait impossible de faire du profit avec des fraises en hiver s’il fallait payer pour se chauffer», explique Mélissa Girard, agronome de formation qui travaille au Caveau à légumes. 

La seule facture d’électricité, c’est celle que Jonathan Forte paye pour faire fonctionner ses ordinateurs, et il l’acquitte très bien tout seul, un scénario gagnant-gagnant pour la ferme et pour l’entrepreneur, qui n’a eu qu’à installer ses ordinateurs à côté de la serre. 

Prêt à faire un projet 10 fois plus gros  

Selon Jonathan Forte, le Québec a «un examen de conscience» à faire au niveau de son agriculture locale. Il devrait y avoir plus de serres et plus de «projets circulaires» où des entreprises aident les agriculteurs à produire des aliments locaux. 

Aujourd’hui, Jonathan Forte se dit prêt à passer à la prochaine étape avec une serre beaucoup plus grosse. «1575 plants de fraises, c’est très peu. Je me vois participer à un projet dix fois plus gros», raconte-t-il.

Si en hiver il chauffe une serre, il imagine qu’à l’avenir il sera aussi possible d’alimenter des séchoirs alimentaires durant l’été, une saison où les serres s’en tirent très bien avec la lumière du soleil. «Il faut sécher les grains, les céréales, plusieurs fruits et légumes aussi à l’année longue», explique-t-il. 

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