Dans l’univers musical de Jerr Allain | 24 heures
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Dans l’univers musical de Jerr Allain

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Sébastien Dorion

En marge des circuits d’humour traditionnel, l’humoriste Jerr Allain a amassé, au fil des années, une légion de fans fidèle prête à le suivre partout. Ou presque.

  • Images : Sébastien Dorion

Et, refrain connu, la pandémie est arrivée.

Lui qui avait l’habitude, comme Gerry, de pousser ses blagues avec sa voix brisée par l’alcool au cours de nombreuses nuits folles, s’est retrouvé à devoir réorienter ses activités pour rester en contact avec son public. 

Heureusement, il tient toujours la barre de son What’s Up Podcast! qui lui a d’ailleurs valu une nomination aux Oliviers. 

Sans filtre, Jerr Allain m’a raconté ses angoisses, suggéré ses classiques musicaux du lendemain de brosse et jasé de la suite des choses. 

Tu as déjà dit que tu serais incapable d’arrêter de faire de la scène. Comment t’as vécu la pandémie?

Pour vrai, ça m’a fait tellement de bien. Je me sens tout le temps mal de dire ça quand tu vois les infirmiers, les infirmières, tous ceux qui travaillent dans le système de santé qui en arrache. Je me sens mal de dire que pour moi c’était des vacances. 

Des vacances? Comment ça? 

Parce que je n’ai jamais arrêté. Depuis mon passage à Sous écoute en 2017, j’ai eu un gros buzz que je n’ai jamais voulu lâcher. J’ai tout le temps eu peur de le perdre. Et, moi, je n’ai pas de gérant alors je m’occupe de tout: louer les salles, la promo, les relations de presse, le montage, la réalisation du podcast. Je m’approchais de l’épuisement professionnel! 

Est-ce que tu as dû annuler des shows importants?

Quand la pandémie est arrivée, le 12 mars, la première restriction a été donnée. Tous les shows de 250 personnes et plus dans un endroit clos étaient interdits. C’était la veille de ma fête et le jour de mon spectacle au Club Soda que j’avais rempli une deuxième fois! Cette journée-là, j’ai pleuré. Je faisais des crises d’anxiété.

Est-ce que ç’a été difficile de garder ton fanbase actif?

Non. Je le fais d’une autre façon à travers les médias sociaux. Y a ben du monde qui me demande «Hé c’est la fête à mon cousin! Il tripe sur toué! Veux-tu l’insulter en vidéo?» Des affaires de même, ça me fait plaisir. 

Est-ce que tu bois plus depuis la pandémie?

Durant le premier confinement, je faisais trois blackouts par semaine. J’ai quand même toujours été conscient des dommages et de l’impact que ça peut avoir sur moi. Depuis l’été, j’ai vraiment commencé à moins boire. Parce que les crises d’anxiété sont de plus en plus fréquentes. Elles sont plus intenses. Si j’arrête un jour, ça va sûrement être à cause de ça. 

Comment tu choisis les tounes pour ton entrée en scène?

Quand je faisais le Club Soda, je mettais The Hammer And The Nail de Dance Laury Dance. J’essaie d’avoir une petite pensée québécoise, locale. On en fait de la bonne musique, mais on dirait qu’on a tendance à l’oublier facilement. 

Quand tu fais de la route, tu écoutes quoi?

L’été, j’aime bien écouter We are the People d’Empire of the Sun. Le remix de Tomorrowland. Quand je fumais du pot, je badtrippais souvent. Mon truc pour «débuzzer» c’était de danser sur cette musique-là. 

Aussi, sur la route, il y a tout le temps City and Colour qui va jouer. Harder than Stone, c’est le genre de tounes qui est smooth. Hangover, ça fait du bien. (Rires)  

Qu’est-ce que tu écoutais quand tu étais ado?

Crawling de Linkin Park. Je l’ai-tu écoutée cette toune-là pendant que je lisais des Dragon Ball!? Le rap des années 90 aussi. Party & Bullshit (where the party at) de Biggie Smalls, ça c’est un classique! California Love de 2Pac, Tequila Sunrise de Cypress Hill. C’est à cause de mon frère que j’aime toute cette musique-là. J’ai grandi avec ça: Dr.Dre, Eminem, Cypress Hill, Psycho Realm, Snoop Dogg, N.W.A., Ice Cube, Xzibit. 

Aujourd’hui, quel genre musical écoutes-tu que tu as découvert plus tard? 

J’adore le country! Depuis un an ou deux peut-être. J’aime bien le classique Chicken Fried de Zac Brown Band: (chantant) «You know about a Chicken Fried... Cold beer on friday night, a pair of jeans that fit just tight...» Ça, c’est une toune d’été! Même ceux qui n’aiment pas le country aiment cette chanson-là! 

Une découverte récente?

Entonnoir de Clément Jacques, je l’aime vraiment beaucoup. Ce n’est pas sa plus connue. La plus connue, c’est Ariane. Mais moi c’est Entonnoir qui me parle. La mélodie, la voix derrière. J’aime ce genre de musique-là qui est un peu sentimentale mais qui reste bad ass

As-tu accumulé beaucoup de nouveau matériel depuis que tu ne fais pas de show?

J’ai écrit une nouvelle demi-heure. Et le show qui va sortir risque d’être le show dont je suis le plus fier. Je l’ai écrit avec cette pensée-là derrière de la tête: «Est-ce que tu as été au fond des choses? Pourquoi tu penses ça?» Je me remets beaucoup en question et je pense que c’est une des plus belles qualités pour un humoriste. 

Pour les prochaines semaines, prochains mois, qu’est-ce qui s’en vient? 

Ce serait cool de recommencer les spectacles. Cet été et au début de l’automne, j’ai fait une tournée. Tous les shows se sont bien passés. Il y avait du monde qui venait me voir et me disait «Merci man pour tout ce que tu as fait durant la pandémie: les live, les tournois de beer pong, les shows, les conneries, les vidéos... Ça fait vraiment du bien parce que j’ai vraiment eu des idées noires durant la pandémie.» C’est là que j’ai compris à quel point la solitude fait des victimes aussi. 

Pour suivre les nombreux projets de Jerr Allain, mieux vaut le suivre au facebook.com/JerrGangsterAllain. Pour une sélection musicale inspirée des goûts musicaux de l’humoriste (et encore plus), ça se passe au qubmusique.ca

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