Ces produits d'hygiène sont délaissés par la population depuis le début de la pandémie | 24 heures
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Ces produits d'hygiène sont délaissés par la population depuis le début de la pandémie

Julien Morissette, employé d’une pharmacie Proxim à Montréal, se rappelle bien les pénuries de produits au début du premier confinement. Il assure que la situation est un peu plus normale après un an de pandémie.
Photo Francis Pilon

Julien Morissette, employé d’une pharmacie Proxim à Montréal, se rappelle bien les pénuries de produits au début du premier confinement. Il assure que la situation est un peu plus normale après un an de pandémie.

Plusieurs consommateurs ont mis le rouge à lèvres et le rasoir aux oubliettes depuis le début de la pandémie, selon de récentes données sur les produits d’hygiène vendus au Canada obtenues par Le Journal. 

Les Canadiens semblent surtout bouder leur trousse de soins de beauté depuis l’arrivée de la COVID-19. Le secteur des cosmétiques a été durement frappé, selon le Cabinet Nielsen spécialisé dans la compilation de ces données. 

«On peut se douter qu’avec un masque, il y a peu de motivations à dépenser pour prendre soin de notre face. Les compagnies de cosmétiques ont vu leurs ventes affectées parce que la moitié du visage est couvert constamment», constate Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politiques agroalimentaires à l’Université Dalhousie.

Nielson fournit, entre autres, aux distributeurs des grandes chaînes un suivi des performances des produits en magasin. Le groupe américain a compilé pour Le Journal des données sur des articles d’hygiène vendus au Canada.  

Sans surprise, les produits qui contribuent à diminuer la propagation de la COVID-19 ont la cote depuis mars 2020. 

«La pandémie [...] et sa propagation affectent encore le comportement d’achat des consommateurs dans le monde entier. Le Canada n’est pas différent», explique le VP de Nielsen pour l’est du Canada, Francis Parisien.


LE SAVON LIQUIDE FAIT MOUSSER SES VENTES  

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Les autorités ont rappelé à plusieurs reprises aux Canadiens l’importance de se laver les mains et de nettoyer les surfaces pour éviter la présence de la COVID-19 à la maison. 

La vente des savons liquides a donc bondi de 81% depuis un an. 

«C’est énorme, soutient Sylvain Charlebois. Il faut se rappeler qu’au début du confinement, on faisait face à beaucoup d’inconnus. Les gens ne savaient pas quand ils pourraient retourner à l’épicerie par exemple. Tout ça les a incités à acheter plus aussi. Mais à mon avis, en ce moment, les choses se sont pas mal calmées», ajoute-t-il.


TRÈS BIEN DÉSINFECTER

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Durant la dernière année, les ventes de désinfectant pour les mains ont explosé de 512%, record des hausses. 

«Tout ce qui est gel hydroalcoolique comme le Purell, on doit tenir un bon inventaire depuis le début de la pandémie. Chose qu’on ne faisait pas avant», affirme Julien Morissette, un agent de chez Proxim. 

Le professeur Sylvain Charlebois n’est pas surpris de cette hausse vertigineuse. 

«Avec ces chiffres, on voit très bien que le savon ou le gel sont plus importants que les cosmétiques par exemple pour la santé. Pour tout ce qui permet de se protéger du virus, il n’est pas étonnant de voir une hausse», mentionne-t-il.


ON FROTTE MOINS SON DÉODORANT  

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En télétravail à la maison et privés des gyms, les consommateurs ont tendance à acheter moins de déodorant.

Ce rayon a enregistré une diminution de 6% depuis mars 2020. 

«Je ne suis pas surpris de voir ces chiffres-là. Les gens travaillent de la maison et font des Zoom. Ils font donc le minimum par rapport aux soins corporels», commente le professeur Sylvain Charlebois. 


AU REVOIR COSMÉTIQUES!  

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Les Canadiens ont rapidement compris que le rouge à lèvres et le maquillage ne font pas bon ménage avec les masques. 

La vente de cosmétiques a chuté de 15% durant la dernière année au pays. 

En France, le Cabinet Nielsen a aussi constaté que les ventes de produits de maquillage des lèvres ont diminué de pas moins de 82%. 


DÉFAITE DE LA GUERRE AUX POILS  

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À voir les statistiques du Cabinet Nielsen, plusieurs Québécois et Canadiens semblent ne plus vouloir faire la guerre à leurs poils depuis qu’ils sont confinés.

Les ventes de produits de rasage ont chuté de 4% au Canada depuis mars 2020.

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