Soucieuses de l’environnement, elles ramassent des milliers de masques | 24 heures
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Soucieuses de l’environnement, elles ramassent des milliers de masques

Ces deux amies de longue date espèrent que leur geste sera imité ailleurs

Équipées de pinces et d’un sac réutilisable, Elizabeth Barbosa et Alcina Lopes ne ménagent pas leurs efforts et ramassent les masques qui jonchent les sentiers du parc Jarry à Montréal.
Photo Martin Alarie

Équipées de pinces et d’un sac réutilisable, Elizabeth Barbosa et Alcina Lopes ne ménagent pas leurs efforts et ramassent les masques qui jonchent les sentiers du parc Jarry à Montréal.

Nécessaires pour se protéger du virus, les masques chirurgicaux sont cependant en train de devenir une véritable catastrophe écologique, au grand dam de deux Montréalaises qui ont décidé de nettoyer leur quartier de ces morceaux de tissus gênants. 

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« Je ne suis pas toujours d’accord avec le gouvernement, mais ça me sert à quoi d’aller manifester ? J’ai décidé de transformer toute cette énergie négative en quelque chose de positif », résume Elizabeth Barbosa, qui a perdu son emploi dans un organisme de charité en novembre, à cause de la crise sanitaire. 

Égouts et océans

Sa meilleure amie, Alcina Lopes, souffre pour sa part d’un épuisement professionnel depuis la première vague, à l’instar de plusieurs de ses collègues dans le secteur de la santé.

Pour chasser l’ennui, les deux quinquagénaires se sont donc mises à faire de longues marches dans Villeray, le quartier où elles habitent. Elles ont alors pu constater que des tonnes de masques chirurgicaux étaient jetées chaque jour au sol. 

« Ça se ramasse dans les égouts et ça finit dans les océans. Ça prend des centaines d’années à se décomposer », s’insurge Mme Barbosa, qui a toujours eu la fibre environnementale.

Les deux amies de longue date ont décidé de passer à l’action et ont commencé à ramasser les masques qui traînent en arpentant le parc Jarry et les rues de leur quartier, d’abord avec un bout de bois, puis avec une pince.

« Depuis décembre, on en a ramassé environ 1400. Et depuis que la neige fond, on en trouve plus de 200 par jour, même si on ne fait ça qu’une heure environ cinq fois par semaine. Imaginez combien il y en a ! » témoigne Mme Barbosa, qui espère que leur initiative se répandra dans d’autres quartiers et dans d’autres villes.

Problème mondial 

Tout le tissu et le plastique qu’elles amassent finira malheureusement aux vidanges, ce qui reste polluant, bien que ce qui soit toujours mieux que dans la rue.

« Il aurait fallu que le gouvernement homologue des couvre-visages réutilisables aussi efficaces que les masques jetables », déplore Coralie Barbier, porte-parole de la campagne contre la pollution plastique chez Greenpeace Canada.

Actuellement, on observe plutôt l’inverse. Partout dans le monde, les experts médicaux tendent en effet à déconseiller le couvre-visage, lui préférant le masque traditionnel. 

Conséquence : l’International Solid Waste Association estime que la consommation de plastique jetable a bondi entre 250 % et 300 % depuis le début de la pandémie à l’échelle planétaire.

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