Masques, plexiglas, blouses: il y a des solutions pour recycler les équipements de protection contre la COVID-19 | 24 heures
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Masques, plexiglas, blouses: il y a des solutions pour recycler les équipements de protection contre la COVID-19

Image principale de l'article Possible de recycler les équipements de protection
Photomontage: Marilyne Houde

Tous les moyens sont bons (ou presque!) pour se protéger contre la COVID-19, des masques de protection aux panneaux de plexiglas aux caisses à l’épicerie. Mais une fois que la pandémie de COVID-19 sera derrière nous, on va faire quoi avec tous ces équipements de protection? 

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Dans le monde prépandémique, on ne se souciait pas tellement du recyclage de ces équipements de protection, parce qu’on les consommait en bien moins grande quantité. Mais après un an de pandémie, de mesures sanitaires et de port du masque généralisé, la question de leur récupération se pose. 

Chez RECYC-QUÉBEC, on réfléchit justement sur la façon de commencer à recycler les matières qui seront laissées derrière par la pandémie, pour ainsi limiter leur impact sur l’environnement. Et le temps presse de plus en plus. 

Voici un tour d’horizon de quelques solutions qui existent au Québec pour recycler les masques, le plexiglas et les autres équipements de protection que nous utilisons. 

Qu’est-ce qu’on peut faire avec le plexiglas?  

Les panneaux de polyméthacrylate de méthyle (mieux connu sous le nom de plexiglas), qui ont pris d’assaut nos commerces depuis avril dernier, pourraient nous causer des maux de tête lorsqu’on voudra s’en débarrasser. En effet, il n’y a personne au Québec qui recycle le plexiglas, considéré comme un plastique n° 7. 

C’est parce qu’avant la pandémie, le volume de plexiglas dont on souhaitait se débarrasser était minime. «Ce n’était pas économiquement très intéressant pour une entreprise de se lancer dans ce type de recyclage», explique le professeur en génie chimique et spécialiste du recyclage à l'Université Laval, Denis Rodrigue.   

Même si c’est compliqué et coûteux de recycler du plexiglas, il existe des solutions: le recyclage mécanique et le recyclage chimique.         

  • On pourrait d’abord faire fondre le plexiglas pour produire un nouveau matériau (recyclage mécanique).         
  • On pourrait défaire les molécules de plastique pour extraire le pétrole utilisé dans la fabrication du plexiglas, afin d'en reproduire ou de produire un autre matériau (recyclage chimique).               

Si aucune entreprise ne souhaite se lancer dans le recyclage de panneaux de plexiglas, on pourrait toujours les brûler pour en faire de l’énergie, affirme M. Rodrigue. Le plexiglas n’est pas nocif pour la santé ou pour l’environnement, il n’y a donc aucun danger à le brûler.   

Selon lui, ce serait toutefois une opportunité d’affaires ratée, puisqu’il va y avoir de l’argent à faire avec le recyclage de ce matériau.   

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Qu’est-ce qu’on peut faire avec les masques?  

Des millions de masques à usage unique ont déjà été envoyés au dépotoir, et des millions d’autres pourraient s’ajouter au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Mais heureusement, des entreprises d’ici ont trouvé des solutions pour les récupérer.   

À Magog, l’entreprise MedSup, grâce à son projet Go Zéro, affirme être en mesure de recycler 90% de la matière qui compose les masques de procédure, chirurgicaux et de type N95.   

Une fois le masque décontaminé, voici comment il est recyclé:         

  • La tige métallique, qui est la plupart du temps en aluminium, est retirée et envoyée chez des recycleurs.         
  • Le masque est envoyé chez Exxel Polymers, à Bromont. L’entreprise les transforme en billes de plastique, qui seront ensuite revendues puis transformées, par exemple, en bacs de plastique.         
  • L’élastique ne peut pas être recyclé pour le moment, mais MedSup les conserve en attendant de trouver une solution.               

Le directeur du projet Go Zéro, Pierre Alarie, s’attend à pouvoir récupérer des masques partout au Québec grâce à différents partenaires.   

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Qu’est-ce qu’on peut faire avec les autres équipements de protection?  

Et qu’en est-il des autres équipements de protection individuelle (ÉPI), comme les blouses, les gants ou les visières que l’on retrouve principalement dans les hôpitaux?   

Il y a actuellement un projet pilote en collaboration avec le CIUSSS de l’Estrie – CHUS, l’Université de Sherbrooke, CRB Innovations et MGA Environnement pour recycler ces équipements.   

Les masques [éventuellement n’importe quel ÉPI] sont récupérés par MGA Environnement. Ils sont ensuite broyés et mélangés avec de la biomasse forestière pour en faire un matériau composite pouvant servir à fabriquer des panneaux de revêtement. 

Il existe toutefois un défi de taille, selon le fondateur de MGA, Martin Gagnon. «C’est la gestion du volume. Il faut être capable de gérer de gros volumes pour peu de masse», résume-t-il. 

C’est parce qu’une fois compressés, les masques ou les blouses pèsent 50 kilogrammes par mètre cube, comparativement à 350 kilogrammes par mètre cube pour de la biomasse forestière. L’entreprise devra donc traiter des volumes très importants d’équipements de protection qui, finalement, représenteront peu de masse.    

Le projet pilote, qui est actuellement en phase de démarrage, prévoit aussi de faire de la valorisation énergétique avec les ÉPI, c’est-à-dire créer de l’électricité ou de la chaleur en brûlant les matériaux, ou encore produire du gaz synthétique, comme de l’éthanol.   

Même si certains jugent que la valorisation énergétique n’est pas une vraie solution environnementale, pour M. Gagnon, c’est une meilleure solution que l’élimination ou l’enfouissement, pur et simple, des résidus. 

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