GNL Québec hausserait les émissions de GES et pourrait ralentir la transition énergétique: ce qu’il faut retenir du rapport du BAPE | 24 heures
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GNL Québec hausserait les émissions de GES et pourrait ralentir la transition énergétique: ce qu’il faut retenir du rapport du BAPE

Image principale de l'article Le BAPE critique sévèrement GNL Québec
Photo courtoisie

Pas de baisse des émissions de GES, un obstacle à la transition énergétique, peu de retombées pour le Québec, des risques pour les bélugas dans le fleuve Saint-Laurent: le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) émet de sérieuses réserves sur le projet GNL Québec. Voici ce qu'il faut retenir du rapport rendu public ce matin.  

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Pas de réduction des émissions de GES mondiales   

Les promoteurs de GNL Québec ont largement insisté sur le fait que l’exportation du gaz naturel liquéfié permettrait de diminuer l’utilisation de sources d’énergie plus polluantes comme le charbon ailleurs dans le monde. Le premier ministre François Legault avait également repris cet argument. 

Par contre, le rapport du BAPE conclut au contraire. «La commission est d’avis que le gouvernement ne peut escompter des réductions nettes de GES au niveau mondial», peut-on lire dans le rapport rendu public mercredi. 

«La valeur de référence associée au projet qui devrait être retenue pour la prise de décision gouvernementale serait plutôt un ajout net d’émissions de GES, bien que la commission ne puisse l’établir de manière précise», écrivent les commissaires. 

GNL Québec nuirait à la transition énergétique   

Il serait faux de prétendre que le projet GNL Québec puisse s’inscrire dans la transition énergétique, conclut également le rapport du BAPE. Il s’agit là d’un autre argument soutenu par les promoteurs du projet.

Les commissaires citent notamment l’Agence internationale de l’énergie, qui émet «des réserves sur le rôle de l’industrie gazière comme acteur de la transition énergétique, parce que cette industrie est elle-même une source importante d’émissions de GES». 

En plus, l’adhésion à long terme des pays clients aux infrastructures de GNL Québec pourrait avoir pour effet de «verrouiller» leurs choix énergétiques, ajoutent les commissaires. 

«Ce faisant, la transition de ces pays vers une économie sobre en carbone pourrait en être retardée.» 

Le président du BAPE sur GNL Québec, Denis Bergeron

ROGER GAGNON / AGENCE QMI

Le président du BAPE sur GNL Québec, Denis Bergeron

Les retombées les plus importantes pour l’Ouest canadien   

Sur le plan économique, le BAPE est d’avis que, durant les quatre années de construction, les retombées pourraient être importantes pour le Saguenay et pour le reste du Québec. Par contre, à partir de la phase d’exploitation, c’est surtout l’Ouest canadien qui en bénéficierait. 

«En phase d’exploitation, les retombées économiques les plus importantes se manifesteraient surtout dans l'Ouest canadien, dans l’industrie de production du gaz naturel», indiquent les commissaires. 

Québec doit terminer dans les prochaines semaines une analyse environnementale du projet de liquéfaction de gaz naturel au Saguenay. Le ministre Charette doit faire sa recommandation au Conseil des ministres d’ici la fin de l’été. 

Inquiétudes pour les bélugas dans le Saint-Laurent   

Le gouvernement devrait tenir compte des risques que le trafic maritime peut entraîner pour «les mammifères marins qui fréquentent le Saguenay et l’estuaire du Saint-Laurent, notamment le béluga», selon le rapport du BAPE. 

Photo Courtoisie

Les commissaires ajoutent que «les effets cumulatifs découlant des autres composantes du projet devraient être pris en compte, soit le gazoduc [...] et la ligne d’alimentation électrique, ainsi que les autres projets en développement dans la zone industrialo-portuaire de Saguenay».

Acceptabilité sociale   

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale, le Parti libéral, Québec solidaire et le Parti québécois, s’opposent au projet, et un sondage dévoilé mardi révélait que plus de la moitié des Québécois (52%) ont une opinion «défavorable» du projet GNL Québec

Photo d'archives, AGENCE QMI

La commission a indiqué qu’elle n'avait «pas été en mesure de se prononcer sur l’acceptabilité sociale [...] du projet, même si, globalement, selon l’analyse qu’elle en a faite, la somme des risques afférents au projet dépasse celle de ses avantages». 

Elle ajoute par contre que la polarisation que suscite GNL Québec risque de perdurer, peu importe la décision du gouvernement, et qu’un «suivi devrait être envisagé par les autorités publiques, particulièrement dans le milieu d’accueil».

Des groupes environnementaux appuient les conclusions du BAPE 

Une vingtaine d’organismes environnementaux ont appuyé mercredi après-midi les conclusions du rapport du BAPE. Dans un communiqué de presse commun, il demande au gouvernement de refuser dès maintenant le projet GNL Québec. 

Les organismes signataires, dont la Coalition Fjord, Greenpeace Canada, Équiterre, Eau Secours, ENvironnement JEUnesse et la Fondation David Suzuki, indiquent qu’il «est clair que GNL Québec ne pourra jamais rencontrer les conditions émises par le gouvernement, qu’il s'agisse de contribuer à diminuer les émissions mondiales de GES ou de rencontrer l’acceptabilité sociale. Le gouvernement doit en prendre acte et refuser catégoriquement le projet dans les plus brefs délais.» 

C'est quoi, GNL Québec?     

Le projet GNL Québec serait composé d’un gazoduc de 782 km qui transporterait du gaz naturel provenant de l’Ouest canadien et d’une usine de liquéfaction au Saguenay. Une fois liquéfié, le gaz naturel serait transporté par bateau, ou plutôt par des super-méthaniers, partout dans le monde. 

Bien que le gazoduc soit essentiel au projet, l’évaluation du BAPE ne portait que sur l’usine de liquéfaction au Saguenay.

– Avec les informations de Charles Lecavalier, Le Journal

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