Un prof de l'Université d'Ottawa accusé de «Québec bashing»: voici tout ce qu'il faut savoir | 24 heures
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Un prof de l'Université d'Ottawa accusé de «Québec bashing»: voici tout ce qu'il faut savoir

Image principale de l'article Tout ce qu'il faut savoir sur l'affaire Attaran
Photo d'archives

Un professeur de l’Université d’Ottawa est accusé de faire du «Québec bashing», après avoir qualifié la province d'«Alabama du Nord» et François Legault de «suprémaciste blanc». Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette affaire, alors qu'un professeur refuse désormais de collaborer avec l'université.

Le Québec pratique un «lynchage médical» envers les Autochtones  

Le 16 mars dernier, Amir Attaran, qui est professeur à la Faculté de droit et à l’École d’épidémiologie et de santé publique de l’Université d’Ottawa (UO), a décoché plusieurs flèches à l'endroit du Québec, en réaction aux propos racistes tenus par deux infirmières du CLSC de Joliette envers une femme attikamek. 

Dans une série de messages publiés sur Twitter, il a notamment accusé le Québec de faire du «lynchage médical» envers les autochtones, traitant la province d'«Alabama du Nord». 

François Legault, un «suprémaciste blanc»         

Le professeur n’en était pas à ses premières critiques à l'endroit du Québec sur les réseaux sociaux. Le 14 février dernier, il avait qualifié François Legault de «suprémaciste blanc», soutenant que le premier ministre avait choisi le mot «radical» pour décrire les gens qui s’opposent au racisme. 

«Ça va faire, le Québec bashing», dit Trudeau   

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a lui aussi dénoncé les propos du professeur. «Ça va faire, le Québec bashing», a lancé la semaine dernière le chef libéral.  

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À ses côtés, le premier ministre Legault s'est dit «déçu» que l’Université d'Ottawa n’ait pas «condamné les propos de son prof». 

L'UO ne condamne pas les propos, avant de changer d'avis        

L'Université d'Ottawa (UO) a d'aborrd indiqué qu’elle se dissociait des propos de son professeur, mais qu'elle ne les condamnait pas, ajoutant qu'aucune sanction n'était envisagée. 

Puis, l'UO a finalement changé d'avis en condamnant sans équivoque les propos de leur professeur dans une vidéo, mercredi. «Le ton, les procédés rhétoriques et la forme outrancière de certains gazouillis publiés ces derniers jours – et qui reproduisent certains préjugés envers le Québec et les Québécois – sont rigoureusement inacceptables», a lancé le recteur Frémont.

«Dans toutes les situations, l’Université vise à protéger la liberté d’expression des uns et des autres, une valeur chère sur tous les campus, et à empêcher la censure», a tranché le recteur, Jacques Frémont.

Verushka Lieutenant-Duval outrée          

La professeure qui a été suspendue par l'Université d'Ottawa en octobre 2020 pour avoir utilisé le «mot en N» en classe, Verushka Lieutenant-Duval, s'est dite outrée que son collègue s'en tire sans aucune sanction. 

«Si Attaran s’en tire sans sanction, alors que ses propos sont racistes, et que moi, pour avoir fait mon travail, dans un cours où mon syllabus avait un avis annonçant qu’il y aurait des contenus sensibles au programme, cette position de l’UO fait froid dans le dos!» a-t-elle écrit sur Facebook. 

Une pétition a été lancée     

Une pétition qui a récolté plus de 4000 signatures a été lancée cette semaine pour demander la démission du recteur Jacques Frémont et celle du professeur Amir Attaran de l’Université d’Ottawa, en raison de propos que ce dernier a tenus sur Twitter, associant le Québec à une société raciste.

«L’inaction du recteur de l’Université d’Ottawa dans l’affaire Attaran, de même que son action rapide et démesurée pour le cas de Mme Lieutenant-Duval [professeure suspendue en octobre 2020] illustrent toute son incompétence et son mépris envers les Québécois», peut-on lire dans la pétition lancée par Louis-Joseph Brouillard.

Un professeur coupe les ponts   

Un professeur de mathématique de l'Université de Montréal (UdeM), François Lalonde, refuse désormais de collaborer avec l'UO, dégouté par les propos d'Amir Attaran. Il réclame d'ailleurs la démission du recteur Jacques Frémont pour la différence de traitement entre cette histoire et celle de Mme Lieutenant-Duval. 

«Je ne conseillerai plus à mes étudiants au doctorat et à mes postdoctorants du monde entier d’aller compléter leurs études à l'Université d’Ottawa. Sous la gouvernance de Monsieur Frémont, l’Université d’Ottawa a perdu sa réputation d’université de savoir, de connaissances et de recherches», a-t-il indiqué. 

Des propos condamnés au Québec  

Les propos de M. Attaran ont beaucoup fait réagir au Québec et ont été condamnés par la classe politique. 

Catherine Fournier et Mathieu Lacombe

La députée indépendante Catherine Fournier et le ministre de la Famille et diplômé de l'Université d'Ottawa Mathieu Lacombe ont qualifié le professeur de «caricature». 

Paul St-Pierre Plamondon

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a multiplié les attaques. Il a notamment envoyé à l’UO une plainte contre le professeur, demandant des sanctions à son endroit.  

Des attaques dénoncées par l'Assemblée nationale

L’Assemblée nationale du Québec a adopté une motion à l’unanimité pour dénoncer les attaques «francophobes» contre le Québec, notamment de la part de M. Attaran.  

On parle, dans cette motion, de «fréquentes attaques haineuses, discriminatoires et francophobes dont fait l’objet la nation québécoise au sein du Canada, notamment à la lumière des récents événements survenus à l’Université d’Ottawa». 

Blanchet invite les étudiants québécois à «reconsidérer» leurs études          

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a estimé que les étudiants québécois devraient «reconsidérer» leurs études à l’Université d’Ottawa si celle-ci ne leur garantit pas d’être protégés en classe des «convictions résolument racistes» du professeur Amir Attaran.

Yves-François Blanchet

Photo d'archives, Agence QMI

Yves-François Blanchet

Le chef bloquiste a même déclaré, ce qui n’arrive «pas souvent», que «M. Trudeau a dit la bonne chose» en affirmant son opposition au «Québec bashing». 

Singh refuse de condamner un député   

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada (NPD) Jagmeet Singh n’a pas voulu, pour sa part, condamner un député de son parti qui avait félicité M. Attaran pour ses propos. 

Jagmeet Singh

Photo AFP

Jagmeet Singh

Matthew Green, député néodémocrate de Hamilton-Centre, en Ontario, a salué sur Twitter le professeur Attaran pour avoir «maintenu le cap contre le racisme qu’il voit se perpétuer au Québec».

Le professeur refuse de s'excuser  

Dans une rare entrevue accordée au Journal, M. Attaran a dit ne pas avoir l'intention de s'excuser: «Le Québec est la seule province au Canada qui nie que le racisme systémique existe. C’est un fait. Ce n’est pas une opinion», a-t-il répliqué.

Le professeur est aussi d’avis que le racisme est présent partout au Canada, comme il l’est aux États-Unis, et qu’il ne disparaîtra pas si les minorités continuent de l’accepter sans réagir. Avocat, M. Attaran estime avoir fait face à plus d’hostilité à l’égard des minorités dans les tribunaux québécois qu’ailleurs au pays, en particulier lorsqu’il a défendu les droits territoriaux de communautés algonquines. 

– Avec les informations du Journal de Montréal et de Raphaël Pirro, Agence QMI

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