H&M, Nike, Uniqlo, Adidas: plusieurs marques attaquées en Chine après l’appel au boycottage du coton du Xinjiang | 24 heures
/panorama

H&M, Nike, Uniqlo, Adidas: plusieurs marques attaquées en Chine après l’appel au boycottage du coton du Xinjiang

Image principale de l'article H&M et plusieurs autres marques attaquées en Chine
AFP

H&M et d’autres géants du textile comme Nike, Uniqlo et Adidas subissent les représailles de la Chine. C'est que les marques ont annoncé boycotter le coton chinois en provenance du Xinjiang en raison d’allégations de «travail forcé» des musulmans ouïgours.

Le géant H&M a été la première entreprise visée mercredi par Pékin, ses produits ayant été retirés des principaux sites chinois de vente en ligne. 

Des personnalités se prononcent

La controverse a pris de l’ampleur aujourd’hui, alors que plusieurs personnalités chinoises, dont des chanteurs et des acteurs influents, ont annoncé qu’elles coupaient les ponts avec les compagnies dont elles étaient les ambassadrices. 

Le hashtag #nike serait même devenu le sujet le plus discuté jeudi sur l’équivalent chinois de Twitter, Weibo, avec 720 millions de vues et 530 000 commentaires sur l’annonce du boycottage, selon le média chinois Global Times, qui est associé au Parti communiste chinois. 

AFP

L’actrice Tan Songyun a annoncé mettre fin à son partenariat avec Nike, puisque «les intérêts du pays passent avant tout». Elle se dit aussi «fermement opposée à toutes les actions malveillantes visant à salir» la Chine. 

La Ligue de la jeunesse communiste, une organisation affiliée au Parti communiste, avait lancé les hostilités sur Weibo en republiant des copies d’écran du communiqué de H&M. «Diffuser des rumeurs et boycotter le coton du Xinjiang tout en espérant faire de l'argent en Chine? Vous rêvez!» pouvait-on lire dans les messages accompagnant les captures d'écran. 

Boycottage pour les Ouïgours

Tout a commencé quand les compagnies suédoise, américaine, allemande et japonaise se sont engagées l’an dernier, dans des communiqués, à boycotter le coton du Xinjiang, après la publication d’études sur le travail forcé de la population musulmane dans la région. 

Ces communiqués ont été partagés cette semaine sur le réseau social chinois Weibo, après que le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada eurent annoncé des sanctions contre la Chine pour son traitement de la minorité ouïgour.

AFP

Des études publiées par des instituts américains et australiens établissent qu’au moins un million d'Ouïgours ont été internés dans des camps et que certains ont été contraints au travail forcé dans les champs de coton. 

C’est un coup dur pour la Chine, puisque la région représente près d’un cinquième de la production mondiale et fournit de nombreux géants de la mode. 

Un tissu de mensonges

Évidemment, le gouvernement chinois soutient que les rapports sont mensongers et assure que les camps sont des «centres de formation professionnelle» destinés à apporter de l’emploi à la population, dans le but de l’éloigner des idéologies extrémistes, rapporte Radio-Canada

Faisant référence aux pensionnats autochtones, la Chine a d’ailleurs affirmé que le Canada et les États-Unis n’étaient pas en position de critiquer son bilan en matière de droits de la personne. 

H&M a déclaré n’avoir «aucune position politique», alors que les autres compagnies impliquées n'ont encore émis aucun commentaire. 

Sur Weibo, le nom de plusieurs autres entreprises qui ont adopté des positions semblables circule. Parmi elles, Zara, New Balance, Gap et Fila, entre autres. Reste à voir si elles seront aussi sanctionnées. 

– Avec les informations de l’AFP

À lire aussi

Et encore plus