La plus grande mine de graphite en Occident sera située dans Lanaudière | 24 heures
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La plus grande mine de graphite en Occident sera située dans Lanaudière

Image principale de l'article La plus grande mine en Occident sera au Québec
Photo courtoisie. Nouveau Monde Graphite

La mine de graphite la plus vaste en Occident sera située dans Lanaudière. Voici un tour d'horizon du projet de l'entreprise Nouveau Monde Graphite, que le gouvernement du Québec a approuvé en février.

Le graphite demandé dans le monde   

Le graphite est de plus en plus recherché à travers le monde pour une raison bien simple: c’est qu’il peut servir à construire les batteries lithium-ion des voitures électriques. Rien de surprenant, alors, à ce que l’engouement pour ce genre de minerai ne fasse qu’augmenter, dans un contexte où les gouvernements misent de plus en plus sur l’électrification des transports pour lutter contre le réchauffement climatique.

Début des activités dès l'été prochain    

Cette nouvelle mine à ciel ouvert, qui sera située à Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière, devrait commencer ses activités dès l'été prochain pour une exploitation qui s’échelonnera sur 26 ans. 

À terme, elle deviendrait la plus vaste mine de graphite de l’Occident. 

L'extraction en cinq phases   

Comme résumé par la page En 5 minutes, l’extraction du graphite pourrait se diviser en cinq phases distinctes:

1. Forage et dynamitage de la roche mère.

2. Transport du minerai vers l’usine de traitement.

3. Concassage et traitement du minerai à l’usine pour extraire le graphite. Ici, le traitement de la roche devrait générer 107 millions de tonnes de déchets miniers en 26 ans d’exploitation. Cinquante-sept millions de tonnes seront potentiellement acides. 

4. Traitement des résidus miniers à l’usine de désulfuration.

5. Empilement des déchets miniers traités et des boues dans la «halde de codisposition». Il s’agit là d’une nouvelle méthode d’enfouissement des déchets de l’entreprise Nouveau Monde Graphite qui vise à réduire, voire à empêcher, leur acidification. Comment? En superposant les uns par-dessus les autres les différents types de déchets, qui réagissent différemment à l’acidification. Le BAPE a néanmoins demandé des études plus poussées sur cette méthode. 

100 000 tonnes de concentré de graphite par année   

La mine devrait avoir atteint son rythme de croisière en 2023 et pourra produire jusqu’à 100 000 tonnes de concentré de graphite par année.

Quels impacts environnementaux?  

Certains groupes craignent déjà les risques potentiels que cet immense projet présente pour l’environnement. La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, qui rassemble une trentaine d’organismes, dénonce le fait que Québec ait décidé de donner son feu vert même si certaines études d'impacts n'ont pas encore été déposées par l'entreprise.

«Après l’analyse du décret, nous constatons que Québec a décidé de fermer les yeux sur plusieurs études manquantes concernant les risques de pollution de l’eau, la gestion de déchets acides et l’impact de cette mine dans ce milieu hautement valorisé pour le tourisme», s'est insurgé le porte-parole de la coalition, Ugo Lapointe, par communiqué.

«Cette décision est d’autant plus consternante que le ministre de l’Économie, M. [Pierre] Fitzgibbon, nous avait promis dans le blanc des yeux que Québec suivrait tous les avis du BAPE avant d’autoriser un tel projet», a renchéri May Dagher, du comité administratif de la Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie.

Les opposants craignent les impacts environnementaux, mais aussi les conséquences sur l'industrie touristique de la région. La mine aura un impact certain sur le paysage, puisque la fosse fera 2,7 kilomètres de long, ont-ils souligné.

Le traitement des eaux usées et leur rejet (une fois traitées) dans les ruisseaux représentent aussi une source d’inquiétudes.

– Avec les informations de Baptiste Zapirain

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