Des amateurs de plein air s'installent à Murdochville et redonnent un deuxième souffle au village | 24 heures
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Des amateurs de plein air s'installent à Murdochville et redonnent un deuxième souffle au village

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De jeunes entrepreneurs en plein air donnent aujourd‘hui un souffle d’espoir à Murdochville, en Gaspésie, qui était au bord du gouffre après la fermeture de sa mine, en 1999.  

«Quand j’étais jeune, Murdochville, c’était un lieu industriel. Maintenant, c’est devenu le plus beau terrain de jeu. [...] L’image de “Murdoch” a complètement changé», lance Guillaume Molaison, le PDG de l’entreprise en tourisme d’aventure Chic-Chac, l’une des premières du genre à s’établir dans la ville.  

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Guillaume et sa femme Éloïse Bourdon, originaires respectivement de la Gaspésie et de Montréal, sont débarqués à Murdochville au milieu des années 2000. À ce moment, la ville vivait ses moments les plus sombres. Les maisons n’avaient presque plus de valeur. «En général, l’aura était très négative [après la fermeture de la mine]. Les gens n’avaient pas d’espoir dans le futur économique de la ville», explique-t-il.    

6000$ pour un duplex  

Le couple a d’ailleurs payé 6000$ pour son premier duplex. Guillaume et Éloïse voyaient le potentiel récréotouristique que la ville et ses alentours pouvaient offrir. Ils ont donc lancé leur entreprise, qui compte aujourd’hui une quarantaine d’employés durant l'hiver. Elle offre des sorties guidées en ski hors-piste, du vélo de montagne, du rafting, de la pêche, de la restauration ainsi que de l’hébergement.  

Guillaume Molaison

Olivier Gélinas-Richard

Guillaume Molaison

«Chaque opportunité nous permettait d’attirer des gens qui nous ressemblaient pour venir construire l’âme de la municipalité», mentionne Guillaume. 

Suivre les traces  

Alexandre Thibodeau fait justement partie des gens qui ont connu Murdochville en travaillant pour le Chic-Chac. Il vient tout juste de lancer sa propre entreprise de ski hors-piste, Le Couloir, avec son associé Jean-Philippe Poulin. 

«Quand je suis arrivé à Murdochville [en 2016], il y avait 30, 40 maisons à vendre et aujourd’hui, c’est difficile d’en trouver une», illustre Alexandre pour parler de l’engouement des jeunes.

Olivier Gélinas-Richard

«Maintenant, on voit vraiment que les maisons, autrefois placardées et abandonnées, sont reprises en main et que des projets sont mis sur pied», renchérit Jean-Philippe, qui habite à Murdochville depuis un an, mais qui fréquente le village depuis déjà 10 ans.   

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Ce qui pousse ces jeunes à déménager et à développer des initiatives, c’est les nombreuses activités de plein air accessibles à quelques pas du village. «On a un accès rapide à toutes les montagnes autour du village, la réserve faunique et le parc de la Gaspésie, qui sont quant à moi les meilleurs endroits pour faire du ski hors-piste au Québec», avance Jean-Philippe.

Jean-Philippe Poulin et Alexandre Thibodeau

Jean Balthazard

Jean-Philippe Poulin et Alexandre Thibodeau

Acheter l'église du village     

Au pied de Murdochville, se trouve d’ailleurs le mont Miller, l’unique centre de ski de la ville, qui a été repris en 2016 par le Chic-Chac. Guillaume et son équipe ont fait plusieurs acquisitions de la sorte, comme l’achat d’un centre de plein air et, tout récemment, de l’église du village.  

«On avait besoin d’agrandir le chalet de ski», lance Guillaume, qui veut utiliser cet espace pour rassembler toutes ses activités, mais aussi pour faire évoluer la culture et les spectacles.  

«Les gens sont contents de savoir que des bâtiments comme l’église sont repris et vont arrêter d’être en désuétude. Ça symbolise aussi un peu la vitalité qui se ressent en ce moment», ajoute la directrice adjointe aux opérations et aux ressources humaines du Chic-Chac, Marine Delobre.  

Marine Delobre

Olivier Gélinas-Richard

Marine Delobre

La mairesse de la ville, Délisca Ritchie Roussy, croit véritablement que l’arrivée de Guillaume et son équipe a été «comme une bouffée d’air frais».  

Alors, est-ce que le tourisme d’aventure fera un jour vivre la ville au complet? «Non, ça prend toujours des compléments», nuance-t-elle. À ce jour, l’employeur numéro un de la ville demeure le centre de services de la Société de l'assurance automobile du Québec, implanté peu de temps après la fermeture de la mine.  

Les jeunes résidents de Murdochville envisagent tout de même que de plus en plus de gens vont venir s’établir dans le village pour profiter des sports de plein air et de la nature, surtout avec la pandémie et les possibilités de télétravail. 

Suivez notre reporter Jean Balthazard dans un autre village en plein essor grâce à de jeunes entrepreneurs: 

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