Des patients COVID-19 plus jeunes aux soins intensifs: ce qu'il faut savoir | 24 heures
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Des patients COVID-19 plus jeunes aux soins intensifs: ce qu'il faut savoir

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AFP
  • Les variants de la COVID-19 pourraient être plus contagieux chez les plus jeunes  
  • La vaccination pourrait avoir un impact sur l'âge moyen des patients  
  • Les mesures sanitaires pourraient être insuffisantes pour combattre les variants  

Les patients atteints de la COVID-19 qui se retrouvent aux soins intensifs sont plus jeunes que lors des première et deuxième vagues, a constaté un médecin de Québec. Pourquoi? On a demandé des explications à une spécialiste.

Des patients plus jeunes admis aux soins intensifs        

Au début de la semaine, le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, indiquait que les sept derniers patients admis à son unité de soins intensifs dans le dernier mois étaient âgés de 39 à 62 ans, «ce qui est beaucoup plus jeune que ce qu’on a connu lors des deux premières vagues».

La situation que décrit le Dr Simon a d'ailleurs été observée ailleurs dans le monde, explique Marie-Pascale Pomey, professeure titulaire à l’École de santé publique de l'Université de Montréal. 

Qu'est-ce qui peut expliquer que les patients sont plus jeunes? «À l’heure actuelle, c’est difficile de dire à 100% ce qui se passe», admet Mme Pomey. 

Voici tout de même quelques hypothèses:        

Le virus a évolué

Depuis le début de la pandémie, la COVID-19 a évolué. Au Québec, comme ailleurs dans le monde, des variants (britannique, brésilien, etc.) ont fait leur apparition. Ces nouveaux variants pourraient avoir un impact plus important sur certains groupes d'âge, comme les jeunes. 

«Des virus sont plus virulents sur certaines populations que d’autres», explique-t-elle. 

Plus de personnes âgées vaccinées

La vaccination pourrait aussi avoir un impact sur les hospitalisations. Puisque les personnes âgées ont été vaccinées, elles pourraient être moins nombreuses dans les hôpitaux que lors des deux premières vagues. 

Mme Pomey souligne d'ailleurs que deux études publiées dans les derniers jours aux États-Unis ont montré qu'il y avait eu une diminution de 90% des nouvelles infections chez le personnel soignant vacciné. Il est donc possible de croire que le nombre d'infections pourrait diminuer de manière importante lorsqu'une proportion plus importante de Québécois de 60 ans et moins seront vaccinés. 

Des mesures pas assez restrictives

Les mesures sanitaires actuellement en vigueur au Québec ne seraient pas suffisamment strictes pour limiter la progression des variants dans la province, estime la spécialiste. 

Elle explique que les variants (dont celui britannique, qui devrait devenir prédominant au Québec au cours des prochaines semaines) sont plus transmissibles. La distanciation physique de deux mètres pourrait ainsi ne plus être suffisante, alors que le virus se balade plus efficacement dans l’air. 

Mme Pomey ajoute que les variants du virus pourraient survivre plus longtemps que la souche classique sur diverses surfaces. 

Et quelle conséquence pour le système de santé?  

La baisse de l'âge des patients atteints de la COVID-19 pourrait finir par engorger encore davantage le réseau hospitalier. Pourquoi? Parce que les patients plus jeunes et en meilleure santé sont capables de combattre le virus sur une plus longue période, ce qui pourrait prolonger leur séjour à l'hôpital. 

- Avec l’Agence QMI

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