Le patron de l’OMS réclame une enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire en Chine: ce qu'il faut savoir | 24 heures
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Le patron de l’OMS réclame une enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire en Chine: ce qu'il faut savoir

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  • Le patron de l’OMS réclame une nouvelle enquête sur l’hypothèse d’une fuite du virus d’un laboratoire en Chine
  • Les experts, qui ont enquêté en janvier et février en Chine, ont estimé que l’hypothèse d’une fuite est la moins probable
  • L’étude des experts chinois et de l’OMS sur les origines de la pandémie de COVID-19 examine quatre scénarios

Le patron de l’OMS a réclamé mardi une nouvelle enquête avec des experts spécialisés sur l’hypothèse d’une fuite du virus ayant provoqué la pandémie de COVID-19 d’un laboratoire en Chine et critiqué le manque d’accès aux données brutes des experts internationaux.

Bien que les experts, qui ont enquêté en janvier et février en Chine sur l’origine du virus, aient estimé que l’hypothèse d’une fuite d’un laboratoire soit la moins probable, «cela demande d’enquêter plus avant, probablement avec de nouvelles missions avec des experts spécialisés que je suis prêt à déployer», a assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Voici tout ce qu'il faut savoir sur l'enquête de l'OMS et les 4 scénarios présentés dans le rapport  

L’animal intermédiaire 

Selon cette hypothèse, jugée «probable à très probable», le Sars-Cov-2 (virus à l’origine du COVID-19) a été transmis d’un réservoir animal à d’autres espèces d’animaux, qui l’ont à leur tour transmis à l’homme.

Les arguments pour

La distance évolutive qui sépare le Sars-Cov-2 des virus les plus proches retrouvés chez des chauves-souris est de plusieurs décennies, laissant à penser qu’il y a un hôte intermédiaire, indique le rapport.

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Des virus très proches ont également été retrouvés chez les pangolins, ce qui suggère qu’il y a au moins eu une transmission inter-espèce.

En outre, la transmission à l’homme d’un virus par un animal intermédiaire a déjà été prouvée pour d’autres maladies.

Les arguments contre

On retrouve le Sars-Cov-2 dans un nombre croissant d’espèces animales, mais les études tendent à montrer que ce sont les hommes qui leur avaient transmis le virus.

Et jusqu’à présent, les tests menés sur un large éventail d’animaux domestiques et sauvages dans la région chinoise de Wuhan, où sont apparus les premiers cas fin 2019, n’ont pas permis de détecter le Sars-Cov-2.

La suite

Les experts suggèrent que le virus pourrait avoir été acheminé à Wuhan depuis des «fermes d’animaux sauvages» présentes dans d’autres provinces chinoises.

«Bien que cela ne prouve pas l’existence d’un lien, il s’agit d’une prochaine étape significative pour les études», indique le rapport.

Transmission directe 

Selon cette hypothèse, jugée «possible à probable», c’est le réservoir animal qui aurait directement transmis le virus à l’homme.

Les arguments pour

La plupart des coronavirus que l’on retrouve actuellement chez l’homme proviennent d’animaux.

Des études menées depuis l’épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003 ont permis de trouver des virus Sars-Cov chez des chauves-souris, et des virus génétiquement similaires au Sars-Cov-2 chez des chauves-souris rhinolophes.

Photo courtoisie

Le rapport souligne aussi que «des anticorps visant les protéines du coronavirus de la chauve-souris ont été trouvés chez des humains ayant eu un contact étroit avec des chauves-souris».

Des virus similaires ont également été trouvés chez le pangolin malais. Le rapport n’exclut pas que le vison puisse être le réservoir animal principal.

Les arguments contre

Le virus le plus proche génétiquement du Sars-Cov-2 est un virus de chauve-souris, mais l’analyse montre qu’il y a eu une importante évolution entre eux.

«En outre, les contacts entre les humains et les chauves-souris ou les pangolins ne sont probablement pas aussi fréquents que les contacts entre les humains et le bétail ou les animaux sauvages d’élevage».

La suite

Le rapport indique que les études de traçabilité de la chaîne d’approvisionnement des marchés de Wuhan ont fourni des « pistes crédibles », et propose d’étendre les études à d’autres pays.

La viande surgelée  

L’équipe de chercheurs juge «possible» une transmission directe à l’homme par de la viande surgelée.

Les arguments pour

Depuis la quasi-élimination du Sars-Cov-2 en Chine, le pays a connu en 2020 des épidémies de COVID liées à des produits congelés importés.

Et le virus a été retrouvé sur des emballages extérieurs de produits congelés importés, ce qui suggère qu’il résiste au froid.

Les arguments contre

«Il n’existe aucune preuve qui permet de conclure que le Sars-Cov-2 puisse être transmis à travers des aliments et la probabilité d’une contamination de la chaîne du froid par le virus à partir d’un réservoir est très faible», indique le rapport.

La suite

Les experts recommandent un dépistage COVID sur les restes, s’ils sont encore disponibles, des produits congelés qui étaient vendus sur le marché Huanan de Wuhan.

L’incident de laboratoire 

Les experts n’ont pas étudié le cas d’une fuite volontaire, et jugent «extrêmement improbable» un accident.

Les arguments pour

«Bien que rares, les incidents de laboratoire peuvent se produire», selon le rapport.

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Et le coronavirus de chauve-souris RaTG13, dont la séquence du génome est extrêmement similaire à celle du Sars-Cov-2, a été séquencé à l’Institut de virologie de Wuhan.

Les arguments contre

«Il n’existe aucune trace de virus étroitement liés au Sars-Cov-2 dans aucun laboratoire avant décembre 2019, ni de génomes qui, combinés, pourraient fournir un génome du Sars-Cov-2», précise le rapport.

«Le risque d’avoir cultivé de façon accidentelle le Sars-Cov-2 en laboratoire est extrêmement faible», ajoute-t-il.

La suite

Le rapport propose un «examen administratif et interne régulier des laboratoires de biosécurité de haut niveau dans le monde entier», et un suivi en cas d’éléments de preuves sur des fuites de laboratoires.

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