Crise du logement: une file d’attente interminable pour visiter un 4 1/2 à Verdun | 24 heures
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Crise du logement: une file d’attente interminable pour visiter un 4 1/2 à Verdun

Image principale de l'article Une longue file pour visiter un 4 1/2 fait jaser
Annie Vallée/Facebook

Une publication virale montrant une vingtaine de personnes à la queue leu leu pour visiter un logement à Verdun est une image forte qui illustre bien la crise du logement sur l’île de Montréal. Préparez-vous: vous n’avez pas fini d’en voir sur les trottoirs.

«Je marchais sur Galt, et c’est la première fois que je voyais une file d’attente là», explique Annie Vallée, une résidente qui a pris en photo la scène. «J’ai demandé à la première personne en file ce qu'elle faisait là, et elle est partie à rire en me montrant le logement. Je suis partie à rire aussi!»

D’après Annie Vallée, les personnes sur place étaient fort étonnées de la longueur de la file d’attente, du jamais-vu pour elles aussi. À son arrivée, elle compte une vingtaine de têtes et quelques minutes plus tard, elle estime qu’une quarantaine de personnes font la file allant jusqu’au bout de la rue.

«On sentait que les gens étaient dans une course aux logements. Il y avait une maman avec son enfant dans le lot et je suis allée lui souhaiter d’avoir l’appartement, comme je sais que c’est plus difficile que jamais pour les familles de trouver un logement», raconte la résidente. 

«C’est une denrée rare, alors il ne faut pas se surprendre qu’il y ait autant de demande», fait savoir la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme. «À Verdun, les prix des loyers ont beaucoup augmenté dans les dernières années».

Ces files d’attente, bien qu’elles surprennent, ne sont pas si rares. 

«On l’a vu l’année dernière dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, ajoute la porte-parole du FRAPRU. En plus, avec la pandémie, il y a des visites en virtuel, et cet engouement-là est invisible.»

Toujours plus chers

En pandémie, le taux d’inoccupation des logements à Montréal a atteint 2,7%, en raison de l’annulation des cours universitaires en présentiel et de la suspension du marché locatif court terme pour les touristes, entre autres. 

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Inoccupé ne rime toutefois pas avec abordable: le loyer moyen sur l’île de Montréal est de 1200$, tandis que le loyer moyen d'un 4 1/2 sur le marché est de 1322$. 

C’est pourquoi un 4 1/2 à 975$, ça peut sembler raisonnable, à première vue. 

«Ce logement-là n’est pas abordable à toutes les bourses, nuance Véronique Laflamme. Avant la pandémie, il y avait 90 000 ménages locataires qui dépensaient 50% de leur revenu pour se loger. Avec les pertes de revenu, les gens ne peuvent plus étirer l’élastique.»

En théorie, un locataire ne devrait pas dépenser plus de 30% de son revenu pour se loger. Avec l’explosion du coût des loyers dans plusieurs quartiers de la ville, plusieurs n’ont d’autre choix que de débourser beaucoup plus pour se loger, au détriment de leurs besoins primaires, comme se nourrir. 

Pas de solutions

Pour le moment, peu de solutions s’offrent aux locataires pris dans la jungle de la course aux logements. «Pris à la gorge et abandonnés à leur sort», observe Véronique Laflamme, qui souhaite une action rapide de Québec. 

«Pour freiner la hausse du coût des loyers et pour éviter que l’appauvrissement des locataires s’accentue, il faut instaurer un contrôle obligatoire du coût des loyers», explique-t-elle.

Cette dernière souhaite aussi des modifications au Code civil pour mieux protéger les locataires qui subissent des évictions illégales ou des reprises de possession de mauvaise foi. Ces pratiques contribuent à l’effritement du parc de logements locatifs abordables, selon elle. 

«Il faut agir rapidement et offrir une alternative, parce que les prix ne vont pas descendre. On chasse les locataires toujours plus loin. [Si on accepte ce genre de pratiques], on accepte, comme société, que les gens doivent aller dans les banques alimentaires.»

Source: Société canadienne d’hypothèques et de logement

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