L’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde ne sera pas atteinte avant 2146 | 24 heures
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L’égalité entre les hommes et les femmes dans le monde ne sera pas atteinte avant 2146

Image principale de l'article L’égalité homme-femme ne sera atteinte qu'en 2146
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Vous avez bien lu: pour atteindre l'égalité entre les hommes et les femmes dans le monde, il faudra 135 ans, ce qui nous amène jusqu'en 2146. C'est ce que nous apprend le dernier rapport du Forum économique mondial (FEM) publié mardi.

La pandémie de COVID-19 a d'ailleurs retardé d'une génération l'atteinte de la parité à l'échelle mondiale. Plutôt que 99,5 ans, il faudra patienter 135,6 ans, soit environ 36 ans de plus, pour combler les écarts entre les sexes, notamment sur les plans économique et politique. 

Les inégalités ne sont évidemment pas partout pareilles sur la planète. 

L'égalité entre les hommes et les femmes devrait être atteinte plus rapidement en Europe de l’Ouest (52,1 ans), en Amérique du Nord (61,5 ans) et en Amérique latine (68,9 ans). À l'inverse, les inégalités perdureront davantage en Asie du Sud (195,4 ans), en Asie de l’Est (165,1 ans) et au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (142,4 ans).

L'Islande reste le pays le plus égalitaire au monde, suivie par la Finlande, la Norvège, la Nouvelle-Zélande et la Suède. Le Canada se classe au 21e rang. 

Depuis le dernier rapport, l'Amérique du Nord est le continent qui s'est le plus amélioré en ce qui concerne l'égalité des sexes (atteinte à 76,4%). 

Voici quelques faits saillants du rapport:    

  • Le secteur le moins paritaire demeure la politique: à travers les 156 pays qui ont fait l'objet d'une analyse, les femmes sont largement sous-représentées au sein des Parlements;      
  • En ce qui concerne l'accès à l'éducation, la parité a été atteinte à 95% dans le monde et a été complètement atteinte dans 37 pays;      
  • Sur le marché de l'emploi, les inégalités pourraient perdurer: seulement deux des huit «emplois de demain» (sciences, technologies, ingénierie, mathématiques, etc.) comptent autant de femmes que d'hommes.            

Et qu'en est-il de l'écart salarial au Québec?   

Selon des données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), les femmes qui oeuvrent dans les entreprises de 200 employés et plus gagnent moins que leurs collègues masculins, et ce, au privé comme au public. Cet écart varie selon les secteurs, mais on parle d'environ trois à quatre dollars de moins par heure travaillée. En 2019, selon le revenu médian moyen, pour chaque dollar gagné par une femme, les hommes ont reçu 1,29$. 

Si le Québec a encore du chemin à faire pour atteindre l'équité salariale, la chercheure à l’Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) Julia Posca est optimiste que la province pourra y parvenir avant le délai de 61 ans avancé par le FEM. 

«La force du mouvement féministe, les lois sur l’égalité salariale et le système public de garderies» permettent aux femmes d’être plus présentes sur le marché du travail, souligne-t-elle. 

Alors pourquoi l'égalité salariale n'a-t-elle pas encore été atteinte au Québec? À cause notamment de la ségrégation professionnelle, explique la chercheure. 

La chercheure à l'Institut de recherche et d'information socio-économiques (IRIS), Julia Posca

Courtoisie

La chercheure à l'Institut de recherche et d'information socio-économiques (IRIS), Julia Posca

«Il y a des métiers où l’on retrouve des majorités d’hommes et d’autres des majorités de femmes. Les métiers à majorité féminine sont moins bien payés», mentionne-t-elle. Comme les emplois en éducation ou en soins de la santé. 

Comment pourrait-on parvenir à réduire l'écart entre les salaires des hommes et des femmes? En valorisant les emplois plus «féminins» et en les rémunérant mieux, conclut Julia Posca. 

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