Dans l’univers musical de Claude Crest | 24 heures
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Dans l’univers musical de Claude Crest

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Illustration Sébastien Dorion

À 90 ans bien comptés, Claude Crest défend son métier de comique avec la même fougue qu’un jeune premier.  

Ses 70 ans de carrière au compteur en font l’un des humoristes les plus respectés sur la scène québécoise. Même qu’en ce moment, une campagne de sociofinancement sur la plateforme laruchequebec.com a été mise sur pied dans le but de réaliser LE grand documentaire sur sa carrière. 

Après avoir côtoyé les plus grands artistes de cabaret de la Belle Province, il nous parle de ses coups de cœur.  

Rencontre avec un farceur authentique (sauf pour ses cheveux et ses dents).

Après quel artiste de cabaret était-il le plus difficile de passer en tant que comique?

Paolo Noël, quand il est arrivé avec sa chanson Le petit voilier, il y a personne dans le public qui pouvait rester insensible. C’est comme si Paolo nous prenait par la main et qu’il nous amenait sur l’océan avec lui. Passer après ça, c’était difficile. Paolo Noël, c’est pas compliqué, c’est notre Elvis à nous autres! 

La Bolduc a fait des tournées avec Manda Parent. Avec quel chanteur auriez-vous aimé partir en tournée?

Willie Lamothe. Je sais pas si tu le connais... Tu es peut-être un peu jeune pour le connaître. Le monde l’aimait, Willie! C’était un peu comme notre Elvis à nous autres! Le monde, aujourd’hui, le connaît surtout pour Allô allô petit Michel, mais il a fait des très belles chansons moins connues comme Mille après mille

C’est connu: Olivier Guimond est tombé dans l'œil d’Alys Robi. Est-ce qu'il y a une chanteuse de cabaret qui vous a déjà tourné autour?

Faudrait pas que ma femme entende ça! (Rires) J’ai toujours été fidèle. Aïe! 70 ans de mariage! C’est quelque chose! J’ai 90 ans, moi, Claude Crest! Ce que j’ai sur la tête, c’est pas mes vrais cheveux, ce que j’ai dans la bouche, c’est pas mes vraies dents! C’est ma vraie moustache par exemple! (Rires) 

Avec quel.le artiste avez-vous développé une belle complicité?

Michèle Richard. On s’est toujours bien entendus. Il y a des soirs où on se prenait dans nos bras et on se disait qu’on s’aimait. Un autre soir, ça pouvait finir qu’on s’insultait en claquant la porte. Mais c’était vraiment une relation de p’tit frère pis de p’tite sœur. Je l’appelle tout le temps à son anniversaire. 

Sur quelle chanson aimez-vous être présenté sur scène?

Il mouillera pu pantoute d’Oscar Thiffault. Connais-tu Oscar Thiffault? Tout le monde connaît Oscar Thiffault. Tout le monde connaît ses chansons. C’est quasiment comme notre Elvis à nous autres! (chantant) «Awingna han!», Le Rocket Richard. C’est le plus grand. Quand le monde entend les chansons d’Oscar Thiffault, il a le goût de rire, de taper dans les mains. Ça donne le goût de s’amuser. C’est parfait pour Claude Crest. 

Est-ce que vous avez déjà tiré la pipe à un chanteur sur scène?

Ben là! C'est sûr! Je peux pas passer à côté de Paolo Noël. Lui pis moi, on vient tous les deux d’un quartier populaire, Hochelaga-Maisonneuve. C’était pas rare qu’on se tirait la pipe. Des fois, Paolo n'était pas content. Je le voyais dans les coulisses qui me faisait signe «Toé, mon Claude Crest, t’es mieux d’arrêter ce que t’es en train d’dire-là!» 

Quel est le premier 78 tours que vous vous êtes procuré?

Je croyais de Fernand Robidoux. Dans le fond, c’était notre Elvis à nous autres. Je me souviens quand j’ai mis ça sur le tourne-disque à mes parents. Ils sont venus les yeux ronds de même, eux autres. Ils étaient pas habitués d’entendre quelque chose qui déménage de même! Leurs oreilles sont venues rouges pas mal! (Rires) 

 

À quel endroit alliez-vous pour voir des concerts au cours de vos jeunes années?

Quand on réussissait à ramasser un peu d’argent, on allait au Théâtre national de La Poune. Le monde la connaît comme une grande comique, mais elle savait faire pas mal d’affaires. C’était une grande musicienne. Nous autres, on était dans la salle. On était jeunes et on essayait de faire les tough, mais on avait les yeux pleins d’eau. C’était pareil comme si Elvis était en train de nous chanter sa plus belle chanson.  

Est-ce que le grand public aurait pu connaître Claude Crest comme chanteur un jour?

(M. Crest s’étouffe dans sa crème de menthe blanche) J'étais pas chanteur! Moi, j’étais là pour faire des jokes. J’ai chanté quand j’ai eu mon émission à Télé-Métropole dans les années 60 qui s’appelait Les culottes à Poupa. (Chantant) «Où c’est qui sont? Où c’est qui sont les culottes à Poupa? Y est en caleçon, Y est en caleçon encore une fois....» Ça a poigné ben gros ça. Je me prenais pour Elvis!

Qui sont vos chanteurs préférés de la jeune génération?

J’aime ben la p’tite nouvelle, Ginette Reno. Elle a toute une voix! J’aime aussi Patrick Norman. C’est un bon guitariste. Aussi, Jim et Bertrand. Ils sont assez drôles! Le p’tit Simard, aussi. Il y en a une, elle a pas l’air commode: Marjo. Mais c’est correct, elle est jeune pis il faut qu’elle vive sa jeunesse. J’étais pareil quand j’étais jeune. 

Et vos coups de cœur parmi les humoristes de la relève?

Je m'entends ben avec Yvon. J’aime bien Daniel Lemire. J’espère qu’il va percer avec l’Oncle George: «Allô toi! Allô toi! Allô toi!» 

Quels sont les projets d’avenir de Claude Crest?

J’étais dans ma tournée d’adieu avant que la pandémie commence. Ma tournée DéCrest. Mais ça fait 15 ans que je fais des tournées d'adieu! Je pense que le monde a compris que pour Claude Crest il n' y aura pas d’adieux. Ça finira pas de même! 

Pour écouter une liste d'écoute inspirée des coups de cœur de M. Crest (et bien plus encore), ça se passe sur qubmusique.ca.

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