Ils ont trouvé le village parfait pour faire fleurir leur entreprise | 24 heures
/panorama

Ils ont trouvé le village parfait pour faire fleurir leur entreprise

Pourquoi partir ouvrir un resto ou une boutique dans un village loin de chez soi quand on pourrait faire la même chose au coin de sa rue, dans un quartier qu’on connaît déjà? On a posé la question à des entrepreneurs qui se sont exilés pour avoir pignon sur rue.

• À lire aussi: Des jeunes profitent de la pandémie pour s'exiler en région

• À lire aussi: Voici 5 villages intéressants où il y a très peu de jeunes

Ouvrir un surf bar aux Îles-de-la-Madeleine   

Dominic Lefrançois, Florence Roy et Amélie Renaud-Lavallée

Courtoisie

Dominic Lefrançois, Florence Roy et Amélie Renaud-Lavallée

Quatre amis qui sont tombés amoureux des Îles-de-la-Madeleine lanceront cet été, dans le village de Fatima, le Shed Surf Bar, un endroit où cohabiteront surf, bonne bouffe et bonnes vibes

«On aime les Îles. Ce n’était pas nécessairement de créer [un projet] et de choisir un endroit; ce sont les Îles qui nous ont amenés à le créer», raconte Amélie Renaud-Lavallée, 28 ans, native de Mirabel.

• À lire aussi: Voici le montant requis pour une mise de fonds dans chaque région

• À lire aussi: Acheter une première maison, c’est encore possible

Inspiré d’endroits similaires en Amérique du Sud, l’établissement, dont l’ouverture est attendue en juin 2021, sera avant tout un local de rassemblement pour les adeptes de surf où il sera possible de casser la croûte, siroter un verre à la fin de la journée et en apprendre plus sur ce sport. 

L’augmentation du nombre de touristes aux Îles chaque été a aussi motivé Amélie et ses trois associés à démarrer ce projet. «Il y avait une belle occasion d’affaires. Si ce n’est pas nous qui le faisons, d’autres vont le faire», concède-t-elle.


  • Suivez notre reporter Jean Balthazard dans deux villages qui sont en plein essor grâce à de jeunes entrepreneurs:   
s

s


Un restaurant dans une petite ville de moins de 3000 habitants  

Sophie Dallaire et Étienne Demers

Courtoisie Maggie Boucher

Sophie Dallaire et Étienne Demers

Il était plutôt naturel pour Sophie Allaire et son conjoint Étienne Demers, respectivement sommelière et chef cuisinier, tous deux de Montréal, d’ouvrir à l’été 2019 le restaurant gastronomique La Belle Histoire. 

Mais pourquoi l’avoir fait à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, une petite municipalité de moins de 3000 habitants dans la région des Laurentides? 

«La question du coût était très importante pour nous. [À Montréal], le marché est surchargé et la compétition est extrêmement forte», concède Sophie.

La sommelière qualifie de «super» le coin de pays où elle est maintenant installée de façon permanente. Elle apprécie les paysages entourant son commerce et sa localisation. «On n'est pas trop loin de Montréal. On aime la qualité de l’air et le plein air», énumère-t-elle.

Le couple a aussi noté une effervescence de la MRC propulsée par l’arrivée de nombreux jeunes entrepreneurs solidaires. «Ça n’a pas été long avant de se faire un réseau et des amis. Ici, il y a beaucoup de soutien. Au lancement d’entreprise, c’est incroyable, l’aide qu’on a eue», avoue Sophie Allaire.

Leur restaurant fonctionne d’ailleurs très bien, puisqu’il est nommé dans la catégorie «Restaurant de l’année» des Lauriers de la gastronomie québécoise cette année.

Gérer un café à Natashquan  

Être aux commandes d’une entreprise en restauration dans une grande ville, c’est loin d’être facile, surtout avec peu d’expérience dans un milieu aussi compétitif. 

L’équipe de la coopérative Café L’Échouerie, située à Natashquan, sur la Côte-Nord, est prête pour accueillir les touristes cet été (Courtoisie)

Courtoisie

L’équipe de la coopérative Café L’Échouerie, située à Natashquan, sur la Côte-Nord, est prête pour accueillir les touristes cet été (Courtoisie)

C’est ce qui a motivé une gang de 17 associés provenant des quatre coins de la province à se lancer dans la gestion du Café L’Échouerie, une coopérative située à Natashquan, sur la Côte-Nord, qu’ils ont pu mettre à leur main. 

«C’est vraiment une expérience en or. C’est rare qu’on ait carte blanche pour ouvrir quelque chose. [...] Je ne pense pas revivre une expérience de ce genre-là de sitôt, surtout pas à Montréal en restauration», mentionne la coassociée montréalaise Juliette Ouimet.

Courtoisie

Même si L'Échouerie est situé à plus de 1200 kilomètres de la métropole, sa localisation n’a pas fait rebrousser chemin à la bande de passionnés. Ils ont pris la relève de l’endroit comme gestionnaires à l’été 2020, alors que l'endroit était pris d’assaut par les touristes qu’a amenés la pandémie de COVID-19.

Les habitants de Natashquan, soit environ 250 personnes (!), ont été très réceptifs à leur arrivée, se réjouit Juliette.

Du BBQ américain en Petite Nation  

Le restaurant Carbo barbecue, situé à Duhamel, au nord de la région de l'Outaouais.

Courtoisie

Le restaurant Carbo barbecue, situé à Duhamel, au nord de la région de l'Outaouais.

Un ex-employé du réputé restaurant Europea à Montréal réalise son rêve entrepreneurial à deux heures de la métropole, à Duhamel, une municipalité de moins de 600 habitants située au nord de l’Outaouais. 

«À Duhamel, il y a un point fort: c’est saisonnier. J’aime beaucoup travailler fort et me reposer ensuite, plutôt que travailler constamment comme sur la rue Sainte-Catherine [à Montréal]», avoue Martin Carboni, copropriétaire de Carbo barbecue, restaurant qui s’inspire des saveurs du sud des États-Unis.

• À lire aussi: 7 jeunes transforment Rivière-à-Claude, un village de 126 habitants

• À lire aussi: Des amateurs de plein air donnent un 2e souffle au village de Murdochville

Martin s’est intéressé à quelque 500 commerces avant de racheter avec sa femme, en 2019, le restaurant Chez Pépère. Ce qui l’a aidé à arrêter son choix? La beauté des chalets tout autour, de la région, et la proximité de l’endroit avec Ottawa et Montréal.

Cette nouvelle acquisition permet à Martin de nourrir une clientèle touristique qui se renouvelle, soit l’inverse de ce qu’il vivait à Montréal. «En région, tu as une plus grande facilité, moins de compétition, et, budgétairement, c’est beaucoup moins coûteux», résume-t-il.

Sur le même sujet

À lire aussi

Et encore plus