#papaUQÀM: un mouvement en appui à Hélène Boudreau, cette étudiante qui a posé les seins nus | 24 heures
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#papaUQÀM: un mouvement en appui à Hélène Boudreau, cette étudiante qui a posé les seins nus

Image principale de l'article #papaUQÀM: un mouvement en appui à Hélène Boudreau

Hélène Boudreau, cette étudiante poursuivie par l’UQAM pour 125 000$, reçoit l’appui d'anciennes étudiantes, qui ont lancé le mouvement #papaUQÀM sur les réseaux sociaux. La finissante avait publié une photo sur laquelle elle dévoile sa poitrine, tout en tenant un diplôme sur lequel est affiché le logo de l’université.

Dans une entrevue qu'elle nous avait accordée en février, Hélène Boudreau confiait qu’elle avait financé une partie de son baccalauréat avec ses revenus générés sur la plateforme OnlyFans. 

Elle nous avait aussi révélé que la photo controversée était, pour elle, une manière de briser les tabous entourant la travail de sexe. 

Le nouveau mot-clic #papaUQÀM

Pour appuyer Hélène Boudreau, deux jeunes diplômées de l’UQAM, Cato Fortin et Stéphanie Roussel, ont lancé le mot-clic #papaUQÀM sur Instagram. 

Sur la page de Cato Fortin, qui pose en lingerie, on peut lire: «EN SOUTIEN À HÉLÈNE BOUDREAU. J’ai reçu la bourse Joseph-Armand-Bombardier pour mon projet de thèse de doctorat sur le traitement réservé aux corps des femmes et à ceux des personnes queers.» 

«On a reconnu la pertinence de mon projet et ma compétence à le mener. Je suis payée – et très bien – pour observer comment les littératures et les institutions tentent de contrôler les corps», poursuit-elle.

Dans sa publication, qui a obtenu plus de 1000 mentions «J’aime», Stéphanie Roussel reproche pour sa part à l'université de faire preuve de «putophobie». 

«Parce que l’UQAM, cette université supposément inclusive et fière de prendre part à ce qu’on nomme la “mobilité sociale”, coûte cher, et il faut travailler pour y être lorsqu’on n’est pas l’enfant d’un médecin», écrit-elle. 

«Le travail du sexe est un travail respectable. Les sex workers sont aussi parfois des étudiant-es et des diplômé-es de l’UQAM, peut-être de futur-es professeur-es, écrivain-es, biologistes, avocat-es. Ce sont des personnes brillantes et sensibles, dignes. Il faut que l’UQAM cesse d’instrumentaliser nos corps, que nous soyons ou non sex workers...»

Solidarité féminine  

L’influenceuse Naïla, mieux connue sous le pseudonyme de «La grosse qui fait des vidéos», applaudit cette initiative. 

«Je trouve ça cool. Je trouve qu’on en ressort une vraiment belle solidarité. L’UQAM, qui se dit une université progressiste, aurait pu choisir d’appuyer ses étudiantes qui sont des travailleuses de sexe, au lieu de les condamner.»

«C’est drôle, car l’université défend la liberté d’expression de ses professeurs qui emploient le "N word", mais quand une étudiante montre sa poitrine pour s’exprimer avec son logo, l’université voit sa réputation tâchée. On voit quand [la liberté d'expression] fait son affaire», pense-t-elle.

Naïla croit d'ailleurs que la poursuite de l'UQAM contre Hélène Boudreau aura pour effet de mousser les abonnements de la principale intéressée sur OnlyFans.

«Ç'a juste permis de booster sa popularité. À chaque fois qu’on est dans les médias, ça suscite une certaine curiosité et il y a plus d’abonnés. Peut-être même qu’elle a eu assez d’abonnés pour être en mesure de payer les 125 000$. Je n’en serais même pas surprise», lance l’influenceuse, qui gagne aussi sa vie avec OnlyFans.

Et elle a peut-être raison. Hélène Boudreau, qui n’avait que 28 000 abonnés sur Instagram en septembre dernier, en compte aujourd’hui 104 000.