Et si le gaspillage alimentaire était interdit au Québec? | 24 heures
/environment

Et si le gaspillage alimentaire était interdit au Québec?

s

BILLET - Au Canada, on jette chaque année 35 millions de tonnes de déchets alimentaires. De cette quantité, 11 millions de tonnes sont propres à la consommation et auraient pu éviter de se retrouver dans nos poubelles. À la source de cette aberration, un système économique producteur de non-sens.

Ça vaut vraiment la peine qu'on récupère cette nourriture: 11 millions de tonnes, c’est le poids de 66 tours du Stade olympique de Montréal.

C’est suffisamment d'aliments pour nourrir toutes les Canadiennes et tous les Canadiens pendant près de cinq mois.

Pendant qu'on jette tous ces aliments, en 2019, le réseau des Banques alimentaires du Québec a répondu, chaque mois, à plus de 1,9 million de demandes d’aide alimentaire.

Un enjeu environnemental majeur

Si le gaspillage alimentaire constitue un enjeu social criant, ses impacts sur l’environnement ne sont pas à minimiser. 

La nourriture gaspillée qui se décompose dans les sites d’enfouissement émet du méthane, un puissant gaz à effet de serre (GES). Si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait troisième parmi les plus gros émetteurs de GES au monde, derrière les États-Unis et la Chine. 

Par ailleurs, produire la nourriture qui sera jetée gaspille annuellement 1,4 milliard d’hectares de terres agricoles, soit l’équivalent de la superficie du Canada et de l’Inde réunis. Les impacts sur la déforestation et la biodiversité sont énormes. 

Du gâchis à toutes les étapes de la chaîne alimentaire

L’enjeu du gaspillage alimentaire ne repose pas sur les épaules d’un seul maillon de la chaîne alimentaire. Ce n’est pas juste l’affaire des consommateur-rice-s, pas juste celle des épiceries, ni juste celle des producteur-rice-s. C’est tout un modèle qu’il faut revoir, aujourd’hui basé sur l’abondance et l’incohérence. 

Par exemple: une épicerie fait plus de ventes avec des étagères pleines. Donc, souvent, elle commande délibérément plus de stock, tout en sachant qu’une partie finira à la poubelle. La marge de profit sur la vente couvre les pertes causées par les invendus. C’est bien ça: la nourriture jetée rapporte de l’argent.

Dénormaliser l’inacceptable

Gaspiller de la nourriture est un luxe, mais il faut croire que le geste se normalise. Les solutions pour s’y attaquer de front se trouvent à toutes les échelles: de la modification des subventions agricoles à la promotion de l’achat local, jusqu’à la modification de nos perceptions sur les fruits et légumes qui ne brillent pas ou qui ne sont pas uniformes. 

Un petit défi pour toi, qui me lis dans le métro ou sur ton ordi: essaie-la, la pomme un peu poquée.

D'autres vidéos qui pourraient vous intéresser 

s

s

s

À lire aussi

Et encore plus