Une nouvelle loi électorale des républicains crée un tollé aux États-Unis: ce qu’il faut savoir | 24 heures
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Une nouvelle loi électorale des républicains crée un tollé aux États-Unis: ce qu’il faut savoir

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  •  Il y a un important mouvement de contestation autour d'une nouvelle loi électorale républicaine en Géorgie  
  • Joe Biden juge que cette nouvelle loi est «ignoble»  
  • Des entreprises et des organisations, dont la MLB, ont dénoncé cette loi   

Une nouvelle loi républicaine encadrant le droit de vote dans l’État de la Géorgie, aux États-Unis, est vivement critiquée depuis quelques jours. Pourquoi? Selon ses détracteurs, elle viserait à limiter l’accès aux urnes, particulièrement en ce qui concerne les électeurs afro-américains. Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette loi controversée.

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Ce que la nouvelle loi dit  

L'une des mesures dénoncées est l'interdiction de distribuer de la nourriture ou des boissons aux électeurs qui font la queue pour voter, ceci pour éviter, disent les républicains, que l'on influence de manière déloyale le choix des votants.

Le texte républicain prévoit aussi:      

  • De restreindre le nombre d’urnes installées dans la rue pour déposer les bulletins à tout moment (drop box);    
  • Des contrôles renforcés de l’identité des électeurs qui votent par correspondance;    
  • La limitation du délai autorisé pour demander ses bulletins par procuration.        

Une loi controversée     

Plusieurs associations de défense des droits civiques ont lancé des actions en justice contre cette loi.

Cette nouvelle loi est même devenue sa propre source de désinformation. Des personnalités politiques extrêmement influentes ont en effet présenté la loi de manière parfois inexacte ou trompeuse, en omettant des détails pertinents. 

Démocrates et républicains se sont par ailleurs mutuellement accusés de déformer la loi à leur avantage.

Le contexte  

Le texte a été adopté fin mars par les républicains en Géorgie, quelques mois après la victoire de Joe Biden, le premier candidat démocrate à la présidentielle victorieux dans cet État depuis 1992, et celles, historiques, de deux sénateurs démocrates dans cet État marqué par les stigmates de la ségrégation.

Donald Trump

Photo AFP

Donald Trump

Donald Trump n’a jamais concédé explicitement sa défaite à la présidentielle du 3 novembre, dénonçant des «fraudes». Malgré ses nombreuses actions en justice, ces fraudes n’ont jamais été démontrées.

Ce que le président Biden a dit   

Joe Biden, pour qui cette loi est «ignoble», a erronément affirmé qu’elle réduirait les heures d’ouverture des bureaux de vote. Un point dont se sont saisis les républicains pour accuser les démocrates de propager de fausses informations.

Joe Biden

AFP

Joe Biden

Mais les autres critiques du président démocrate sont avérées, par exemple en ce qui concerne l'interdiction de donner de l'eau aux électeurs qui font la queue. 

«Ils ont approuvé une loi disant qu’on n’a pas le droit de donner de l’eau aux gens qui attendent pour voter, a dénoncé le président démocrate. Pas besoin d’en savoir plus pour comprendre qu’il s’agit de pratiques punitives pour empêcher les gens de voter.» 

Des entreprises se joignent au mouvement de dénonciation  

Des entreprises comme Coca-Cola et le transporteur aérien Delta, qui sont des employeurs importants en Géorgie, ont publiquement dénoncé cette loi. 

Le responsable de Coca-Cola pour l’Amérique du Nord, Alfredo Rivera, a assuré lundi que l’entreprise était «déçue» par l’adoption du texte et continuerait de s’opposer, ailleurs dans le pays, à tout projet législatif limitant l’accès au vote.

Le directeur général de Coca-Cola, James Quincey, a pour sa part affirmé mercredi que l’entreprise avait «toujours été opposée» au texte, mais qu’elle en parlait maintenant «plus publiquement». Allant plus loin que M. Rivera, il a déclaré, sur la chaîne CNBC, que la loi en question est «mauvaise».

Mitch McConnell

AFP

Mitch McConnell

Réagissant aux prises de position de grandes entreprises, le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a quant à lui soutenu que de telles mesures peuvent toutefois se retrouver dans des États gouvernés par des démocrates, comme New York, sans entraîner les mêmes conséquences. 

«Les entreprises ne doivent pas employer le chantage économique pour répandre de la désinformation», a-t-il dit, prévoyant de «graves conséquences si elles deviennent l’outil de hordes hargneuses d’extrême gauche».

La MLB déplace son match des étoiles  

Dans ce mouvement de contestation, le baseball majeur (MLB) a annoncé vendredi dernier que son match des étoiles n’aurait pas lieu à Atlanta comme prévu. 

«La meilleure façon de démontrer nos valeurs est de délocaliser le match des étoiles et le repêchage de la MLB cette année», a déclaré le commissaire de la ligue, Rob Manfred.

Rob Manfred

Photo d'archives, AFP

Rob Manfred

«La MLB a cédé à la peur, à l’opportunisme politique et aux mensonges libéraux», a réagi le gouverneur républicain de la Géorgie, Brian Kemp, sur Twitter. «Je ne reculerai pas. Les Géorgiens ne seront pas intimidés. Nous continuerons à nous battre pour des élections sûres, accessibles et équitables.»

Cela n’a pas empêché la ligue d’aller de l’avant avec sa décision. En début de semaine, elle a dit se tourner vers Denver, au Colorado, pour la présentation de son match.

Ailleurs aux États-Unis   

La Géorgie n’est pas le seul État américain où de nouvelles lois électorales pourraient être adoptées. Depuis le scrutin de novembre, des responsables républicains ont présenté quelque 250 projets de loi qui pourraient limiter l’accès au vote dans plus de 40 États américains (sur 50).

Le Texas et l’Arizona sont les prochains champs de bataille majeurs en matière de droit de vote. 

Les républicains du Texas ont avancé la semaine dernière une législation qui limiterait notamment les heures de vote anticipé, en plus d'interdire le vote au volant. 

En Arizona, les républicains vont de l’avant avec un nouveau recomptage des bulletins de vote de la dernière élection présidentielle, tout en faisant progresser une législation qui rendrait plus difficile le vote par correspondance.

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