Restaurer le fleuve Saint-Laurent, une plante à la fois | 24 heures
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Restaurer le fleuve Saint-Laurent, une plante à la fois

Roxanne Noël
Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire

Roxanne Noël

Les côtes du fleuve Saint-Laurent sont de plus en plus endommagées par l’érosion, ce qui menace les habitats des poissons et des végétaux qui y vivent. Mais tout n’est pas perdu : des biologistes comme Roxanne Noël travaillent à les restaurer, une plante à la fois. On lui a parlé dans le cadre d'un dossier sur les métiers verts.

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Les habitats des végétaux et des poissons qui vivent sur les côtes du fleuve sont menacés. La biologiste Roxanne Noël, avec ses collègues du Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire, travaille les deux mains dans l’eau à tenter de les sauvegarder.  

«Dans les dernières années, on avait un gros projet financé par Pêches et Océans Canada où on faisait de la restauration de l’habitat du poisson, explique la biologiste. On a planté des plantes au niveau du marais, dans des herbiers aquatiques, et sur les plages, tout ça dans l’objectif d’améliorer l’état du poisson. On est venu donner un coup de pouce», relate-t-elle.  

Roxanne Noël

Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire

Roxanne Noël

Les ramifications sont importantes : si ces herbiers aquatiques (un groupe de plantes aquatiques), ces marais et ces poissons se portent mieux, c’est tout l’écosystème qui s’en trouve renforcé, et ça ralentit du même coup l’érosion des côtes. 

«Si on remonte l’échelle, nos plus petits poissons servent de nourriture à de plus gros poissons, et eux servent ensuite de nourriture aux bélugas ou aux phoques par exemple, explique Roxanne Noël. Donc l’impact n’est pas seulement sur les poissons, mais sur toutes les espèces qui vont en bénéficier.» 

«Les herbiers, ce sont aussi des capteurs de carbone. Et donc, par le fait même, on donne un peu de chance pour capter plus de carbone», ajoute-t-elle. 

Roxanne Noël

Comité ZIP du Sud-de-l'Estuaire

Roxanne Noël

L’érosion s’accélère 

Il ne risque pas de manquer de travail dans ce domaine de sitôt : l’érosion côtière n’est pas un processus nouveau, mais il s’est accéléré dans les dernières années. Pourquoi? 

«Les changements climatiques, les tempêtes, les grandes marées parfois au printemps ou à l’automne... quand tous les éléments sont alignés, souvent ça vient endommager les rives des secteurs qui étaient déjà un peu plus sensibles», explique Roxanne Noël. 

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Il y a aussi la glace : auparavant, elle se formait plus tôt et restait plus longtemps, ce qui empêchait que les vagues se rendent jusqu’à la rive.  

«Il y a beaucoup moins de glace présente sur le fleuve, on le voit particulièrement cette année, en tout cas dans ce coin-ci», poursuit celle qui œuvre dans le secteur compris entre Berthier-sur-Mer, un peu au nord de Québec, et Les Méchins, juste avant la Gaspésie.  

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