On a demandé aux Cowboys Fringants comment un band de show se porte sans public | 24 heures
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On a demandé aux Cowboys Fringants comment un band de show se porte sans public

De gauche à droite : Marie-Annick Lépine, Karl Tremblay, Jérôme Dupras et Jean-François Pauzé des Cowboys Fringants dans leur nouveau film L'Amérique pleure qui prendra l'affiche ce 9 avril.
La Tribu - courtoisie

De gauche à droite : Marie-Annick Lépine, Karl Tremblay, Jérôme Dupras et Jean-François Pauzé des Cowboys Fringants dans leur nouveau film L'Amérique pleure qui prendra l'affiche ce 9 avril.

Pendant la pandémie, les Cowboys Fringants ont perdu leur cinquième membre : le public qui se masse habituellement à chacun de leurs nombreux shows. Ils se sont quand même revirés de bord en faisant leur film L’Amérique pleure , qui sortira en salle vendredi. Portrait d’une année aux antipodes d’une vie en tournée. 

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Comment avez-vous vécu le report de la tournée Les Antipodes et la perte de votre public live?  

Marie-Annick Lépine : Les spectacles étaient toujours reportés deux mois plus tard. Au début, on se disait : on va attendre que ça débloque. Mais là puisque ça perdure encore, on commence à trouver ça long. On a bien hâte de revoir notre public. 

Jérôme Dupras : Tout le monde a su s’adapter dans la société. L’album venait d’être lancé en automne 2019, évidemment ç’a changé les plans. On a essayé de trouver des idées pour s’occuper. 

Avez-vous pensé à faire des spectacles en distanciation?  

Marie-Annick Lépine : Depuis le début, le public fait partie du spectacle. Quand tu l’enlèves, c’est plus un spectacle des Cowboys. S’il est à 5 mètres de toi, pas de bière dans les mains, distancé, ce n’est pas un spectacle qu’on veut faire. 

Jérôme Dupras, le bassiste des Cowboys, fait du «body surfing» en sous-vêtements lors d'un spectacle.

Photo SIMON CLARK

Jérôme Dupras, le bassiste des Cowboys, fait du «body surfing» en sous-vêtements lors d'un spectacle.

  

Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans un nouvel album et un film?  

Marie-Annick Lépine : [Jean-François Pauzé] a fait de belles capsules sur les retailles de disques au printemps. Le monde nous disait : vous devriez faire un disque avec ça. On a décidé de louer le studio et pratiquer un peu [NDLR : c’est ce qui a donné Les nuits de Repentigny]. L’automne a été franchement fabuleux avec des projets qui n’auraient peut-être pas vu le jour avec le calendrier prévu pour Les Antipodes. C’était un vieux projet de notre gérant de faire un film, là on a eu le temps de le faire. 

Qu’est-ce qu’on peut voir dans le film L’Amérique pleure?  

Jérôme Dupras : Dans nos chansons on a souvent des portraits du Québec qui représentent la beauté, la fragilité de notre société, mais aussi de notre nature. Il y a toute la splendeur des lacs, des montagnes, de grands paysages, mais il y a aussi le côté un peu délabré des communautés rurales où la vie est parfois difficile. C’est ce qu’on voulait montrer : un côté contrasté, un peu brut, du Québec. 

Karl Tremblay : Le film a été tourné en très grande qualité, mais comme les salles de cinéma ont fermé au mois de décembre, on s’est retourné pour le mettre sur demande [sur internet]. Quand les salles ont rouvert, on a décidé de relancer le film sur écran géant. Ç’a été pensé à la base pour le cinéma. 

Comment votre public témoigne-t-il son amour autrement qu’en hurlant devant la scène?  

Marie-Annick Lépine : Il y a eu un très bel engouement pour l’achat du film. Dans le temps des Fêtes, on pensait en vendre 1000 ou 2000 et on a eu 27 000 ventes. C’est une super belle preuve d’amour. Mais je te dirais que présentement notre boîte privée déborde plus de gens qui veulent qu’on souhaite « bonne fête » à un ami, parce que personne ne peut faire d’anniversaire. 

Jérôme Dupras : Il y a aussi Jean-François qui m’a mis en contact avec un artiste du bâton de popsicle qui a fait une réplique complète du Shack à Hector. Ça trône dans mon salon. 

Jean-François Pauzé : Je trouvais l’idée géniale et je savais que Jérôme venait de déménager, qu’il avait besoin de décorations. J’ai donné l’adresse et il est allé lui porter. 

Savoir que l’album Les nuits de Repentigny a été lancé sans tournée vous a-t-il poussé à l’écrire ou le concevoir différemment ?  

Marie-Annick Lépine : L’album n’était pas dans ce concept-là, c’était d’enregistrer des chansons mises de côté, c’est plus relax. Par contre, il va y avoir une tournée quand même et les chansons les plus aimées vont se retrouver dans le prochain spectacle. 

Karl Tremblay : Je vois très mal le prochain spectacle des Cowboys Fringants sans Autodium, Pizza Barbas ou Vidéo de la Pointe [rires]. 

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